LIQUID FLESH -Chair liquide-


03 février 2021

LIQUID FLESH CHAIR LIQUIDE COVER.jpg (117 KB)

Groupe : LIQUID FLESH

Titre : Chair liquide

Label : Metal is the law

Année : 2020

LIQUID FLESH, les grenoblois, n’en sont pas à leur premier essai puisque, d’une part, c’est le second album de ce groupe de death et que le trio se connaît bien pour avoir joué dans Demenseed pour certains, et Epitaphe pour le tiers monde, si l’on ne devait citer que ça.

Du coup, ce n’est pas un coup d’essai, mais plutôt une continuité de ses membres à vouloir faire de la musique et ici, du death metal, du death metal traditionnel surtout avec une signature particulière.

Finalement, que signifie traditionnel ? Cela veut bien dire qui respecte un savoir-faire ancestral, et qui est largement d’usage. C’est ce que fait LIQUID FLESH pour ce second album, le premier étant peut-être passé en dessous de quelques radars, mais en tous les cas, n’ayant pas atterri dans toutes les chaumières en 2016.

Ceci dit, quatre ans plus tard, LIQUID FLESH revient avec son death metal vieille école et horrifique… Surtout... Horrifique... Vraiment ! Et c’est ce qui fait son identité.

En effet, avec un son (mixage et mastering) made in Gastric Luke, (lui-même homme à tout faire du départ, musique et graphisme), ultra propre, mais relativement moderne - car pas un seul grain de sépia ou d’intensité chaude et rouillée ne vient se glisser dans la production de ce « Chair liquide », où souvent malgré les références, l’on distingue une sonorité peut-être un peu synthétique - le côté horrifique de LIQUID FLESH demeure présent sur chacun des morceaux. Cela rappelle le groupe Foetur avec l’album « La vie est belle » sur la production qui était également assez moderne.

Et quelque part, c’est aussi cette production qui met en avant ces envies contemporaines dégoulinantes de slime, parce qu’en fait, la violence de « Vide -ordures » ainsi que son intro et l’ambiance tendue de son outro sont en fait bien mises en exergue par celle-ci.

On découvre un album qui ne va jamais se perdre dans un death metal brutal et qui préfère amplement jouer avec des atmosphères cauchemardesques et un groove, omniprésent également, qui suit de près celui que pouvait avoir dans un style différent SCD sur « Sheep’n’guns ».

Du coup, sur ces huit titres qui avoisinent les quarante minutes, LIQUID FLESH déverse les sonorités de son environnement cinématographique sur chaque titre. Ainsi avec « Chair liquide », on ressent les effluves des vomissements zombifiques de Putrid Bruce. Sur les titres suivants, on s’aperçoit que LIQUID FLESH arrive à vraiment poser son décor en étant presque dansant ; c’est le cas pour des morceaux comme « Necroville » ou « Toxic blues » où le groove du groupe l’emporte à chaque fois donnant aux titres ce côté kitch où, comme dans les Critters, le côté malsain et gore en devient marrant rendant ainsi la peur cocasse.

LIQUID FLESH n’oublie pourtant pas d’être violent rythmiquement avec « Twin freaks », dans une régularité maîtrisée avec des vocaux ruisselants de morbidité ou encore « Morbide divination » qui est certainement le titre le plus brutal de ce film gore. Avec ce second album, LIQUID FLESH arrive à mettre en musique tout l’univers des films d’horreur gore et fun qu’on avait dans les années 80’s et finalement il ne fait pas peur. C’est en ce sens que LIQUID FLESH apporte une touche personnelle à son death metal traditionnel.

Même au milieu de la boucherie, le groupe réussit avec « Pluie acide » à poser une ambiance de salon, devant l’ascenseur où l’on patiente sans bouger en étant juste à côté du serial killer ensanglanté qui aiguise ses couteaux de boucher. Et en une seule phrase comme celle-ci, on comprend bien finalement où LIQUID FLESH veut nous amener.

Voici donc un retour de LIQUID FLESH après quatre années de silence, et ce « chair liquide » tout de français vêtu, possède des atouts que les amateurs de groove devraient apprécier.

Arch Gros Barbare

03/02/2021