DEATH FROM ABOVE - ENTREVUE 09 05 2026 -

La bonne humeur, la brutalité, le death metal et le talent. Voici les composantes qui faisaient Can Of Worms et voici les composantes qui font DEATH FROM ABOVE. Le deuxième album « Reckoning of the damned » est sorti des fourneaux il y a peu, chez Great Dane Records, et vous devriez vous réchauffer avec parce qu’il est brûlant comme l’enfer. Alors quoi de plus normal que d’aller chercher la phrase chez notre ami Manu, guitariste hurleur, (un être humain extraordinairement gentil et adorable) pour présenter ce nouvel album...


Salut à toi, enfin te voici sous mes questions à te faire disséquer. Alors petit récap viteuf, après Can of Worms comment vous vous êtes retrouvés à créer Death From Above à trois avec Anthony de Red Dead ? Pourquoi ne pas avoir continué sous le nom de Can Of Worms ? Parce que la direction musicale avait changé ou elle était comme ça depuis le début de Can Of Worms mais vous vous étiez retenus d’être encore plus brutaux ?


Salut beau gosse, je suis prêt pour l'autopsie ! Pour le petit historique, nous avons clôturé la grande aventure de Can of Worms peu de temps après notre retour de la tournée au Japon en 2018. On a arrêté au point culminant de notre “carrière musicale” avec Can of Worms, et il y avait énormément de choses qui bougeaient dans nos vies à ce moment-là : future paternité, taf, directions musicales différentes, relations entre membres… bref la vraie vie qui te rattrape avec une chaise en acier dans le dos.
Musicalement, ça faisait déjà plusieurs mois qu’on avait envie de basculer vers quelque chose de beaucoup plus frontal. En 2018, on avait déjà commencé à composer des morceaux dans une optique presque 100% death metal, avec une approche ultra 90’s, sans compromis, sans calcul et surtout sans retenue. On ne s’était pas “retenus” avec Can of Worms, mais disons qu’avec Death from Above on a complètement ouvert les vannes. Plus de filtres, plus de demi-mesure, juste la violence et le plaisir de jouer la musique qu’on aime profondément depuis qu’on est gamins.
J’ai donc remonté une escouade de mercenaires début 2019 avec Pat et Julien après la dissolution de Can of Worms, puis Antho de Red Dead nous a rejoints naturellement. On se connaît depuis longtemps, on partage exactement les mêmes obsessions pour le death et le thrash old school, les mêmes références, les mêmes envies de chaos sonore. Death from Above est né comme ça, très naturellement, avec cette volonté de faire un death metal brutal, sauvage, honnête et sans compromis.

La direction musicale dont je viens de parler est-ce que c’est celle que tu as toujours eu envie de suivre, parce que pourtant on t’as vu jouer dans Scorn, ça veut dire que le thrash reste tout de même une de tes premières amours non ?


Tu me connais bien mon poto, le Thrash sera et restera toujours un élément essentiel de ma construction musicale personnelle. J’ai clairement grandi dans un univers Death / Grind, j’ai bouffé ça matin midi soir pendant des années, mais le Thrash aura toujours ce côté corrosif, agressif et ultra dynamique qui me colle à la peau. C’est une musique qui transpire la rage et l’énergie pure, et ça m’a toujours parlé instinctivement.
J’ai passé de super moments dans Scorn au poste de chanteur/frontman et je salue bien fort mes collègues de toujours au passage. Cette période m’a énormément apporté humainement et musicalement. Ça m’a aussi permis d’assumer encore plus ce mélange entre violence death et efficacité thrash.
Le Thrash fera donc toujours partie de moi, et de tous les membres de Death from Above d’ailleurs. C’est aussi pour ça que beaucoup de nos morceaux vont très vite, que les riffs ont ce côté nerveux et tranchant, et que la batterie balance parfois des plans qui sentent presque le crossover entre deux avalanches de blast. Même quand on joue du death ultra brutal, le Thrash n’est jamais très loin dans notre ADN.

