WAR AGENDA -Interview- 20/11/2020


13 décembre 2020

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Second album « Propaganda » pour ce groupe allemand , qui joue un thrash ultra bien écrit avec de bonnes parties mélodiques, WAR AGENDA revient donc en force après cinq ans de silence et sous les couleurs de Great Dane Records.
Une des belles surprises de cette fin d’année 2020, WAR AGENDA nous raconte...

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Salut à vous, avant de présenter un peu le groupe, est-ce qu’on peut savoir d’où vient le nom de WAR AGENDA ? Parce que c’est très orienté vers le conflit armé comme votre premier album « Night of disaster » l’a démontré, mais encore plus comme le fait également votre nouvel album « Propaganda »

Le nom du groupe était une idée de Nils, à l’époque on pensait que c’était un bon nom pour un groupe de thrash old school, que le thème de la guerre serait parfait pour appuyer l'agressivité de notre musique et bien sûr le cliché du genre, mais aussi d’exprimer un sens caché derrière. Comme on le sait tous, l’état du monde actuel ne s’est pas amélioré depuis la sortie de “Night of disaster”. C’est peut-être même pire donc le nom du groupe est toujours d’actualité.

WAR AGENDA se sent-il engagé? Pas politiquement, mais thématiquement sur les sujets dont vous discutez, car dans ce nouvel album il est encore tout à fait question de vrais problèmes de société mais aussi d'oppression plus généralement, non?
Pensez-vous que ce soit l’
objectif ou l'une des portées principales des groupes de thrash? Car il est vrai que très souvent c'est la guerre, les sujets politiques et les problèmes humains qui représentent les sujets qui sont souvent traités par les groupes de thrash. Il vous suffit de voir votre nouvel artwork signé Malcolm Semmens qui est très représentatif du contenu de l'album ...

La corruption et l'immoralité parlent pour elles-mêmes et sont flagrantes. Elles sont différentes il n'y en a pas qu'une. De notre point de vue, peu importe leurs provenances, on s'engage à parler de ce que l'on considère mauvais et nocif. Que ce soit politique, des luttes personnelles, des problèmes de société… La liste est longue. Les sujets peuvent être négatifs mais nous nous efforçons de trouver de l'espoir, de voir la lumière au bout du tunnel.

Curieusement, bien que WAR AGENDA soit européen et plus particulièrement allemand, nous ressentons dans votre musique plus d'influences de groupes américains qu'allemands, dans le sens où vous vous sentez plus proches d'Overkill, d'Exodus, de Megadeth (sur "Silence of justice" notamment), ou Testament que Destruction, Kreator ou autre Sodom, tout en restant dans un contexte plutôt old school. Les mélodies semblent importantes dans l'agressivité de la musique de WAR AGENDA, qu'en est-il?

C'est un honneur de savoir que tu ressentes l'influence de ces groupes. Ce sont les groupes avec lesquels nous avons grandi qui ont fait les artistes que nous sommes aujourd'hui. Les goûts sont variés au sein du groupe, le spectre est vraiment large. Forcément les influences vont se percevoir dans nos compositions et nous sommes ouverts d'esprit à l'idée de mélanger les inspirations de chacun si elles correspondent à la formule et à la transmission de notre message. Évidemment, on ne veut pas copier les autres groupes mais le produit final sonne comme les groupes de thrash américain et on aime le résultat.

Les changements de bassiste, de guitariste, mais surtout de chanteur, ont-ils beaucoup contribué à l'écriture de ce nouvel album?
Vous sentez-vous plus mature
s dans la façon dont vous jouez votre thrash et moins rapides qu'avant? Que s'est-il finalement passé entre "Night of disaster" et "Propaganda"? Ces cinq années entre les deux albums ont-elles changé la couleur du groupe?

Sans aucun doute. Le départ de Nils a tout changé puisque c'était le compositeur principal. Le fait que Hamdi et Ingo, les seuls membres originels restants, portent haut le projet et veulent aller de l'avant est rassurant et c’est un facteur de motivation supplémentaire. L'esprit du groupe est encore présent mais c'est logique d'avoir de nouvelles saveurs dans ses morceaux lorsqu'on ajoute du sang neuf. Marcel par exemple est celui qui a écrit la plupart des riffs de "Silence of Justice" on peut entendre son approche mélodique. L'approche vocale de Moustafa est elle aussi unique, il vous balance cette agressivité, cette force d'un Mustaine/Zetro dans la gueule. Ça ajoute tellement d'âme aux morceaux. Tout comme Raafat qui par son travail à la lead guitar, avec son approche amène des transitions mélodiques et chaotiques qui collent parfaitement à l'ambiance effrénée de nos morceaux.

Le chant semble être quelque chose de fondamental dans WAR AGENDA, quand on avait Herni sur le premier album, il fallait déjà aller chercher ce style de chant, mais là avec Moustafa, ça nous fait voyager, entre Russ Anderson, Dave Mustaine, presque Coburn Pharr , avez-vous dû adapter l'écriture du nouveau WAR AGENDA à la gamme de votre nouveau chanteur?

