GROUPE: SOUTH OF HELL
TITRE ALBUM: Hellfernùm
LABEL: Great Dane Records
DATE DE SORTIE: 2026
Si onze années séparent « Rising of hate » de « Hellfernùm » ce n’est pas la seule chose qui les sépare. En effet quand on écoute « Rising of hate » on s’aperçoit que SOUTH OF HELL avait envie de tout mettre en même temps sur ce premier album : du brutal death , du death metal plus racé et plus morbide bien qu’un peu fouillis car partant dans tous les sens même dans certains trips black metal voire black/death melo par endroits. Cependant , c’était un petit album qui pouvait tenir la route au niveau underground malgré la recherche de sa propre voie. Quelques années plus tard, avec aussi quelques changements de line-up à plusieurs niveaux, ( des changements qui ont sans doute eu raison de l’orientation artistique du combo et qui ont encore eut lieu dernièrement ) , revoici le groupe avec un nouvel album en poche et un contrat sur le label du grand danois.
Alors même si SOUTH OF HELL a conservé son envie de n’appartenir à aucune étiquette, qu’elle soit black ou death, on sent que celui-ci a noirci son tableau pour proposer une musique nettement plus posée, plus millimétrée mais surtout plus consistante.
Exit les gros passages brutaux à l’américaine et bienvenue à ces atmosphères très blackened/death ténébreuses qui se manifestent immédiatement sur « Discedere ». Pourtant ce n’est pas celui-ci qui attirera l’attention , car agressif dans sa profondeur, il permet simplement de constater les orientations diverses de ses membres qui ont déjà roulé leur bosse ailleurs. C’est véritablement sur « Holy death » que l’on pénètre réellement dans l’album, cette introduction digne des polonais de Behemoth ou de Hate , en fera pâlir plus d’un . Avec ce genre de riffs bien épais SOUTH OF HELL crée une scission entre l’ancien et le nouveau SOUTH OF HELL.
Mais le nouveau le groupe crée la surprise sans vraiment la créer,puisqu’on les sait ne jamais vouloir choisir telle ou telle mouvance musicale, si ce second titre prend des airs polonais , il évolue de manière progressive en moins de six minutes pour aller chercher le riff de death extrêmement ricain, sorti des 90’s. Mais ici, à la différence d’il y a onze ans, SOUTH OF HELL maîtrise totalement sa polymorphie. Et ainsi le groupe arrive à jongler avec ses multiples sources d’inspiration pour offrir des morceaux qui donnent envie d’aller plus loin, qui donnent envie d’y revenir et c’est totalement le cas pour l’excellente « Holy death ». Le tout sur une production du légendaire Ludovic Tournier et du non moins fameux Alan Douches himself.
Alors oui, peut-être que les changements de line-up offrent aussi un renouveau dans l’inspiration, car sur certains morceaux on sent une légère opposition dans la brutalité death sur des titres qui opposent des envies à la Dying Fetus, avec des choses presque core, comme sur « Decadent brutality » (qui bien que construite sur des rythmiques de bûcheron part parfois dans la facilité du riff syncopé typique des 200 000 000 groupes de deathcore qui arpentent nos trottoirs la nuit en quête d’une reconnaissance de rébellion).
En soit , cela ne gâche pas l’écoute de l’album car il est largement et autrement assez varié pour y trouver son compte.
Il faudra poursuivre avec « Darkness of soul » pour s’immerger de nouveau vers un blackened death relativement froid. Mais si cette froideur ne vous sied pas, c’est alors que « ... » vous terrassera de manière cinématographique placé en plein milieu pour poser un décor à l’album.
Cet album n’est pas forcément accessible d’une seule traite, car il lui faut plusieurs écoutes pour dessiner ses contours et qu’on s’aperçoive que l’on peut passer de choses death metal pures, proches de Suffocation avec la fin de « Voice of war » ou « Mechanical Unconsciousness » à des choses beaucoup plus black comme la deuxième moitié de « Hellfernum » où la mélodie presque symphonique des derniers Dimmu Borgir avait envie de prouver son existence dans les influences de SOUTH OF HELL.
C’est finalement peut-être ça la botte secrète de SOUTH OF HELL, savoir composer de la musique multi facettes sans jamais rester immobile.
En tous les cas ce nouvel album mérite quelques bonnes écoutes et votre attention parce que le travail a été sérieux et le résultat est là.
Arch Gros Barbare
15/04/2026