CYANIDE GRENADE -Interview- 29 01 2021


31 janvier 2021

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Thrash is not dead et il est bien plus fort que jamais. Originaire de Russie CYANIDE GRENADE a sorti une bombe thrash sans concessions nommée « Kind of virus », du thrash à l’ancienne, violent et sauvage. Alors que l’hiver est posé sur l’hémisphère nord, on est allé poser quelques questions aux membres du groupe qui ont fait montre de sincérité et d’authenticité.

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Salut, tout d’abord, présentez-nous un peu CYANIDE GRENADE, ses membres, leur histoire musicale, et bien sûr votre scène locale et nationale.

CG : Salut ! CYANIDE GRENADE, c’est Stanislav Merkulov - batterie, Vsevolod Stupichev - guitare, and Vitaly Kurchaev - basse, vocaux. Pour Stas and moi, CG est notre premier projet. Nous avons commencé avec lui. Stas est aussi le batteur du groupe Bastard Youth, groupe de punk hardcore avec qui on est pote. Seva a beaucoup plus de projets. Nous nous sommes rencontrés quand il est venu à Yekaterinburg avec son groupe, Sociopath. Il a aussi joué avec Mescalera et d’autres groupes. En général, notre scène peut difficilement être qualifiée d’étendue. La majorité de nos groupes existe au fin fond d’une scène très underground. Peu de gens jouent du vrai Metal alors pas la peine de se plaindre du manque de groupes dans ce genre musical. Des groupes existent : je pense à Pyre, Tanator, Fatum, Bastard, Megalith Levitation, MRZST, Kaban, Iron Fist. Et la liste est certainement encore longue. Ce ne sont que les groupes qui me sont venus à l'esprit en premier lieu. En général, en Russie, on peut trouver des groupes dignes de n'importe quel genre de métal, mais je ne me souviens pas de jeunes groupes célèbres en dehors de l'espace post-soviétique ... Ah ! Elderwind : le projet le plus réussi de chez nous et peut-être même de Russie.

CYANIDE GRANDE GROUPE 2.jpg (164 KB)Parlons de votre deuxième album “Kind of virus” : avec le Covid-19, vous avez fait le bon choix en sortant cet album en fin d’année 2020 ? De quoi traitent les paroles de celui-ci ? Est-ce que “Kind of virus” est une critique directe du monde actuel ? Comment vous vivez la crise du coronavirus en Russie ?

Seva : Salut les amis ! C’est ça ! Une critique du monde moderne, des vices de la société et, plus généralement, de certains des problèmes du monde moderne.

Je pense qu'il y a des problèmes plus graves dans la société moderne que le coronavirus.

La crise du coronavirus a apporté beaucoup de mauvaises choses en Russie, mais aussi des bonnes. On pourrait en parler autour d'une bière. Quand il s'agit de l'industrie de la musique et des concerts en live, il y a des avantages et des inconvénients. Par exemple, nous avons terminé notre "Kind of Virus" sans être touchés par le processus sanitaire, en prenant le temps de choisir un label et la post-production. Mais CG est un groupe live qui donne des concerts en live, et sans eux, c’est certain, c'est moralement difficile pour nous. Mais petit à petit tout revient en mode normal, et c'est une bonne nouvelle !

Stanley : Bonjour ! Nous n'avions pas spécialement prévu de le sortir à ce moment-là, tout s’est fait tout seul. Dans les paroles de l'album, on trouve de nombreux thèmes différents qui peuvent cependant être unis par une certaine ligne sémantique. C'est une critique de l'ordre mondial moderne, des horreurs de la guerre, des traumatismes de guerre qui hantent les gens dans leur vie paisible. Le thème de la fin du monde, que les êtres humains, théoriquement, peuvent engendrer de leurs propres mains, est également abordé. Le coronavirus a frappé assez durement toutes les sphères de la vie publique en Russie, bien sûr, en partie à cause de l'inaction des autorités.

Vitaly : Je ne dirais pas que l'épidémie a apporté des bonnes choses, comme l'a dit Seva. Cependant, cela nous a beaucoup aidé à faire notre introspection et à tirer de tout cela des points positifs. En général, nous nous sentons plutôt abandonnés lors d’une pandémie. Ce que nous pouvons espérer, c'est que nous pourrons faire face à la maladie par nous-mêmes, si l'infection nous atteint. Les hôpitaux sont débordés. Le gouvernement laisse la situation suivre son cours.

