VERBAL RAZORS -By thunder and lightning-


28 août 2020

VERBAL RAZORS BY THUNDER AND LIGHTNING.jpg (208 KB)

Groupe : VERBAL RAZORS
Titre : By thunder and lightning
Label : Deadlight Records

Année : 2020

Ce n’est pas parce que l’été est chaud, plein de virus et plein de connerie humaine, sans concert, qu’il ne faut pas écouter de musique.

Et vu les violences actuelles, sans doute que prendre le temps d’écouter le troisième album des français de VERBAL RAZORS ne pouvait que calmer les ardeurs de certains.

Oui, troisième album sorti chez feu Deadlight Records, qui a fermé ses portes il y a peu, mais offrant un digne successeur à « Misleading innocence » qui aura mis presque quatre bonnes années à voir le jour.

Et après autant d’attente, il fallait frapper fort. Du coup, ce coup-ci, artwork de la mort qui tue, signé encore Degreff pour les couleurs, mais aussi Jérôme Brizard pour les illustrations. Quatre ans d’attente mais pas pour rien, parce que VERBAL RAZORS n’a rien perdu de sa verve Thrashcore/Crossover à l’ancienne avec encore une fois des vocaux ultra personnels qu’on apprécie ou pas, mais qui collent parfaitement au côté punk que le groupe travaille comme couleur depuis maintenant presque onze ans.

En effet, ce troisième album, long d’un peu plus d’une demi-heure comme « Verbal Razors » puisque le transitoire « Misleading innocence » n’avait fait qu’une vingtaine de minutes, ramène le groupe dans le moshpit avec une violence constante et une hargne énergique mais aussi avec un changement de batteur, puisque Antoine rejoint le groupe sur cet album.

Nous voilà bons, avec quelque chose de fun qui ne tombe pas dans la caricature, avec quelque chose de thrash parfois mélodique quand-même, quand on écoute les riffs du premier titre « By thunder and lightning », mais on sent bien que VERBAL RAZORS offre de la rapidité, toujours plus de rapidité dans son crossover/thrash qui ne laisse aucune des deux facettes prendre vraiment le dessus, ce qui donne une alchimie réellement intéressante.

Alors sur des titres courts qui redoublent d’intensité, c’est une véritable furie qui s’étale sur un peu plus d’une demi-heure en treize titres, avec lancer de mandales et de savates sur les guitares qui, à chaque fois qu’elles se prennent à trop partir vers de la rythmique ultra punk/hardcore, reviennent de l’autre côté de la fosse grâce à des riffs typiquement thrash anglais finalement, rappelant ainsi quelques sonorités qui violaient nos oreilles dans les 80’s / 90’s, pour preuve la tranchante « Trash » qui montre bien la balance des deux, ou encore cette violente classique qu’est « Jump into the dead end ».

Actuellement en France, il n’y a pas d’autre groupe possédant le démon crossover/thrash comme VERBAL RAZORS le crache à l’instar du cobra et son venin, et cette voix punk qui donne envie de mettre sa main en iroquois et de faire la ronde la plus grande du monde pendant la totalité de l’album sur des chœurs aussi typiquement thrash, que les gars ont su ajouter dans plein de passages.

Jusqu’à la fin de l’album, on ressent cette mixité de mondes ultra bien amenés ; cette fusion de deux mouvances qui ne font plus qu’une pour mieux botter des culs, avec « Water drop », où là, c’est le thrash et la profondeur qui dominent, sur une batterie qui règne en maître dans l’obscurité, un titre plus atypique mais efficace au possible.

Imaginez la liberté d’expression musicale comme Ministry pouvait le faire avec « Jesus built my hotrod » : et bien VERBAL RAZORS donne libre cours à toutes ses envies sur ce troisième album, un peu de la sorte, confirmant ainsi une personnalité et une identité déjà bien affirmées, mais qui possèdent maintenant leur propre ADN.

Chaque morceau dépoile l’auditeur avec agressivité mais toujours fair-play, et les combos hypnotiques « The house » et « Order by kicks » qui oscillent entre rythmes de mono sourcils et lâcher de mollards punko anarchistes à la Exploited, vous laissent à peine le temps de ramasser vos chicots, qu’on passe de manière vindicative et impulsive à du rock’n’roll burné comme Motorhead savait le faire (« Party mate »).

Un putain d’album, une réussite totale.

Arch Gros Barbare

27/08/2020