PUTRID OFFAL -Interview- 13/04/2020


14 avril 2020

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En cette période de confinement, quoi de mieux que d’aller à la découverte du nouveau PUTRID OFFAL « Sicknesses obssessions » dont la sortie était prévue pour le mois de mai ? Pour le gore et non la gloire, interview plus que complète avec Franck (vocals).

Salut à toi, comment se porte aujourd’hui PUTRID OFFAL, parce que depuis 2014, vingt ans après l’endormissement du groupe, vous avez tout de même été relativement actifs entre les rééditions, les singles, le premier album ? Est-ce que l’on peut dire, même avec les années de silence, que vous êtes avec Inhumate qui bosse sur leur prochain album, et Blockheads qui n’a rien sorti depuis leur dernier album en 2013, je crois, un des plus vieux groupes de grind/death français encore en activité ?

Et quelque part est-ce que, secrètement, il y a une petite fierté à se le dire, d’exister de nouveau en étant d’ailleurs plus exposé au public sans doute aujourd’hui ?

Salut à toi et aux lecteurs ;-). Aujourd’hui, P.O. se porte bien. Nous sommes actifs effectivement depuis 2014, année de sortie de Mature Necropsy (réédition de Premature Necropsy) et du EP Suffering. En ce qui concerne l’âge, je crois que tu as raison ; on doit faire partie des plus anciens. Il y a pas mal de groupes « récents » mais si on compare avec les années écoulées depuis 1991, on doit faire partie des dinosaures … Cette itw est réalisée pendant la période de confinement due à cette merde de covid-19, alors je tiens à préciser qu’au moment où j’écris, tous les membres sont OK et ne semblent pas avoir été touchés directement.

Pour ce qui concerne la fierté, je dirais que c’est exagéré. Content oui, cela est vrai. Gravement content même, car il faut dire qu’à la période des années 90, nous n’avions pas de retour direct ou très peu de ce que nous faisions. Pas d’internet, c’était vraiment « underground ». Tout se faisait par courrier et donc les quelques fans que nous avions pu avoir ne faisaient pas aussi facilement des courriers papier pour nous dire qu’ils nous appréciaient (ou pas …). Alors qu’avec maintenant internet, le retour est quasi direct. Nous avons en plus plein d’outils qui nous permettent de suivre un peu l’évolution de l’intérêt que l’on peut nous porter… Comme tu le dis, l’exposition au public est bien plus marquée maintenant.

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Tout ceci me fait justement me demander ce que tu penses du rapport qu’il peut y avoir entre le travail d’un label et sa propre réputation et le travail musical d’un groupe ?

Mon développement va être un peu long, je le reconnais...

Je veux dire par là ; lorsque l’on voit la réputation de XENOKORP qui s’attache à signer des groupes qu’ils aiment évidemment, est-ce qu’il existe un engouement du public, indépendamment de la qualité du groupe que je ne remets absolument pas en question, qui fait que, quoi qu’un label hyper ciblant et ciblé avec une bonne réputation de qualité dans la musique extrême grind/death puisse signer, la plupart des gens aimeront même si le groupe est moyen ? Bien sûr, si c’est de la merde, chacun appréciera, c’est une évidence.

Mais la confiance aveugle envers un label influe-t-elle, selon toi, sur l’amour que le public peut donner à un groupe ? Y -a -t- il quelque part une espèce d’influence de l’auditeur ?

Et dans un second temps, est-ce que justement le travail de fond de XENOKORP met mieux en exergue la qualité musicale d’un groupe. Exemple : si vous aviez signé sur un label autrement plus petit et moins stratégique dans ses choix ou annonces, auriez-vous pu, selon toi, revenir d’une manière meilleure que vous en avez eu l’occasion grâce à eux aujourd’hui ?

Quand on voit le retour de l’excellent MORTUARY, ça fait plaisir, mais pourtant l’album d’avant était aussi terrible, mais n’a pas forcément bénéficié de la bonne alchimie, alors que le fait de signer chez XENOKORP, certains ont même racheté les albums d’avant que le label avait pu récupérer.

Est-ce que ça pèse dans la balance selon toi d’être dans la bonne écurie pour que les gens s’intéressent, pas plus, mais mieux ?