Plus précisément, le virus n'a pas vraiment touché les membres de notre groupe, mais beaucoup de gens se sont retrouvés dans une situation critique.

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Quand on écoute votre thrash, bien sûr, c'est du thrash metal old school évident, peut-être entre quelques références américaines, pour les riffs groovy, mais des références très underground pour les riffs bestiaux, car on peut écouter une violence très particulière sur les titres comme « New inquisition » ou « Don’t try to forget », vraiment sombre et bestiale comme la scène sud-américaine. Alors, quelles sont vos influences ?

Seva : Peut-être que le principal ici est que tous les trois aimons le thrash metal, mais chacun de nous a écouté un certain nombre de groupes avec des influences plus ou moins différentes, formant ainsi son propre style de jeu et de composition. Maintenant, chacun apporte sa touche personnelle à notre musique, et c’est le résultat que vous avez pu entendre à la sortie !

Stanley : Bien que nous soyons de fervents fans du genre lui-même, nous en avons écouté différentes facettes. Pour ma part, je peux dire que récemment, j'ai vraiment aimé écouter Warbringer, Power Trip, Shakma, Warfect et des groupes similaires. Cependant, lorsqu’on écrit ou enregistre ses propres trucs, on n’y pense pas vraiment.

J’ai vu que vous étiez en train de travailler sur un vidéo clip ? C’est votre premier ? C’est terminé ?

Seva : Ce sont nos débuts ! Nous le faisons naître, comme un premier enfant, tout aussi anxieux, en souhaitant qu'il soit parfait. Par conséquent, nous essayons de trouver un langage commun avec notre vidéaste afin que nous appréciions le résultat final à 100%. Néanmoins, je suis sûr qu'il sortira bientôt !

Stanley : En effet, le clip est maintenant en phase de montage, on croise les doigts pour qu’il soit bon !

Vous avez fait le choix de travailler avec GodLike Ikons pour votre artwork. Les peintures ne sont pas trop utilisées de nos jours, mais il semble qu'il y ait un petit retour aux sources, aux choses plus anciennes. Pouvez-vous expliquer ce choix ?

Seva: Nous avons déjà travaillé avec Alexey lorsqu'il a donné vie à la pochette de notre premier album "Quintessence of Death". Il a son propre style et sa propre vision de l'idée originale. Et nous l’apprécions vraiment.

Pour ma part, le travail manuel est immédiatement visible ; il a une valeur et une magie particulières.

Stanley : Je suis d'accord. D’une part, Alexey a montré ce dont il est capable sur notre premier album et dans ses autres œuvres ; d'autre part, nous avons vraiment aimé ce style et nous avons décidé de continuer de travailler avec lui. Quant à la toile et à l’œuvre peinte, c'est très inhabituel, surtout quand on voit l'original. On dirait qu'il y a aussi des notes old school ici ! (rires)

Vitaly : Le principal pour nous est que nous aimons le résultat final. Le style dans lequel l'art sera exécuté est secondaire. Nous avions confiance en Alexey et son travail a fait son chemin.

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L’album est dédié à la mémoire d’Elena Stupicheva, je suppose qu’elle était proche de Vesvolod, non ?

Seva : Oui, c'est pour maman. Elle nous a soutenus, nous tous et moi en particulier jusqu’à la toute fin. Parfois, à l’hôpital oncologique, elle portait même notre t-shirt avec l’impression au dos « Tu peux pas survivre. T’as aucune chance » (paroles de Quintessence of Death), en plaisantant : « Je veux faire peur à certaines vieilles dames ». Je n'aurai jamais assez de mots pour lui exprimer toute ma gratitude. Maman aimait beaucoup la bonne musique ; je pense que notre album la remerciera mieux que n'importe quel mot pour sa vie et son soutien.

Stanley : Je me joins aux paroles de Seva. C'était une personne qui, avec sa très grande volonté, a soutenu son fils, son travail, et par voie de conséquence nous également !

Vitaly : La mort de la mère de Seva a été un choc pour nous tous. C'est dommage que la personne qui a tant soutenu notre groupe n'ait pas entendu notre deuxième album. Je voudrais noter que selon les histoires de Seva, c’est grâce à sa mère qu’il s'est familiarisé avec la musique rock. Donc, dans une certaine mesure, si elle n’avait pas été là, nous ne parlerions pas ici maintenant. Repose en paix !

