SHRAPNEL STORM -Shrapnel Storm-


30 août 2020

SHRAPNEL STORM.jpg (475 KB)

Groupe : SHRAPNEL STORM
Titre : Shrapnel Storm
Label : Great Dane Records

Année : 2020

La Finlande aura eu finalement une espèce d’aura spécifique en matière de son et de groupes, car si les années qui défilent auront prouvé que ce pays n’a quasiment eu aucun raté en matière de productions, hormis peut-être quelques trucs bien trop mélodiques pour être énumérés ici , on s’aperçoit qu’il y a plusieurs écoles au niveau du Death Metal de ce magnifique pays.

Loin des ambiances de Nerlich, Demilich, Depravity et on peut en passer comme ça des heures, SHRAPNEL STORM vient poser son death metal plutôt de manière classique et basique.

En effet , pour cet album qui succède à « Mother war » cinq ans plus tard, les finlandais font partie de ces groupes actuels, (bien qu’il existe depuis une douzaine d’années, mais une douzaine d’années, c’est jeune), qui n’ont pas le visuel old school comme certains peuvent avoir et mettre en exergue, mais au contraire comme beaucoup de formations de l’écurie Great Dane Records actuelle, qui conservent cette âme sans forcément trop la revendiquer. Ce que l’on pouvait constater sur « Mother war » et qui se confirme sur ce second album éponyme avec cette cover art signée ici Petri Saaremaa.

Moins brutal, moins sauvage, que son prédécesseur, « Shrapnel storm » a enlevé ce côté primaire qui était flagrant sur « Mother war », cette facette plus néanderthalienne, pour être aujourd’hui plus affiné et mieux travaillé en allant vers quelque chose de toujours agressif, mais où l’effet motoculteur dans les riffs s’allège pour être plus saillant, comme si les lames avaient été affûtées pour mieux pénétrer dans les sillons. Elles retournent la terre, mais la coupent de manière plus fine, sur une surface forcément moins large.

Alors on se retrouve sur presque quarante minutes avec dix titres (dont « Trapped inside war » en bonus), qui demeurent death metal, mais où tantôt certains riffs flirtent avec le death/thrash (« The burning » en figure de proue) et où d’autres fois le groupe reprend ses airs massifs de brute épaisse (car on arrive enfin à « First blood  » et « Battlewraith » pour que SHRAPNEL STORM sorte l’artillerie lourde dans les rythmiques de bas du front pour bien annoncer que c’est la guerre).

Ceci dit, même la voix de Ykä a évolué, car si elle propose plus de variations sur les deux premiers titres qui sont déjà plus aérés, elle reprend avec une aisance indéniable ses codes du death metal sur la plupart des morceaux.
Et donc, oui, ce nouvel album de SHRAPNEL STORM n’est pas décevant, mais différent, car il va chercher dans ses guitares, plus de mélodie , et l’on se rend bien compte de cet écart de conduite sur « Triumph over the weak » qui même en restant dans un esprit death, s’aventure vers quelque chose de death mélodique old school (attention, on est plus proche du vieux Desultory que de In flames), avec une certaine timidité. Alors pour ceux qui s’attendaient encore à une continuité limpide de « Mother war », il faut s’attendre à être surpris par quelques oscillations musicales, mais qui restent tout de même dans un esprit death metal.

Esprit death metal qui prend presque des airs parfois suédois et parfois influencés par l’âme guerrière d’un Bolt Thrower (surtout sur « Forsaken pride ») sur un titre tel que « Heart of winter », morceau assez éclectique où l’on y entendra un passage anecdotique de quelques secondes, proche de Sepultura époque « Chaos AD ». (Et c’est là où il faut savoir ne pas mettre toutes ses idées de riffs qui passent par la tête pour ne pas trop charger, riffs qui sur « Visions of violent past » dans son introduction sont certainement un hommage au Sergent des Stormtroopers sur « Milk »)

L’album passe bien, ce n’est pas la révélation de l’année, mais il passe plutôt bien.

SHRAPNEL STORM fait son travail d’obus, il pénètre et explose et prend même des airs plus punk, avec un graillon vraiment délicieux sur « Coup de grâce » où encore une fois on se fait plaisir sur quelque chose perdu entre le death et le thrash.

Voici donc un album audacieux pour le groupe qui ne s’est pas contenté de refaire la même chose, avec les mêmes ingrédients et la même recette, SHRAPNEL STORM a continué malgré tout de rouler dans son ornière death metal et on le ressent jusqu’au bout avec « Forsaken pride » qui est lourde et sombre, mais au final, c’est un album ouvert à de nouveaux horizons. Après ce n’est pas parce que le groupe regarde la ligne que c’est forcément celle de l’horizon, car en l’occurrence ici on est plus proche de celle de démarcation.

Pour terminer en beauté, SHRAPNEL STORM vous offre sur le digipack « Trapped inside war », un morceau de death metal bien putride ,pesant, crade mais qui montre bien que le groupe sait écrire…

Arch Gros Barbare

30/08/2020