Alors, à cela, plusieurs réponses je pense. La première, si je me fie à ce que je fais, quelque part, en ce qui me concerne, ne décide pas de ce que je vais ou peux écouter. J’ai pour habitude d’écouter en premier lieu des web radios, qui parfois me font découvrir des pépites et ça, sans connaître le label sur lequel ils ont pu signer. Pour moi, le label doit avoir l’objectif de mettre en avant le groupe et non son nom. Si les gens achètent ou veulent écouter en se fiant d’abord au nom du label, c’est déjà mettre en retrait le groupe. Autre réponse : alors, c’est vrai, il y a des labels qui ont un catalogue incroyable de bons groupes, ce qui fait que cela attire davantage les gens à vouloir tester une nouveauté ou pas. Mais il y en a aussi qui font pas mal de « merde », tout simplement, parce qu’il y a telle ou telle personne dans le groupe et que par la force des choses, cela se vendra sans certainement avoir été écouté auparavant. De plus, pour parler d’influence, quand tu connais le système, certains festivals réservent systématiquement des slots à des labels « de renom » leur permettant de mettre en avant les groupes choisis sans forcément avoir du nouveau à écouter… Bref, tout ce qui bloque d’autant la promotion d’autres groupes de qualité qui auraient pu avoir leur place.

Pour être honnête, nous avons été très chanceux. Si on revient un peu à la genèse du renouveau du groupe, il faut savoir que l’objectif premier a été de vouloir profiter de la création du studio de Phil, notre guitariste, Psykron Studio-Wavelight Factory, pour réenregistrer l’ensemble du catalogue existant avec un son digne de ce nom et des compos plus carrées. Que pour notre plaisir ;-), nous avions, sans le savoir, un fan historique de l’époque 1991 qui n’était autre que Nico de Kaotoxin rec.

C’est lorsque celui-ci a eu vent du réenregistrement, qu’il nous a poussés à ressortir la machine .

Alors, lorsque nous avons vu en plus, le boulot qu’il faisait, on s’est dit qu’on ne pouvait pas refuser. Nous avons eu la chance de tomber justement sur ce que j’expliquais un peu au-dessus. Xenokorp (et Kaotoxin précédemment) est un label qui se plie en 4 pour promouvoir ses artistes et faire son possible pour que le groupe soit mis en avant le plus possible. Alors forcément, pour répondre à une de tes questions, si nous avions sorti « Mature Necropsy » en 2014 sur un autre label plus petit et moins performant, nous n’aurions pas pu revenir de la même manière.

Ce qui importe, quand tu signes sur un label, c’est déjà la relation que tu peux entretenir avec celui-ci et le travail qui va être fourni pour promouvoir le(s) CD(s).

putrid offal premature necropsy.jpg (72 KB)Je souhaiterais revenir un peu en arrière avant de parler de votre activité actuelle, et notamment du nouveau single qui annonce le prochain album, tout d’abord lorsque « Premature necropsy the carnage continues » ainsi que « Mature necropsy » sont sortis, on a eu droit aux réenregistrements de certains morceaux et à la remasterisation de certains autres ; pour ceux qui n’avaient pas pu écouter le groupe lors de la sortie du split avec Exulceration, une des premières prod de chez Adipocere, sans parler des démos bien sûr. Est-ce que cette réédition, ces réenregistrements vous ont donné une seconde jeunesse avec un challenge à relever aujourd’hui même si se faire plaisir reste le but principal et que le reste c’est du bonus ?

putrid offal premature necropsy 2.jpg (69 KB)Et justement ce split avec Exulceration à l’époque, comment avait-il été pensé ? Comment vous aviez été approchés ? Quelle était votre notoriété à l’époque ? Est-ce que c’était plus dur d’arriver à figurer sur un format physique cd ou vinyle qu’aujourd’hui ou pas ?

Vous aviez gardé des contacts avec les gars d’Exulceration ?

Le tout premier challenge était celui de l’enregistrement historique de Premature Necropsy. Trois jours de studio pour tout faire (enregistrement, mix et master, sans parler des morceaux pas finis et ceux à créer sur place…). C’était un véritable casse-tête, surtout avec des bandes analogiques (pas de PC ). Alors, si en plus, tu rajoutes le fun, tu te dis, houlà, qu’est-ce que ça va donner ? Résultat, à la sortie, nous n’étions pas complètement satisfaits.