CYANIDE GRENAD PHOTO 1.jpg (127 KB)Pensez-vous que le thrash n'a besoin que d'une seule guitare, ou ce n'est pas un choix ? Parce que vous aviez deux guitaristes sur votre premier album « Quintessence of death » non ?

Seva : C'était le choix de notre deuxième guitariste. Nous l'avons accepté et sommes allés plus loin, réalisant que cette tournure des événements nous était bénéfique.

Stanley : Une seule guitare suffit, mais c'est une question de goût.

Vitaly : C'est pratique pour nous de travailler en format trio et nous nous en accommodons. Si nous devons continuer sous cette forme, alors allons-y, ce n’est pas grave. Mais s'il y a une opportunité de faire entrer un second guitariste dans le groupe, alors nous sommes pour aussi. Cela ajoutera de la densité à notre son live. Dans notre région, il est assez difficile de trouver un guitariste qui ait un bon niveau de jeu et qui s’investisse dans le groupe aussi sérieusement que nous. Notre genre musical n'est pas non plus très populaire dans notre pays. Il ne sera donc pas facile de trouver un remplaçant pour l'un des membres.

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Qu'est-ce que le thrash metal pour vous en 2021, quand tout le monde est toujours à la recherche de la scène old school, quand le death metal est meilleur que jamais, quand le heavy metal a un vrai renouveau, et le black metal est maintenant vraiment post-black ou quelque chose comme ça ? Le thrash metal est-il un mode de vie ou une scène très différente des autres, je veux dire toujours avec une bonne attitude et pas si sombre ?

Seva : Le Thrash au 21ème siècle a sa place. C'est déjà un classique et une musique classique n'a pas d'âge. Dans la réalité du monde moderne, le thrash comme mode de vie, bien sûr, n'est plus facile. Il y a déjà bien assez de bruit. Oui, et nous devons comprendre ce que nous faisons avant tout : jouer de la musique ou en faire un simple passe-temps.

Les scènes sont désormais fortement imbriquées les unes dans les autres, les frontières des genres musicaux s'estompent. Alors que les gens assistent à tous les concerts, les musiciens, en particulier la scène underground, peu importe le black metal ou le heavy - les musiciens auront le désir de créer, d'inspirer, et c'est la chose la plus importante.

Stanley : Le Thrash est définitivement une musique avec une charge agressive mais positive. C'est un excellent moyen de passer du bon temps dans les concerts et autres. Cela ne ressemble certainement pas à ces histoires cool des années 80, mais c'est plein de frénésie et de plaisir, et cela n’empêche pas de chanter sur des sujets très sérieux.

CYANIDE GRENADE BATTERIE.jpg (28 KB)Quelles sont vos conditions pour jouer en Europe, et bien sûr, en France, sans parler du virus covid 19, et de toutes ses conséquences, et quelles sont les conditions pour que les groupes français jouent avec vous dans votre pays ? Quelles bonnes salles de concert pouvez-vous donner pour jouer ?

Seva : Je suis partant pour tout ! Comme nous n'avons pas encore atteint l'Europe, nous sommes prêts à faire des compromis, nous ferons du lobbying, par tous les moyens !

Stanley : Nous n’avons pas encore joué à l’étranger, mais nous irons certainement. Si nous recevons des propositions, nous les étudierons bien sûr et nous allons essayer de penser à la tournée européenne bientôt.

On ne peut pas lister tous les bons endroits ; à Moscou et à Saint-Pétersbourg, par exemple, il y en a beaucoup. Mais si on rajoute le reste du pays, il y en a bien assez pour jouer !

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Bon, dites-nous où nous pouvons trouver vos albums, dans les différents formats, cassettes ou cd, et merchandising aussi, et peut-être vous voir un jour en concert.

Stanley : Recherchez-nous sur tous les réseaux sociaux et pas seulement : Facebook, Instagram, Bandcamp, VKontakte ; écoutez-nous sur Spotify et autres services de streaming. Vous pouvez trouver toutes les informations sur le merchandising sur ces pages. A très bientôt ! Restez à l'écoute !

Seva : Sur la plupart des plateformes de musique populaires, vous pouvez trouver nos créations et nous contacter, acheter nos produits ou nous soutenir. Et vous serez récompensés ! Merci de votre intérêt ! Continuez de vous battre !

Vitaly : Merci pour l'interview ! Nous serons très heureux de vous voir

Arch Gros Barbare

31/01/2021

Liens :

https://www.facebook.com/cyanidegrenade/

https://cyanidegrenade.bandcamp.com/