Bien sûr quand vous avez un nouveau chanteur vous devez revoir votre composition et la tournure de vos phrases doit aller avec la voix. Après ça reste du thrash. Herni était un incroyable chanteur et un leader charismatique. Il a fait un boulot de dingue sur "Night of disaster" et fait partie intégrante de notre parcours. Encore une fois, oui quand vous repartez de zéro avec un nouveau chanteur, qui a un style différent, tu dois ajuster ton pinceau pour faire un tableau cohérent. L'histoire de Moustafa en tant que chanteur est fortement influencée par Mustaine en particulier et par le thrash old school. Il essaie tant bien que mal de ramener ce style 80's/90's dans le chant qui associe ce côté agressif des couplets et ce côté accrocheur des refrains. Ça donne un bon équilibre dans cet album et améliore la dynamique des morceaux.

Maintenant que l'album est sorti, que reste-t-il à faire pour WAR AGENDA, car avec le virus et les mesures compliquées mises en place, il n'est pas facile de vraiment défendre un album qui sort en ce moment? Alors, comment vous organisez-vous pour contrer le problème? A propos de ça quel est votre avis, sur ce qui se passe pour pas mal de groupes, métal, mais aussi pop, j'entends le fait d'organiser des concerts filmés en salles vides, en streaming et que les gens paient des billets comme s'ils étaient là, pendant qu'ils sont dans leur salon?

Oui en ce moment nous traversons des temps bizarres. Cependant certains labels restent fidèles à leurs principes et se donnent du mal pour aider les groupes en ces temps difficiles. On a été chanceux de signer avec Great Dane Records, un label qui se bat pour garder ses groupes en vie. Raphaël, le gars derrière ce label, fait de son mieux pour sortir les groupes de ce merdier et travaille sans relâche afin de partager autant que possible l'album à travers toutes les plateformes. Mais ça dépend aussi du soutien des fans. Depuis qu'il n'y a plus de concert, nous sommes plus dépendants de la vente des CD's et du merch pour survivre et faire de la musique. À l’époque où Internet n’existait pas, les fans avaient faim de découverte et achetaient les albums. Ça a considérablement diminué de nos jours et cela même avant la pandémie. On espère que tout ça se finisse au plus vite, que les groupes puissent survivre et se porter pour le mieux grâce aux soutiens inconditionnels des fans de notre scène.

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Pour vous, le thrash est-il le courant le plus ouvert de la musique extrême au sens large, allant de la mélodie la plus captivante au riff le plus violent? Quelque chose que vous ne trouvez pas forcément dans le death metal ou le heavy metal? Au fait, que pensez-vous des retours de groupes comme Sacred Reich ou du dernier album d'Evil Dead? Un groupe comme Mortal Sin fait-il partie des groupes créatifs qui vous caractérisent au-delà des big bands déjà mentionnés dans vos influences?

Généralement, les groupes commencent à combiner plusieurs styles dans leurs musiques. Bien sûr, certains restent fidèles à leurs vieilles formules et ça marche, que ce soit agressif ou mélodique et c'est super. Mais il y a quelques groupes qui fusionnent les deux et pas seulement depuis peu, des groupes comme Monstrosity ou Deicide l'ont fait et même Death avant eux. Il y a le pur death old school et il y a les passages mélodiques dans les soli ou les accords dans les morceaux. Le résultat de cette combinaison est convaincant si elle convient à la vision du groupe. C'est le cas dans War Agenda, nous essayons tout ce qui peut marcher et nous semble juste.

Nous sommes extrêmement ravis de voir que le thrash, et le métal en général, témoigne d'une renaissance. Des groupes de tous les genres émergent à travers le monde, c'est une musique qui ne mourra jamais, point. Ce qui est le plus excitant c'est de voir ces vieux groupes revenir. Le nouvel album de Sacred Reich est génial, leur retour en studio après 23 ans, et le large attrait qu'il a gagné témoigne de la valeur de cette musique. Même chose pour Evil Dead, ils n'ont rien sorti depuis presque 30 ans ! Et maintenant ils sont de retour avec un album écrasant. Bien sûr les groupes que tu mentionnes sont emblématiques et leurs influences, parmi tant d'autres, sont gravées en nous lorsqu'on fait de la musique. Malheureusement, Mortal Sin n'est plus actif ce qui est triste parce que leur dernier album "Psychology of Death" est fantastique.

Quelle est votre relation avec Nils, sachant qu'il a tout de même co-écrit "Plan B-Terror" ainsi que "Unis dans l'hypocrisie", "Apartheid", "Guerre des nations" et "Maladie tueuse"?

En effet, Nils a écrit Plan B-terror en entier et a fait partie du processus d'écriture des autres morceaux mentionnés, ces idées sont géniales. Il nous a donné l'autorisation d'utiliser ses compositions. Il a quitté le groupe car il est occupé avec son autre groupe Compulsive Slaughter et son enfant. Une fois l'album fini, il l'a vraiment adoré. On est resté très bons amis avec lui, heureusement nous sommes en bon termes.

Quelles sont vos occupations depuis le confinement, utilisez-vous ce temps pour écrire de nouvelles chansons?

Nous travaillons sur de nouvelles compositions. Ça prend forme et ça sonne plus lourd que jamais. Hamdi, le batteur, bosse également avec ses autres groupes Baleful Abyss et Weed Wizard, Raafat s'occupe de son album avec Paindemonium. C'est vraiment le meilleur moyen de rester occupé et de ne pas penser à cette pandémie. On a déjà quelques idées et on continue de s'échanger dès qu'un de nous a quelque chose de nouveau. On essaye juste de rester productif jusqu'à la fin de cette situation.

Liens :

https://www.greatdanerecs.com/eshop/web/

https://waragenda.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/Waragenda

https://www.youtube.com/user/WarAgendaofficial

Arch Gros Barbare 13/12/2020