Ce death metal de DEATH FROM ABOVE au milieu de cette brutalité quand on écoute votre deuxième album, et ton chant diabolique et les riffs et cette espèce de bonne humeur à l’intérieur, parfois ça me rappelle les vieux Deicide, cette sauvagerie non calculée des années 90’s. Quelles étaient tes inspirations, vos inspirations, parce que DEATH FROM ABOVE speede autant qu’il est brutal parallèlement à cette clarté dans la brutalité ?


Étant un gamin des années 80, j’ai eu la chance de grandir et de me construire avec des groupes comme Cannibal Corpse, Deicide, Suffocation, Dying Fetus, Death et tellement d’autres. Je vais pas tous te les sortir sinon on y est encore demain matin, mais j’ai littéralement bouffé du gras jour et nuit pendant des décennies et je n’ai jamais arrêté.
Ce qui m’a toujours marqué en voyant tous ces groupes sur scène, surtout les groupes ricains des années 90’s, c’était ce côté totalement animal et incontrôlable. Les mecs jouaient comme si leur vie en dépendait. Il y avait cette violence physique, cette intensité, cette sueur, ce sentiment que tout pouvait exploser à chaque seconde. Pas de posture, pas de calcul, juste des types qui vidaient leurs tripes sur scène. Et ça, ça m’a profondément marqué.
Je suis heureux d’avoir vécu cette époque de plein fouet parce qu’elle a clairement façonné l’homme que je suis devenu aujourd’hui, mais aussi le musicien. Chez Death from Above, on assume totalement cette influence 90’s. Mais ce n’est pas du cosplay ou du copier-coller. Ce sont nos racines naturelles. C’est ce qu’on aime profondément et ce qu’on a toujours écouté. Donc forcément ça ressort dans notre musique sans qu’on ait besoin de forcer le trait ou de brandir des pancartes “old school death metal”.
Et puis merci pour ta remarque mon pote, parce que si des gens ressentent cette sauvagerie spontanée et ce côté “vivant” dans notre musique, alors c’est qu’on fait les choses correctement.


Vous n’avez jamais lâché Great Dane Records pour toutes vos sorties, c’est une histoire d’amitié aujourd’hui ou une grosse flemme d’aller voir ailleurs tant que Raph vous supporte ? Sérieusement, je sais que tu vas dire de la merde avant…


C’est clairement un choix de ma part de continuer avec Raph depuis toutes ces années, et mes acolytes partagent totalement cette vision. À l’époque de Can of Worms, quand je cherchais un label pour sortir notre premier album, j’avais repéré Great Dane Records parce qu’ils avaient No Return dans leur roster. Et franchement, sur la période “Self Mutilation”, j’étais totalement fan de ce groupe.
Dans ma tête, un label qui bossait avec un groupe de ce niveau-là, c’était inaccessible pour des gars de la campagne comme nous. Je me disais qu’on allait se prendre un énorme stop ou même pas avoir de réponse. Et finalement Raph a été hyper accueillant, hyper réceptif, super humain dès le départ. À partir de là, on ne s’est plus jamais lâchés.
Le fait d’avoir une opportunité comme ça sur notre route, ça m’a complètement retourné le cerveau dans le bon sens. Ça m’a fait comprendre qu’au final rien n’était inaccessible si tu bosses sérieusement et que tu crois vraiment à ce que tu fais. Quelques années plus tard on avait tourné en Europe de l’Est, deux fois au Japon, sorti des albums à la pelle et joué avec des groupes énormes.
Donc oui aujourd’hui il y a largement plus qu’une relation label/groupe. Il y a une vraie histoire humaine derrière tout ça. Merci Raph si tu lis cette interview, parce que t’as clairement participé à changer notre parcours et une partie de notre vie musicale. Et ça on ne l’oubliera jamais.


Question qui n’a rien à voir, est-ce que t’es amoureux de moi ? Parce que dès que tu vois un bridé tu penses à moi ? As-tu été consulté pour ça ou pas ?

