(((S.O.S))) -A weird mass celebration-


01 juin 2020

SOS POCHETTE.jpg (351 KB)

Groupe : (((S.O.S)))
Titre : A weird mass celebration
Label : Autoproduction
Année : 2020

Des années après cette première démo underground « Choosen reekhearsals », sortie en 1994, sans parler de l’album « Coldead marble memories » qui date de 2016, sorti juste en format promo sur un magazine allemand, VARECH est en léger « standby-ébullition », mais ceci est une autre histoire…

En attendant, le plus atypique et le plus extravagant des vocalistes français continue de nous arroser de sa verve avec cet album très personnel de (((S.O.S))), plus communément appelé Save Our Souls Because We are The Sons Of Sins.

En direct de Lyon, ce premier album de (((S.O.S))), « A weird mass celebration », s’adresse plus particulièrement à un auditoire certainement pas foncièrement metal, puisque l’on y décèle, sans grande difficulté, la folie d’un Faith No More, le groove d’un Suicidal Tendencies, dans un esprit assez heavy/thrash/punk, où le sieur Régis 7.7.7 Whyte s’en donne à cœur joie au niveau des vocaux qui mènent littéralement la danse sur chaque morceau, comme un Mike Muir saurait le faire.

Douze titres, dont deux remixes pour presque une heure, ce projet studio n’est pas seulement l’œuvre folle d’une esprit sain ; c’est toute une histoire collective qui rend honneur à certains titres restés à l’état d’embryon du groupe lyonnais Fracture et du groupe américain Glorion Blak (avec deux ex-The beast, pré-Ripping Corpse, à savoir Ron Acera et Mike Depo).

Le résultat est époustouflant de groove avec une basse riche en émotions et des ambiances très psychédéliques, tout en conservant, de manière constante, une atmosphère aussi rock que metal.

La nonne suceuse de sang mène le bal des vampires et l’on se rend compte que l’album, dans son intégralité, se compose de chansons au chant clair qui restent totalement en tête.

Avec des claviers omniprésents, « A weird mass celebration » vous emmène dans un univers effréné et fantasmagorique où vous vous prenez pour Alice qui découvre le Pays des Merveilles sous acide car la porte devient grande et petite en une seconde et le gâteau ressemble à un rabbit, mais pas de mars.

« I saw this world », « Da’touch of da’wyld » vous rappellent cette musique américaine très souterraine, très urbaine où les guitares fusionnent, où ce groove (car il s’agit bien de groove à chaque instant, qui vous infecte les oreilles à bouffer du cérumen pendant des jours) vous imprègne l’esprit de manière addictive.

C’est toute une vie qui se déroule dans les oreilles ; on s’enivre de l’excellente « Prophecy for agony » qui offre un solo totalement heavy en plein milieu d’une jungle presque punk ; on lâche le crépi sur la basse de « A fateful ballad », pour finalement rêver de laisser la dernière goutte du zébré sur les lunettes, sur le bout du nez en lui disant « Je t’aime », avec « Godream », une espèce de balade road trip sur fond de metal presque prog qui tient ses promesses.

Cet album est un livre dont les chapitres vous rappellent l’Histoire sans fin, où chaque chanson est une aventure, car (((S.O.S))) arrive à faire le grand écart musical et à insérer des ambiances presque doom avec « Everything ends up in tears », « New millenium shines so near » et « A lake ablazed » qui flirtent avec le thrash théâtral.

Riche de compositions aventureuses, produit, joué, enregistré, mixé et masterisé par d’illustres inconnus - Nard Tibo, Brett Caldas-Lima, Jon Phibbs, Christian Gonzalez et Ludo Tournier -, ce « Weird mass celebration » est une œuvre magistrale où le heavy coule à flots à travers des filtres psyché, punk, rock totalement assumés, et des riffs à la musicalité implacable ainsi qu’un grain de folie qui donne à cet album une originalité certaine.

Arch Gros Barbare

01/06/2020