CYANIDE GRENADE -Kind of virus-


03 janvier 2021

CYANIDE GRENADE POCHETTE.jpg (442 KB)

Groupe : CYANIDE GRENADE

Titre : Kind of virus

Label : Wings of destruction

Année : 2020

Dans les pays de l’ancienne garde européenne, on a pas mal fait le tour de la plupart des courants extrêmes, c’est pour cela que le temps avançant, pour vraiment aller chercher dans l’underground pur et dur, il est parfois opportun de piocher soit dans les pays tels que le Mexique, l’Indonésie ou encore ceux de l’Amérique du Sud, pour retrouver ce goût de la rage qui brisait les nuques dans les années 80’s, début des 90’s.
Mais ce ne sont pas les seuls foyers où l’agressivité n’est pas encore massive, mais toujours aussi violente et incisive. La preuve en est, les russes de CYANIDE GRENADE, qui existent depuis un peu plus de sept ans
maintenant, ont envoyé le bousin en 2017, et ont remis le couvert en cette année 2020 qui vient de s’écouler dans un amas putride de fiente sanguinolente. Eh oui, un second album « Kind of virus », en 2020, si le titre n’est pas adéquat, c’est que le monde s’en va alors à vau l’eau.

CYANIDE GRENADE, balance un thrash à l’ancienne, avec d’abord une voix plus que vomissante, et crasseuse à souhait qui rappelle les belles heures de gloire du thrash noir et sombre , celui qui ne sent ni la bière, ni le mosh ou la beuverie festive : non au contraire celui qui prend de la hauteur, celui qui puise dans les profondeurs des riffs aussi puissants que malsains.

Avec une inspiration issue des scènes américaines de seconde zone, ou en tous les cas, celles des pays anglophones purs, CYANIDE GRENADE a écrit ici une bonne tuerie thrash pas trop compacte pour ne pas tomber dans quelque chose de thrash/death (quoique), avec l’opacité qu’il faut pour ne pas tomber non plus dans un sillon du big four (c’est certain) ou même de leurs frères américains moins mainstream que sont les Exodus, Testament, Forbidden… CYANIDE GRENADE conserve une volonté réelle de jouer un thrash qui possède d’énormes soli , avec une violence parfois inouïe.

C’est comme ça que l’album avance et progresse finalement, car l’introduction annonce de la mélodie en veux-tu en voilà, et les premiers titres bien qu’extrêmement
violents vont malgré tout crescendo, et on assiste à la quintessence du thrash underground. Car si les « Salvation Denied » et autres « Judgement day » jouent avec la bidoche qui nous rappellent la scène sudaméricaine actuelle (avec parcimonie entre riffs à l’ancienne plus groove par moments, plus sauvages sur d’autres), c’est vraiment à partir de « New inquisition » que ça devient vraiment bestial, autant dans la rapidité que dans la hargne.

Ce titre n’épargne personne, ne fait aucun prisonnier ni survivant.

Cet album jongle littéralement, avec ce qu’il y a eu de meilleur dans les années 80’s, 90’s en matière de thrash, toutes Amériques confondues avec une férocité particulière, tout en gardant le contrôle de la rythmique, même quand elle s’emballe. Un titre tel que « Don’t try to forget » rappelle dans ses accélérations la violence du dernier Witches (pour parler un peu de la scène française).

Pourtant dans chaque morceau, CYANIDE GRENADE se plaît à conserver un moment toujours plus posé dans le sens où même s’il est brutal, il reste toujours un spectre de rythmiques plus chaleureuses relativement présent pour compléter le tout.

L’artwork signé GodLike Ikons rappelle lui aussi les désirs d’antan non contrôlés par le numérique où la peinture acrylique dominait le monde avec talent et vu le logo , vous aurez bien compris que CYANIDE GRENADE , vient d’un autre temps, de celui où la rage au ventre on écrivait encore du rock’n’oll pour envoyer le boss se mettre sa plume au derrière. CYANIDE GRENADE écrit du thrash, celui qui laisse des traces au fond du slip, et jusqu’à la fin de l’album le slip se tâche.

Un album à écouter, un album à conserver, un album à partager, à vous en donner la fièvre, oui, a « Kind of virus », c’est exactement, ce qu’il est.

Arch Gros Barbare

03/01/2021