La réédition chez Phil du catalogue complet a été justement dans l’optique de tout mettre en place, d’être le plus carré possible et d’avoir le son qu’on voulait en prenant notre temps. N’ayant pas de but de signature sur un label, nous avions un timing très important pour le réaliser. L’objectif, le plaisir total. Au fur et à mesure du travail fourni, cela a effectivement réveillé nos envies d’aller plus loin aux vues de ce que nous pouvions ressortir de ces séances de studio.

A l’époque, c’est Fred (le bassiste) qui avait été en contact avec plusieurs acteurs de la scène (tout ça par courrier papier  ). On avait effectivement réussi à approcher grâce à la démo « Unformed » (4 titres) un label qui était intéressé pour faire un split vinyle (plus ou moins à la mode à cette époque). Nous n’avions pas de contact direct avec les gars d’Exulcération et nous n’avons jamais joué avec eux, à mon grand regret.

Pour comparer à aujourd’hui, effectivement, il était beaucoup plus difficile de sortir sur du vinyle car beaucoup plus cher. Aujourd’hui, les coûts pour un tirage sur CD à de petites quantités ne sont pas élevés, cela permet plus facilement de faire de l’autopromotion. Avec l’appui d’internet, tout peut se faire d’un clic de souris et de transfert de fichiers. Auparavant, il fallait pas mal d’échanges de courriers et de ce fait de connaissances pour tenter quelque chose… sans garantie de retour…

Une fois le contact pris et l’accord sur la réalisation, commençait alors la création des titres au regard des infos données, à savoir la durée maxi par face. La contrainte de temps aussi car il fallait passer par la case studio avec un budget fixé par le label. Alors, quand c’est votre première expérience studio, là tu te dis, on n’est pas dans la merde ah ah ah… Au final, que du plaisir, de l’excitation…

Est-ce que, selon toi, le grind s’est plus ou moins « démocratisé » ces dernières années ? Est-ce que hormis un certain noyau puriste, y-a-t-il moins de splits à plusieurs groupes ?

D’ailleurs, vous, dans votre ligne de conduite, est-ce que c’est encore quelque chose que vous referiez, que ce soit en Ep ou album direct ? Je parle des splits.

Bon, là, pour cette question, je te dirais que je n’en sais rien. Je pense que le grind est resté dans la même veine, une niche particulière, un style musical qui est forcément plus écouté qu’auparavant du fait d’internet. Mais on retrouve cela pour les autres styles musicaux. Naturellement, il y a des groupes qui ont émergé à un niveau international, mais restent à la marge si l’on compare à d’autres styles comme le death metal par exemple. Pour les splits, à la fin de la période des années 90, juste avant l’avènement du CD, on a commencé à être submergés de splits EP ou LP car cela se démocratisait. Et puis, maintenant avec les possibilités d’autopromotions, les groupes ne voient plus forcément l’intérêt de partager le support.

Enfin, il ne reste plus à mon avis que le plaisir de pouvoir se partager le même support pour faire de la promotion commune des deux groupes présents sur la galette.

Pour ce qui concerne P.O., oui, c’est quelque chose que nous pourrions faire, avec des groupes avec qui on a des affinités. Nous avions des projets lors de la reformation, qui ont été mis en stand-by pour l’instant, car il faut de la matière, et pour le moment, la matière, nous en avions besoin pour préparer la sortie du prochain album 

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putrid offal anatomy.jpg (280 KB)Quand on suit votre évolution sur les derniers singles/Ep comme « Suffering », « Anatomy » ou dernièrement « Dura mater », on a peut-être l’impression, la sensation que PUTRID OFFAL, bien qu’ayant conservé cette espèce de morbidité qui lui est propre et pour laquelle on vous a souvent comparés aux premiers Carcass, s’est « death/grindié » plus qu’il ne s’est « grinding/deathé ». La nuance est infime, mais lorsque l’on écoute votre dernier titre « Dura mater », cette effroyable puissance est là, mais votre musique a pris dans sa brutalité plus de violence death agressive que de sauvagerie purement grind, un peu comme Sublime Cadaveric Decomposition a pu faire peut-être.

Est-ce que c’est quelque chose dont vous avez eu conscience ou alors ce morceau est plus ou moins à part dans les dix-sept titres que vous avez prévus sur l’album ?