T’es mon idole mec. Y en a qui vivent pour Michael Jackson, d’autres pour Elvis, moi je vis pour Gros Barbare. Même compliment que pour Raph d’ailleurs : toi aussi t’as participé à rendre l’impossible possible pour plein de monde autour de toi, et je te remercierai jamais assez pour ça. Et papa Ours aussi évidemment.
Et puis faut quand même reconnaître que traîner avec Dave Suzuki c’est la classe absolue hein. Ça donne tout de suite un bonus de street credibility dans le milieu du gras.
Change jamais idole des hommes… des femmes… et probablement aussi des animaux. Je suis persuadé qu’un golden retriever qui te croise te respecte automatiquement.

Can of worms, deux guitares, DEATH FROM ABOVE deux guitares. Forcément pour accélérer comme vous le faites, il ne faut pas moins de deux guitares pour balancer la sauce mais t’as jamais pensé à recruter un vocaliste pour pouvoir te libérer à la guitare et faire plus de truc de dingue ? Je sais que t’es pas non plus hyper à l’aise à faire deux trucs en même temps du genre baiser de regarder un match de foot en buvant une bière, mais c’est une vraie question ? D’ailleurs au fur et à mesure des années ton guttural prend de plus en plus de grave, tu bosses dessus ou c’est juste le fait d’être papa qui t’a fait tomber le scrotum un peu plus bas ?


Pour avoir fait uniquement de la guitare ou uniquement du chant dans certains groupes, je pense sincèrement que mon équilibre est de faire les deux en même temps. Ça me stimule énormément sur scène, ça maintient une pression constante et ça participe au côté agressif du live. T’as moins de respiration, moins de temps mort, ça tabasse en continu et j’adore cette sensation.
Et puis il y a aussi le côté pratique hein. Quand tu tournes en Twingo avec le merch coincé entre les amplis et les packs de bière, chaque place compte. Les voitures quatre places c’est déjà un problème logistique aujourd’hui avec le prix de l’essence alors si en plus faut rajouter un growler qui transpire dans l’habitacle ça devient compliqué.
Franchement je ne suis pas sûr que je ferais beaucoup plus de trucs techniquement impressionnants en me concentrant uniquement sur la guitare. Notre équilibre actuel fonctionne parfaitement, autant humainement que musicalement.
Concernant le chant, ma période chez Scorn m’a énormément aidé. J’ai compris beaucoup de choses sur la respiration et le placement vocal. J’ai bossé certains aspects avec le temps sans forcément me prendre pour un coach vocal YouTube non plus. Mais oui, avec les années mon chant est devenu plus grave, plus massif, plus profond. Est-ce que c’est le travail, l’expérience ou le fait d’être devenu père avec le scrotum qui descend progressivement vers les chevilles ? La science n’a pas encore tranché.

Par rapport à Can of Worms, il semble que vous preniez nettement plus de temps pour écrire un album parce que quatre ans séparent « Altered Dimension » de ce chef d’oeuvre qu’est « Reckoning of the damned », alors qu’est-ce qui explique que DEATH FROM ABOVE prenne plus de temps à sortir un album que ne le faisait Can Of Worms ? Les aléas de la vie , l’âge avançant qui donne envie de mieux prendre en compte les choses et le temps de vivre et d’écrire mieux ?


On ne calcule pas vraiment les timings d’écriture ou les dates de sortie. On avance surtout selon nos envies et notre réalité de vie. Après le covid, on a surtout voulu redécouvrir “Altered Dimension” en répétition et en live. On avait enfin la possibilité de défendre correctement l’album sur scène et de profiter pleinement de ce qu’on avait créé.
On a aussi réussi à monter une belle trésorerie et à repartir au Japon en 2023, donc forcément ça prend du temps mais c’est du temps investi intelligemment. Quand un album fonctionne et nous rapporte un peu d’argent, mon premier réflexe c’est de réinvestir ça dans le groupe : une tournée, du merch, du matos, un meilleur son, de nouvelles opportunités. L’objectif n’a jamais été de vivre enfermés en studio pour sortir un album tous les ans comme à l’usine.
On veut surtout prendre du plaisir et faire les choses proprement. Et honnêtement, on ne s’est mis aucune pression pour sortir un successeur digne de “Altered Dimension”. On voulait un disque compact, violent, cohérent, sans gras inutile. Et au final “Reckoning of the Damned” est exactement devenu ce qu’on espérait : un putain de bloc dans la gueule.

