CREEPING FEAR -Hategod triumph-


16 mars 2021

CREEPING FEAR POCHETTE.png (618 KB)

Groupe : CREEPING FEAR

Titre : Hategod Triumph

Label : Dolorem Records

Année : 2021

Un deuxième album n’est jamais anodin. Il représente la continuité d’un mouvement, la volonté de plusieurs esprits ou d’un seul, une témérité sans faille, en tous les cas, une envie de créer et de montrer au monde le pouvoir créatif que l’on possède pour prouver que la passion devient mode de vie lorsque la bascule est faite après un premier essai réussi.

CREEPING FEAR a déjà fait la démonstration de sa valeur, preuve en est, une démo, un Ep et un premier album « Onward to apocalypse » qui avait donné au groupe son pass d’entrée dans l’arène.

Quatre ans plus tard, revoici les franciliens pour un nouvel album de death metal infernal.

Huit morceaux, huit titres qui montrent bel et bien que CREEPING FEAR n’était pas une amourette de passage puisque cela dure déjà depuis 2011, mais surtout que le groupe réussit à se détacher de ses influences présentes sur « World execution » et « Onward to apocalypse », car leur death metal, bien que tout aussi intense, mature et puissamment maléfique, prend ses distances et se forge une identité.

Sans doute est-ce dû aussi à l’arrivée de nouveaux membres, depuis 2019, que la donne est changée, mais en tous les cas, on s’aperçoit rapidement que CREEPING FEAR a encore de belles choses à dire.

Choix d’un artwork de Paolo Girardi au moins aussi merveilleux que celui du dernier Hexecutor, enregistrement au Hybreed Studio par Andrew Guillotin (Towering), mixage au Henosis Studio et bien évidemment mastering chez Monsieur Dan Swanö, redevenu l’inévitable place to be du mastering death metal, comme on l’aimait jadis.

Alors, vêtu de cette armure sans faille, CREEPING FEAR part donc au combat avec 36 minutes de pur death metal brutal par endroits, brûlantes de violence, des guitares death, quelquefois bien black/death très académiques (« Hategod triumph » « Hate crush consume ») et une batterie ultra agressive.

Très aéré alors que pourtant bien brutal, ce nouvel album psalmodie des diableries litaniques. Si la violence de l’ensemble peut effectivement paraître soutenue, on découvre avec grand plaisir que le son de certaines guitares a conservé sa facette vraiment sombre, et que les titres savent alterner vraiment intelligemment le tempo pour ne pas faire du brutal death de sourd. Au contraire, des titres comme « Wearing the skin of the wicked » offrent un panel si large de mouvements où l’on retrouve encore cette petite pincette black/death particulière chez CREEPING FEAR, que leur death metal se terre dans les ténèbres avec une musicalité morbide sans pareille et vous en serez transis de stupeur sur le solo de mort qui va avec.

La voix de Clément Ducouret est toujours particulière, pas franchement death, pas entièrement gutturale, avec un growl contemporain et relativement éloigné des classiques du genre issus des 90’s.

L’album se bonifie au fil des écoutes, et notamment la seconde partie, car tout ce qui arrive après « Wearing the skin of the wicked » n’est qu’inspiration de prestige où effectivement un titre comme « We belong to the crypts » deviendrait facilement un classique du death metal avec une ambiance digne des Immolation, Cannibal Corpse, à expliquer aux enfants dans quelques années, ce qui se faisait encore dans nos années de perdition en matière de death metal underground ; avec pour exception dans la macabrerie la plus lente et pachydermique, un morceau tel que « Summoned in hellfire’s blood » qui n’est pas sans rappeler les Morbid Angel de « Where the slime live », « God of emptiness » ou bien le divin album « Majesty and decay » d’Immolation.

On pourra en conclure qu’avec ce nouvel album, CREEPING FEAR tape dans le dur, qu’il accélère ou ralentisse, il arrive à trouver la bonne combinaison pour que son death metal vous happe avec ses titres courts, en maintenant la pression jusqu’au bout avec « From wombs to battlefield ».

Arch Gros Barbare

16/03/2021