Est-ce que cela ne s’en ressent pas aussi sur votre pochette tant sur le Ep que sur celle de l’album « Sicknesses obsessions », plus sobre, plus solennelle, plus noble aussi, tandis que « Suffering », « Mature » ou « Anatomy » étaient en plein dans l’état d’esprit gore ?

D’ailleurs elles viennent d’où ces pochettes de « Dura mater » et de « Sicknesses obsessions » ?

L’objectif principal de « Sicknesses Obsessions » était de réaliser de manière similaire ce que pouvait avoir fait le split « Premature Necropsy », à savoir des compos différentes les unes des autres. Tu peux prendre « Suffering » et le comparer à « Purulent Cold » ou « Organic Excavation » ou autres… Ils ne se ressemblent pas. Nous sommes partis du constat qu’il fallait donc avoir cette même ouverture. Il fallait garder l’ambiance malsaine, morbide mais essayer de créer davantage des compos plus distinctes les unes aux autres. Alors, effectivement, « Dura Mater » est un peu plus « death-grindié » que ce que l’on peut avoir fait, mais je peux te rassurer : il ne représente pas la totalité de ce qu’on a pu mettre sur le CD. Après, on a aussi évolué depuis les débuts… On a quand-même intégré deux nouveaux membres (Phil à la guitare et Laye à la batterie) et chacun a donc apporté sa vision musicale. Nous avons aussi cherché à aller plus loin niveau chants afin, tout en conservant ce côté malsain, d’arriver à ne pas s’endormir au micro ah ah ah…

Pour les pochettes, nous avons toujours l’objectif de rechercher un certain « esthétisme », de ne pas tomber dans le gore extrême, même si « Mature » et « Anatomy » ont peut-être été plus loin que les autres. Mais il y avait pour eux la qualité graphique . Si on reprend historiquement les pochettes, notamment, celle du split LP (photo d’un mur d’église ;-), qui n’a rien de si gore), nous essayons de ramener au thème des paroles et apporter une réflexion sur ce que l’on peut voir du visuel. Sur « Sicknesses Obsessions » et « Dura Mater », les visuels ramènent à des croquis/esquisses du Dr Vesalius (un des plus grands anatomistes de la période renaissance), lesquels se rapportent aux paroles. Tout comme l’ambiance musicale, il faut donner à ce que l’on voit une certaine cohérence.

Alors est-ce que vous considérez « Sicknesses Obsessions » plus comme l’accomplissement de votre véritable retour avec vraiment un album complètement neuf de titres, sans réenregistrement, avec une patte totalement actuelle ? Et c’est peut-être grâce à cela que l’on s’aperçoit de sa propre capacité à encore composer des titres percutants, pertinents, et de se dire qu’on a encore quelque chose à dire dans tout ce bourbier ?

Oui cet album est l’accomplissement du retour de P.O. Nous n’avions jusqu’à présent créé que des EP (sans compter la réédition de « Premature Necropsy » qu’est « Mature Necropsy »). Là, pour cet opus, nous avons enregistré 26 titres. Seuls 17 ont été retenus pour le CD et chaque support a un bonus différent (CD et vinyle). Ça permet de montrer qu’on est toujours en capacité de détruire n’importe quel tympan et de faire chier n’importe quel voisin d’appartement. Alors, oui, on a encore des choses à growler même si, comme tu peux le dire, il est parfois difficile de sortir du lot pour se faire entendre…

Encore une fois, vous avez bossé avec le Conkrete Studio et Frédéric Motte, connu et reconnu pour son travail, ce qui veut dire bien sûr que son taff, vous l’avez apprécié évidemment, et aussi il y a encore quelque guests comme Arnaud Denhain (Black Bomb A) et même certains qui sont déjà venus comme Stéphane Buriez (Loudblast), raconte-nous un peu tout ça s’il te plait ?