On va parler un peu du Japon c’est une histoire d’amour ce pays pour vous, vous y avez joué plusieurs fois, et avec Can Of Worms et avec DEATH FROM ABOVE non ? Combien de fois vous y êtes allés ? (Putain au moment où j’écris cette question j’écoute Death Factor, bordel ça me rappelle Deicide et Vital Remains, ça bute ce titre mais sévèrement) Bref du coup comment vous expliquez ce lien avec le Japon, là aussi c’est une vraie question me parle pas des singes dans la mare avec la neige sur la tête je m’en branle...


J’ai réussi à entraîner tous mes potos de zik dans mes rêves de gamin. J’ai monté deux tournées au Japon : une avec Can of Worms et une avec Death from Above. Donc oui, ce pays est clairement devenu une énorme histoire d’amour pour nous. Au-delà du fantasme du gosse passionné de culture japonaise et de musique extrême, la scène là-bas est tout simplement incroyable.
Tu débarques dans des salles parfois minuscules et tu te prends des groupes complètement fous avec un niveau technique et une intensité inimaginables. L’underground japonais est d’une richesse monstrueuse. Les mecs vivent leur musique à fond, avec une implication et un respect hallucinants. Et puis il y a aussi toute l’organisation autour des concerts, le matos, l’accueil, le public… tout est fait avec sérieux et passion.
Mais au-delà de ça, ce qui nous a le plus marqué, c’est l’humain. On y a rencontré des gens qui sont devenus bien plus que de simples contacts musicaux. Certains sont devenus de vrais amis, presque une seconde famille à l’autre bout du monde. C’est aussi ça qui crée ce lien extrêmement fort avec le Japon.
Je souhaite sincèrement à tout le monde, peu importe son domaine, d’avoir la chance — ou les couilles — de vivre ses rêves un jour. Parce que dans la vraie vie, on nous explique souvent que ce genre de trucs n’arrive qu’aux autres. Nous, on l’a vécu deux fois… et j’espère bien qu’on remettra ça encore.


Je le disais quand on t’a eu au téléphone il me semble, mais nouvelle fois avec Remedy Art design, et c’est vrai que le style de votre pochette rappelle celle de Dan Seagrave sur « Souls to deny » par exemple, et là Remedy art design a fait de l’excellent taff. Le rapport à la mort est-il quelque chose d’inaliénable dans le death metal et dans votre musique particulièrement ? Parce que c’est ce que ça inspire, des trucs à l’ancienne quand les fragiles d’aujourd’hui parlent de sujets contemporains qui nous emmerdent vu qu’on le vit déjà tous les jours ?


