GROUPE: DEATH FROM ABOVE
TITRE ALBUM: Reckoning of the damned
LABEL: Great Dane Records
DATE DE SORTIE: 2025
Tout bien réfléchi, en fait, Can of Worms, qui était vraiment excellent et qui a duré quelques bonnes années et quelques bons albums, c’était une rampe de lancement de la violence et de la brutalité que l’on constate aujourd’hui chez DEATH FROM ABOVE. Et Manu ainsi que toute sa bande d’anciens thrasheurs ultra violents, en y ajoutant Antho des Red Dead, avait déjà mis le pied à l’étrier sur le premier album « Altered Dimension » pour laisser la parole libre à leurs intentions massives et à leur implacable férocité.
DEATH FROM ABOVE lâche dans la fosse à purin leur deuxième album « Reckoning of the damned », et il est raisonnable de dire que si l’on avait pris une belle branlée magistrale avec le premier, celui-ci pousse le bouchon un peu trop loin Maurice.
Il est plus violent, plus brutal, plus massif, mais aussi plus américain, plus groove dans sa sauvagerie et du coup DEATH FROM ABOVE signe un album de haute voltige dans le death brutal, et ce n’est pas pour rien que toute cette fine équipe est fan de Suffocation, Devourment, Deicide, Cannibal Corpse... parce que cet album est de ceux qui ne prendront pas la poussière sur vos étagères (déjà bien remplies d’albums sur lesquels vous n’êtes pas repassés parce que les réseaux vous avaient dit que c’était les meilleures sorties de l’année).
DEATH FROM ABOVE c’est comme ce petit coulis fondant que vous avez dans le moelleux au chocolat, il apporte la finesse dans la puissance « goûturrale » et nique sa race, c’est « ce petit trou de verdure où chante une rivière » au beau milieu du « chant » (de Manu) de bataille et les deux trous rouges ne sont pas sur le côté droit mais bel et bien dans votre fondement, parce que DEATH FROM ABOVE signe ici un album magistral de death brutal. Et si l’envie vous vient à respirer, c’est avec un sac plastique de supermarché que la musique des bayonnais viendra vous bâillonner.
Avec un visuel encore une fois signé Remedy Art Design (qui rappelle les plus belles pochettes de Dan Seagrave ou encore Giannis Nakos qui ont illustré les terribles Suffocation), DEATH FROM ABOVE propose son nouveau neuf titres qui tourne à peine sur un peu plus de trente huit minutes.
Les lardons sont allés plus loin partout, parce que le son d’Eric Dorleans respire les états-unis à plein nez et surtout l’époque bénie des 90’s, ce qui permet à l’album de posséder une aura suprême tout du long tandis que la voix de Manu se remplit de puissance avec une tessiture de démon. Notamment sur « God of terror », Glen Benton en rougirait de honte, alors que les riffs de fin de piste vont chercher le groove maléfique et démoniaque à pleine vitesse. Et c’est bien ici que DEATH FROM ABOVE réveille les morts.
Si l’entrée en matière avec « Apex predator » montrera définitivement (comme si l’on en doutait encore) l’attrait des membres du groupe pour la science fiction et les grand méchants aliens qui ont laissé leur acidité partout, c’est tout l’album , dans sa frénésie totale , qui vous entraîne dans un vortex brutal et ultra condensé, tandis que pourtant leur violence est en fait agréablement assimilée.
Ce second album est complètement au dessus du premier, il s’en dégage quelque chose de réellement et sincèrement mature et taillé pour l’international. La maîtrise de la vitesse mais aussi de la pesanteur sur « Abomination reborn » montre que DEATH FROM ABOVE aime le death brutal sous toutes ses coutures, pas uniquement pour son intensité, mais aussi par cette facette plus extrême mais pachydermique comme peuvent avoir les Dying Fetus. Et c’est ici aussi que le groupe regorge de bonnes idées, parce que même si sur ce titre le break où le lead guitare se fait quasi opus et adagio, DEATH FROM ABOVE n’oublie jamais de revenir aux fondamentaux.
La batterie ne s’arrête guère et mène la danse pour mieux y voir bouger les macchabées, et alors que les duos guitares s’affrontent sur les rythmiques d’une basse de sourd muet à en vibrer sur chaque mouvement, DEATH FROM ABOVE confirme son savoir faire depuis bientôt vingt ans pour ce qui est de tous ses acolytes. Et vingt ans de musique extrême, il est certain que la folie de ces garçons bouchers est indubitablement de qualité.
Vous irez de surprise en surprise pour constater que malgré sa brutalité, cet album est d’une légèreté palpable où les prises d’air comme sur « Death factor », vous permettent d’en apprécier chaque seconde, chaque accélération ou décélération pour mieux ressentir les moindre vibrations de leur brutal death typiquement pris dans la tradition ancestrale.
C’est bien cela dont il s’agit DEATH FROM ABOVE respecte les écrits saints et la recette magique pour offrir aujourd’hui un deuxième album extraordinaire de musicalité au beau milieu d’une rare intensité.
Alors oui, l’exemple type ne sera pas « Blood of the fallen » qui ressemble à un agréable moment de plaisir royal façon dilatateur urétral, mais soyez certains que vous y prendrez goût.
Trente huit minutes, la juste durée pour un album de cette pertinence, et si jamais vous en doutez, vous n’avez qu’à l’écouter, vous en serez alors persuadés.
Arch Gros Barbare
26/01/2026