Depuis le début, effectivement, nous bossons avec Fred Motte. Phil le connaissait et nous l’avait recommandé ainsi que Nico (du label) qui bossait déjà sur d’autres productions. Quand nous avions écouté son travail, nous avions vraiment apprécié, d’autant plus qu’il avait été facile de travailler avec lui pour obtenir ce que nous voulions. Sa faculté d’écoute nous a facilité les choses pour arriver au produit final. Quand nous avons fini le mix de « Sicknesses Obsessions », nous nous sommes naturellement tournés vers lui. Quand, en plus, celui-ci kiffe la musique, c’est encore plus facile de trouver le bon réglage ;-)

Pour les guests… Humm, pour la région Nord-Pas de Calais, il faut historiquement savoir que bon nombre de personnes et de groupes se connaissent depuis l’adolescence… Et donc, bien qu’on soit éparpillé tous les uns des autres, on a tous relativement gardé des liens d’amitiés. Il suffit de se déplacer dans un concert dans la région, et on se retrouve tous avec plaisir… Bref… Stéphane est donc un ami de longue date, qui a donc officié sur « Mature Necropsy ». Au moment de son passage pour l’enregistrement des voix, nous avions enregistré des nouveaux morceaux en plus.

Nous avons donc conservé ses growls que nous avons remis lors de l’enregistrement du nouvel album. Pour ce qui concerne Arno, cela s’est fait naturellement. Nous habitons relativement proche l’un de l’autre et je lui ai proposé de faire quelques piges, ce qu’il a accepté sans avoir entendu quoique ce soit. Musicalement, ces deux chanteurs, au grain bien différent du mien apportent un plus dans l’énergie du morceau où ils apparaissent. C’est aussi et surtout un moment de plaisir commun à partager avec nos fans.

Nous avons aussi une autre invitée, Hélène Le Deist, qui avec sa voix féminine nous a apporté un aspect peu conventionnel que j’espère les fans apprécieront…

Comme indiqué tout à l'heure, nous cherchons à surprendre et à apporter de la folie dans les compos…

Il y a un truc qu’on peut constater, c’est qu’une certaine tranche de la population metalleuse s’amuse bien souvent à regarder la société « non metal » comme étant quelque chose de pestiféré, et parfois, montre du doigt le consumérisme des autres. Mais, quelque part, quand on regarde certains gros labels ou groupes qui déclinent leurs sorties en plusieurs formats différents, vinyles de couleurs différentes, versions différentes avec bonus ou pas, on s’aperçoit que finalement, on est tous des princesses dans la course à la collectionnite aiguë, aujourd’hui plus que jamais. Votre opinion là-dessus ? Bien sûr je n’ai pas un discours écolo, parce que même en faisant attention, on fait de toutes façons tous de la merde, mais la question est plus sur le côté aficionado qui finalement touche même et peut-être plus les fans de metal extrême non ?

Pour le détail, « Sicknesses Obsessions » aura lui aussi plusieurs versions différentes avec des bonus sur le vinyle, l’édition digipack limitée... Est-ce qu’on peut savoir d’une manière générale comment est décidé justement chez vous ce qui sera en bonus, et ce qui ne le sera pas ; ce que l’on peut trouver en plus, que ce soit en vidéo, en morceau supplémentaire ou bien même, je ne sais pas, pour le profane, est-ce que cela peut poser des difficultés de mettre tel ou tel morceau sur le vinyle par rapport au cd pour des raisons évidentes de finance, de son ou autre ?

Alors, pour être concerné, j’aime à avoir dans la mesure du possible les premiers tirages des groupes que j’aime. Tout simplement parce qu’on a plus de chance que ça aide le groupe. Honnêtement, on se dit, j’aide le groupe, je le supporte, je lui achète ce qu’il sort ; si en plus c’est en édition limitée, je ferai partie du cercle limité des fans de la première heure ah ah ah. Plus concrètement, nous savons, pour l’avoir vécu, que ne pas proposer plusieurs supports peut être un frein pour certains. Nous avons des fans qui ne nous achètent que le vinyle car l’audio, ils le feront via une plateforme musicale type Deezer ou Spotify…Tout comme le vinyle, nous cherchons à ce que l’acheteur en ait pour son argent. La musique bien sûr, mais s’il l’achète au lieu de la plateforme musicale, il faut qu’il s’y retrouve. On lui propose donc un digipack plutôt qu’un simple boitier cristal. Ça ne me gêne pas du moment que les tarifs restent raisonnables et accessibles. J’ai grandi avec les vestes en jeans avec patchs, pins et badges… Alors le choix des supports… C’est l’offre et la demande… Même du coté métal extrême…