Dans l’univers de Death from Above, on n’a jamais eu envie de faire de la musique pour revendiquer quoi que ce soit ou faire passer des messages cachés. On ne cherche pas à donner des leçons, ni à faire les sociologues de service. Notre terrain de jeu c’est le Death Metal et la science-fiction, point barre. Depuis tous les groupes dans lesquels j’ai joué, on a toujours gardé cette ligne de conduite : créer un univers, faire voyager les gens et les fracasser musicalement, pas leur faire la morale.
Concernant Remedy Art, c’est une collaboration qui dure depuis environ 2011 maintenant. À l’époque, je l’avais contacté complètement au culot parce qu’il bossait déjà avec des monstres comme Morbid Angel, Suffocation ou Devourment sur tout l’aspect visuel et merch. Pour moi c’était encore un truc inaccessible réservé aux grosses machines du milieu.
Et au final, comme avec Raph, une vraie relation humaine s’est créée au fil des années. On a évolué ensemble, nos réseaux se sont développés en parallèle, nos vies personnelles aussi. Aujourd’hui encore je suis en contact régulier avec lui, et au-delà du talent monstrueux du mec, c’est surtout un vrai pote et un énorme bosseur.
Pour les artworks, je lui laisse une liberté totale. Je lui balance les paroles, les concepts, l’ambiance générale et il digère tout ça à sa manière pour pondre sa propre interprétation. Et à chaque fois ça fonctionne parfaitement. Il comprend instinctivement ce qu’on veut transmettre sans qu’on ait besoin de lui faire un roman de cinquante pages.
Et forcément, dans le Death Metal, la mort, le chaos, la destruction ou le désespoir restent des thèmes centraux. Ça fait partie de l’ADN du style depuis le début. Mais chez nous, c’est toujours traité à travers la science-fiction, les univers dystopiques, les invasions, les mondes en ruine et les visions apocalyptiques. On préfère largement raconter la fin du monde avec des monstres interdimensionnels que disserter sur les problèmes du quotidien qu’on se tape déjà tous les jours en ouvrant les infos.


« Reckoning of the damned » mixé masterisé par Eric Dorleans du Notos pruductions, pourquoi vous détestez Julien à ce point ? C’est son bandana qui vous énerve ? Allez le dire à Cyco Miko… Plus sérieusement c’est vrai que la prod renifle grave les Etats Unis des années 90’s, énorme travail de ce côté là, c’est ce que vous vouliez ?


Quand on a enregistré “Altered Dimension”, on avait décidé collectivement de tout gérer de A à Z nous-mêmes, et c’est Julien qui s’était collé l’énorme chantier du mix et du mastering. Et honnêtement, on ne se rend pas forcément compte à quel point c’est un vrai métier avant d’essayer de le faire soi-même. C’est ultra complexe, ultra technique, et quand t’es autodidacte tu passes des centaines d’heures à galérer avant de comprendre certains trucs.
On assume totalement le résultat du premier album parce qu’il représente exactement l’époque et les moyens qu’on avait à ce moment-là. Et au final, ça nous a aussi énormément servi. Tout notre covid a quasiment tourné autour de ça : le son, le merch, le groupe, les projets… Raph nous a encore fait confiance. On a réussi à générer pas mal d’argent sans quasiment aucun coût de production.
Du coup, grâce à ça, on a pu investir intelligemment derrière : développer énormément de merch, financer la tournée au Japon, et surtout offrir à “Reckoning of the Damned” un vrai mix/mastering de qualité chez Notos avec mon pote Eric. Et clairement, le gap entre les deux albums est énorme au niveau du son. L’impact est beaucoup plus massif, beaucoup plus précis, tout en gardant ce côté organique et ultra agressif qu’on voulait absolument conserver.
Et oui, on voulait clairement retrouver cette sensation des productions américaines 90’s : un son brutal, vivant, naturel, qui sent la sueur et les amplis qui chauffent, pas un truc ultra clinique et stérile comme beaucoup de productions modernes. On voulait un album qui cogne vraiment.
Et puis soyons honnêtes : plus tu délègues certaines parties à des gens compétents, plus t’as de temps pour aller boire des bières avec les collègues sans finir par vouloir étrangler tout le monde en studio.

La science -fiction aaaaaaaaaah la science-fiction, Alien, Predator, Terminator, la science-fiction dans le cinéma, ces deux sujets sont des sujets de prédilection chez vous et ça date pas d’aujourd’hui. Ça vient d’où en fait cette fixation sur la science-fiction parce que les aliens qui viennent nous mettre une branlée c’est un truc qui vous a toujours attiré ? Non c’est vrai c’est un sujet de textes hyper présents chez vous. C’est le cas pour tous on tu fais ton dictateur et c’est toi qui dirige tout le temps le sujet sur lequel vous allez écrire ?


