WRATHRONE -Eve of infliction-


20 février 2021

WRATHRONE POCHETTE-1.jpg (1.02 MB)

Groupe : WRATHRONE

Titre : Eve of infliction

Label : Great Dane Records

Année : 2021

La Finlande, le death metal, tout ça tout ça…

On sait que le deah old school finlandais tient la route alors, bien évidemment, ce troisième album de WRATHRONE n’est pas une montagne de déception, bien au contraire, mais ni une surprise non plus. C’est bon, c’est roots, c’est poilu et ça pendouille au trou du cul.

Ici, WRATHRONE ne fait que confirmer ce qu’ils avaient créé avec leur premier album « Born beneath » qui était plus violent que le reste, et peaufiné avec « Reflection of Torment », leur second album, qui annonçait leur tournant nettement plus groove, bien que toujours très suintant et huileux.

C’est clair que ce troisième album assoit les finlandais sur leur trône de seigneur local sulfureux, où les rythmiques très poisseuses sont toujours pleines de musicalité.

La voix de leur grogneur Matti Vehmas s’est « aggravée » depuis 2008, et sa tessiture est devenue si gutturale qu’elle en ferait pâlir la bête elle-même.

Et grâce à ce ténor à la langue râpeuse et au poil hirsute, WRATHRONE peut tailler dans le bois dur n’importe comment parce que les morceaux passent tous sans exception, fort bien aux oreilles, même des plus difficiles.

Ainsi l’album, qui avec les riffs de départ sur « As the knife cuts deep » semble partir uniquement dans un relent de gerbe remis en bouche à la sauce death’n’roll, à l’esprit léger, est au contraire nettement mieux construit qu’un salon du barbier au pays des hipsters.

On s’aperçoit rapidement que WRATHRONE a su conserver cet état d’esprit death putride sur la violence de certaines rythmiques et les atmosphères particulièrement nauséabondes qu’on découvre sur des titres tels que « Heartless absolute », « Leader of the lost » ou encore « Infliction » ; ce qui donne à l’album une cadence soutenue et un niveau d’inspiration absolument pas insipide et plutôt grisant.

Petite évolution, au fur et à mesure, c’est avec des morceaux comme « We feast on fear » que WRATHRONE va se balader vers les vieux « fait-tout » death old school, qui posaient leur clôture à la lisière du bois du death mélodique scandinave. Alors on parle de death metal et de mélodie, pas de In Flames 2021. On parle bien de blast et de riffs plus limpides, qui donnent au morceau une facette différente du reste de l’album qui malgré tout séduit son public, comme Iron Flesh a su le faire également, avec son dernier album.

Mais au final, hormis cette petite incursion chez le voisin barbu qui porte des talons hauts sur ses sabots, WRATHRONE envoie du bois sur l’ensemble de l’album comme Charles Ingalls sur les réseaux sociaux.

Le groupe reprend sa route avec « Web of lies », en poursuivant sur de la valeur sûre, avec un death traditionnel, old school, basique, mais efficace. Ça sent la vieille gnôle et pas le cocktail dernier cri de chez bobo la mèche platine.

Non, le lead guitare de WRATHRONE est chantant mais il annonce la mort dans un air de fête, et le reste du groupe t’écrase la face contre les enceintes. Et en toute honnêteté, WRATHRONE a écrit ici un truc aussi entrainant que les milliers de groupes de Rogga Johansson. On aime ou on n’aime pas certes, mais c’est bien branlé. Alors au lieu de chasser le zébu, mieux vaut manger de la gallinette cendrée.

Et enfin, pour terminer, c’est avec « Sane-Insane » que WRATHRONE ouvre encore une nouvelle porte, ou comme on dit dans le jargon de chez Robin, ils ajoutent une corde à leur arc ; parce que « Sane-Insane » va traîner du côté des vieilles plates-bandes à la Paradise Lost sur « Gothic » sur la très longue intro/première partie du titre pour terminer dans sa mélasse death metal qu’on apprécie particulièrement.

Ce « Eve of infliction » est on-ne-peut-plus facile d’accès mais si l’on fait abstraction qu’on se prend souvent pour le Decaux du metal extrême, et le Père Bern de l’aristocratie du death metal, on peut reconnaître avec humilité que ce troisième album vous fait saigner la rondelle.

Arch Gros Barbare

20/02/2021