Oui le nouvel album aura plusieurs supports. Comme dit précédemment, nous avons enregistré plus qu’il ne fallait. Nous avons défini entre nous le temps maxi en tenant compte de la durée maxi d’un vinyle. Nous sommes ensuite allés directement passer une demi-journée chez Nico pour définir quels types de supports nous avions droit en fonction du budget label (boitier simple digipack, nombre de volets…). Avec ces informations, nous avons défini quels titres allaient figurer sur l’album. Nico nous a simplement demandé de choisir un titre bonus par support. Nous lui avons aussi proposé de sortir en bonus un DVD reprenant le live du Hellfest 2017 que nous avions pu récupérer. Il a accepté cette solution, bien que cela amène des contraintes supplémentaires. Physiques, d’une part, pour en tenir compte dans la conception du digipack, de la création et la mise en œuvre du DVD par lui-même, et d’un point de vue financier. Il faut savoir qu’il faut déclarer tout ce beau monde à la SACEM, SDRM et autres… (déclarer et payer !).

Pour la longueur du CD, il faut tenir compte du choix ou non de le sortir aussi en vinyle. Si le CD est trop long, il faudra passer par un double vinyle… Si la longueur est proche de la limite physique du vinyle, il faut baisser la qualité sonore (resserrer les sillons de la gravure sur le vinyle) pour faire tout rentrer sur les 2 faces.

Voilà les contraintes à prendre en compte…

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Bon, sortie prévue pour le mois de mai, vous qui avez sans doute déjà vu ce que cela allait donner que ce soit musicalement ou visuellement, on va prendre une bonne biffle ou pas ? Et quand est-ce et surtout où est-ce qu’on pourra les prendre devant la scène ?

Effectivement, la sortie était prévue officiellement le 22 mai. Malheureusement, le confinement lié au covid-19 amène à devoir retarder la sortie. En effet, les usines de pressages peuvent avoir du retard, ce que nous ne savons pas pour l’instant. De plus, les différents disquaires étant fermés, les circuits d’approvisionnement ne peuvent assurer l’arrivée sur les étals du skeud… De ce fait, nous sommes à ce jour incapables de donner une date précise de sortie. A notre grand regret !

Pour les lives, c’est la même situation de merde… Nous avions quelques concerts de prévus en France et à l’étranger en mai et juin, tous annulés ou reportés… Il est donc pour l’instant difficile de donner quelques infos de plus sur ce sujet. Nous aimerions bien pouvoir faire quelques scènes cette été mais cela semble vraiment obscur…Wait and see !

Par contre, pour ce qui est de la claque, on l’espère !!! Nous avons en tout cas de bons retours des personnes qui ont pu l’écouter.

m pheral 1.jpg (49 KB)Un dernier petit aparté avant la fin, M PHERAL qui était sorti juste après l’endormissement de PUTRID OFFAL, pour lequel vous aviez sorti « Lie » et « Soil », sans parler des démos promos, vous y avez repensé parfois ou pas ? Pour ceux qui ne savent pas, il y avait Fred et Franck mais aussi Ludovic Loez (Supuration) qui était là au début de PUTRID OFFAL si je ne dis pas de bêtises non, notamment sur « Unformed » ?

Cet épisode M PHERAL, avec les années, vous le regardez comment ?

Tu as raison sur toute la ligne en ce qui concerne MPHERAL qui était un projet post-PUTRID OFFAL et sur Ludo.

Nous avons même enregistré un dernier album qui n’est jamais sorti… Mais bon, avec le recul, nous avons adoré ce passage car il était formateur musicalement (travailler avec une boite à rythme n’était pas chose facile pour nous à l’époque) et novateur. Cela nous a permis de découvrir d’autres mondes 

m pheral 2.jpg (38 KB)Il nous arrive d’y repenser mais l’équilibre entre les activités liées à notre vie privée et celle de Putrid est déjà suffisamment difficile à gérer ; nous n’avons jamais pensé à aller plus loin avec MPHERAL. Seuls les fans, lors de nos concerts nous en parlent parfois…

En tout cas, merci pour cette itw, j’espère qu’on va tous pouvoir sortir et profiter des concerts à venir pour se boire une bonne bière ensemble. Stay Putrid et soutenez votre scène musicale ;-)

Arch Gros Barbare

14/04/2020

Liens:

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https://putridoffal.bandcamp.com/

https://xenokorp.bandcamp.com/album/mature-necropsy

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