J’ai une liberté totale concernant les paroles, et vu que globalement tout le monde préfère faire des riffs plutôt que rédiger des textes, je me suis naturellement collé à cette partie-là. Et franchement, écrire des paroles c’est un vrai boulot de débile. C’est un peu comme faire des gosses : le plus simple c’est de les fabriquer, après faut les assumer et les élever correctement.
Chez Death from Above, chaque morceau est lié au précédent. Le deuxième album est la suite directe du premier avec exactement la même mécanique narrative. Pour les grosses têtes on appelle ça des “concept albums”, pour nous c’est surtout une escalade permanente dans la violence, le chaos et le désespoir… mais toujours avec un énorme plaisir derrière.
La science-fiction m’a toujours fasciné depuis gamin. Alien, Predator, Terminator, tout cet imaginaire-là m’a complètement nourri. Ce que j’aime dans la SF, c’est qu’elle permet de parler de destruction, de peur, de survie, d’humanité ou de folie sans tomber dans les trucs ultra terre-à-terre. Tu peux créer des univers gigantesques, des guerres interstellaires, des civilisations qui s’effondrent, des créatures monstrueuses… et tout devient quasiment sans limite.
Et puis honnêtement, voir des aliens venir mettre une branlée à l’humanité entière, ça reste quand même plus fun que d’écrire des textes sur la météo ou les embouteillages.
Pour le prochain album, je vais d’ailleurs bientôt me remettre sérieusement au boulot. Je veux encore étoffer l’univers, creuser plus profondément dans le désespoir total et pousser encore plus loin cette ambiance de fin du monde permanente qui colle parfaitement au groupe.

Bon enregistrer c’est bien mais j’ai vu que vous faisiez quelques concerts pour ne pas aller en ehpad trop vite, alors on vous voit où et quand sur cette première partie d’année ? Et aussi comment on fait pour vous soutenir et vous filer de la thune en achetant votre merch et albums par correspondance vu que tout le monde devient feignasse ?

On a bien tartiné les cinq premiers mois de l’année niveau concerts, histoire de prouver qu’on est pas encore totalement bons pour l’EHPAD même si certains matins deviennent compliqués après les balances et les bières de fin de soirée.
On va notamment se retrouver sur une prog avec le Circus de Capbreton, puis en septembre au Salem, et également sur nos terres bayonnaises au Magnéto. Et évidemment on reste ouverts à toutes les propositions possibles. Vous pouvez passer directement par moi, je gère toute la partie programmation du groupe donc ça va plus vite et ça évite les mails qui finissent dans les enfers d’internet.
Pour ceux qui veulent nous filer un vrai coup de pouce, le meilleur moyen reste clairement le merch et les albums. Notre Bandcamp tourne plutôt bien et chaque achat nous aide concrètement à faire avancer le groupe. Contrairement à beaucoup de projets, tout ce qu’on gagne repart quasiment directement dans Death from Above : tournées, pressages, matos, futurs enregistrements, merch, essence pour la Twingo nucléaire, etc.
On compte vraiment sur le soutien des gens parce qu’on a encore énormément de projets et surtout un prochain album qui devra remettre une énorme couche au-dessus de “Reckoning of the Damned”. Et ça demandera encore du temps, du boulot… et malheureusement pas mal de billets aussi.

Allez vu que le sérieux était le maître mot de cette entrevue je t’en remercie bien bas et je te laisse bien évidemment terminer l’interrogatoire comme bon te semble...


Mettez-vous sur la gueule bande d’enculés!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Merci encore ma poule pour l’invitation et pour le soutien depuis tout ce temps. La bise au chat.

Liens :

https://deathfromabovedeathmetal.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/deathfromabovedeathmetal

https://www.greatdanerecs.com/eshop/web/

https://www.facebook.com/GreatDaneRecords/

Arch Gros Barbare

09/05/2026