BLOODFIELD - Homunculus Sapiens -

GROUPE: BLOODFIELD

TITRE ALBUM: Homunculus sapiens

LABEL: Great dane records

DATE DE SORTIE: 2026

Le respect ça s’acquiert et depuis les débuts Great Dane Records on peut largement se pencher vers l’avant pour manifester le respect à ce label français qui a d’abord beaucoup aidé nombre de groupes bien franchouillards, mais qui depuis pas mal de temps maintenant s’attelle à donner de la visibilité à des groupes qui vont au-delà de nos frontières ; et c’est ici que l’on voit vraiment l’humanité profonde des gens même quand les mots ne sont pas ou peu dans leurs gênes.

Donc en guise de préambule il était important de saluer le travail de ce label au fur et à mesure des années car il a tout de même participé à la survie d’une scène actuellement en déclin. Et aujourd’hui encore il va chercher dans des endroits autre que le fond de votre nombril, de nombreux groupes qui ont le mérite d’exister et d’apporter une ou deux pierres à l’édifice.

Ceci étant dit, voici donc une des dernières signatures du grand clébard : BLOODFIELD.
Ça ne doit pas dire grand-chose à tout le monde, et c’est normal parce que les italiens, comme pas mal de groupes français n’ont pas dû vraiment sortir de leurs frontières et le premier album « Sinners or liars » est passé sous les radars pour les plus feignasses d’entre nous qui ne vont sur le web que pour regarder des nibards, des chats ou des conneries toujours plus débiles les unes que les autres…
En tous les cas dix ans après ces mêmes italiens, reviennent sur la route de la composition avec ce deuxième album « Homunculus sapiens » (pour la définition de « Homoncule » et l’univers de ces petits hommes, à vous d’aller aiguiser votre curiosité).

Alors comme ça, c’est vrai que la pochette avec la tête qui fait penser à Hugh Jackman dans « Logan » pourrait facilement passer inaperçue dans le panier de crabe des IA actuelles, mais le contenu de cet album est tout autre. Au départ on le sent bien , c’est du thrash avec des riffs plutôt chauds qui ont une légère tendance à vaciller vers le thrash death histoire de brutaliser l’ensemble. Ensuite à force d’écoutes répétées, si l’album ne vous semblait pas si pertinent (et là faut vraiment être un narco-critiquant) , on s’aperçoit qu’il y a une réelle ambiance efficace qui se balance entre le old school et quelque chose de plus massif.
Il est clair que les riffs et les rythmiques balancent des ambiances liées les une aux autres, pas n’importe comment juste pour dire qu’on fait de la musique. Non au contraire BLOODFIELD arrive dans son agressivité à mettre des atmosphères très jouissives (oui, c’est sexuel, mais spirituel surtout, les tantras tout ça...) .

La stricte recette thrash s’entend direct sur « Solitude Pt 1 », c’est agressif, mais c’est tellement bien foutu qu
e le titre accroche dans la casserole immédiatement, la voix de Flippo Cinetto entre Petrozza de l’époque d’avant et les vieux groupes américains tels que Mortal Sin sur « Face of despair » , le lead défonce et les solos sont sauvages. Un seul titre et BLOODFIELD décroche la palme de groupe à la dynamique léchée.

Si l’on surfe effectivement à chaque fois sur la barrière entre le thrash et le thrash/death , BLOODFIELD arrive à tenir un long moment sous le rouleau, et ça donne un album qui a du poil, un album velu plein de testostérone. Les titres possèdent une espèce de groove que l’on retrouve sur « Feast for the fleas » (qui rappelle les folies d’ Exodus ou Pantera), où les guitares sont brûlantes d’atmosphères du sud (c’est sans doute le côté italien qui ressort). L’exploration vous permet de vous faire submerger par une vague de thrash tantôt old school, tantôt thrash/death avec ce zest de musique sudiste, mais c’est vrai que le côté Mortal Sin ressort sur le spectre de pas mal de titres comme « Juste like that ». BLOODFIELD arrive à tenir en haleine le vieux thrasheur de base qui est au fond de vous, sur ses quarante quatre minutes, en allant chercher la guerre sur « Ultimate redemption », car ils conservent malgré tout l’envie de garde une musique aérée, qui cible une mélodie et qui offre une chaleur rayonnante presque à s’ouvrir sur quelque chose de progressif, notamment sur ce titre qui est incroyable d’évolution.

Successions de boulets rouges, matraquage réglementaire, BLOODFIELD montre sur cet album que l’Italie peut se sortir du thrash trop orienté ultra mega oldeuuuuu schouuuule, en conservant une véritable âme singulière et essentielle. C’est sur les passages de morceaux tels que « Murder and funeral » ou encore « Nightmare » que le lead se lâche littéralement et BLOODFIELD pète des culs comme un taureau dans un rodéo de ricains texans qui bouffent des ribs.

Jusqu’au bout le groupe ne lâche rien pour y avoir placé un titre qui fout le feu avec «  Juggernaut » là encore qui flirte avec les ombres d’Exodus, et plus encore avec « Burning down » qui réchauffe le SIF un matin de printemps.

BLOODFIELD a bien fait de revenir, ça permet de se réchauffer à moindre frais et par les temps qui courent , on apprécie le chauffage quand ça envoie du bois. Et avec BLOODFIELD c’est le cas.


Arch Gros Barbare

13/04/2026