MOONSKIN -Interview- 04/03/2020

Quelques années de préparation pour arriver à sortir un premier album formidable, touchant de musicalité dans un registre heavy/doom aux allures occultes, c’est ce qu’a réussi à faire MOONSKIN ce groupe de la région parisienne. Un premier album qui s’appelle « Farewell » et qui ne laisse pas de marbre pour qui est sensible à ce genre d’écriture musicale. Entrez et dansez sous ce clair de lune, voici MOONSKIN, interview...

Bonjour, je ne vais pas y aller par quatre chemins parce qu’à  un moment, tout se sait, et c’est valable pour tous les groupes de metal et même pour ceux qui ne sont pas dans le metal ; alors qui se cache derrière MOONSKIN et son occult heavy doom ? Car si pour certains membres, on n’a pas réussi à savoir d’où ils viennent musicalement, il est indéniable que deux membres d’entre vous sont issus de la scène plutôt extrême finalement, alors qu’en est-il ?

Et chose particulièrement singulière, pour les groupes de cette dernière décennie qui mettent la charrue avant les bœufs, comment expliquez-vous qu’autant de temps ce soit déroulé avant que vous ne sortiez quelque chose de palpable, comme ce premier album qui est tout simplement divin ?

Rachid : Hello, je suis Rachid alias Teepee, et je suis le batteur et fondateur du groupe. Vers la fin de l’été 2013 j’ai ressenti le besoin de monter un projet de Doom car j’ai toujours adoré ce style et ses différentes variantes, je voulais vraiment revenir aux racines du Heavy Metal après des années de Thrash, Death et Prog, le but étant d’inclure une bonne dose d’influences personnelles allant de Black Sabbath, Pink Floyd, Candlemass, Maiden, Saint Vitus, Celtic Frost, Paradise Lost, Primordial, … et bien d’autres encore. A la base j’ai recherché des camarades de jeu dans mon entourage musical, à savoir des personnes avec lesquelles j’avais déjà joué en groupe, ou bien partagé l’affiche. Ayant déjà pas mal de riffs et des idées assez précises de ce que je voulais, dont le nom du groupe (hommage à Samael), j’ai eu un premier line-up vers novembre 2013. Mais cela est resté à l’état de concept pour la majeure partie de l’année 2014 du fait de nos implications dans d’autres groupes ayant une actualité plus soutenue. Et au bout du compte les différents membres ont fini par m’avouer qu’ils ne pouvaient pas s’investir dans Moonskin même si les compos et l’ambiance leur plaisait. De ce line-up, il n’y a qu’Arnaud (basse) qui est resté. Heureusement, au fil de l’eau nous avons été rejoints par Sami (Guitare Lead), Cyril (Guitare Rythmique) et enfin Delora au chant. Ce qui nous amène à Juin 2015 déjà. Par la suite nous avons peaufiné les compos, chaque nouveau membre ayant apporté ses influences et sensibilités propres, nous avons donc travaillé les aspects scéniques et musicaux de Moonskin et lorsque ces éléments furent portés à maturité, nous avons enfin enregistré le premier album. Nous voulions vraiment prendre le temps de faire les choses comme il faut.

Delora : Alors en ce qui me concerne, il semblerait que tu aies entendu parler de mon autre groupe, qui officie effectivement dans un milieu un peu plus extrême. Donc moi c’est Delora, je suis chanteuse de metal depuis plusieurs années maintenant et j’ai rejoint Moonskin en 2015, 2 ans après la formation du groupe.

Je pense que si nous avons mis autant de temps à sortir ce premier album, c’est déjà parce que Moonskin a mis deux ans avant d’avoir un line up stable. Et aussi parce que nous avons eu besoin de faire prendre de la maturité aux morceaux. Sans parler du fait, que nous avons commencé par faire plusieurs concerts avant d’envisager d’enregistrer.

Arnaud : J'ai longtemps joué en dilettante dans un groupe de reprises Heavy qui s'appelait Modus Operandi avec des potes de bahut, sinon j'ai fait un album avec Opiium en 2012, du Rock français à grosses guitares… Mais rien de très “Metôôôl” avant de rejoindre Moonskin à ses prémices. Et parallèlement je joue avec Echoes and More, un tribute Pink Floyd. La raison du temps qui s'est écoulé entre la création du groupe et la sortie de l'album : en premier lieu, le line-up a eu du mal à se stabiliser avant 2015. Et puis on a choisi de prendre le temps tout simplement en, prenant compte les emplois du temps de chacun.

Sami : Pour ma part j’ai toujours oscillé entre thrash/heavy metal puis le rock 70’s. J’ai d’ailleurs joué en 2005 avec un groupe de reprises de deep purple, Jimi Hendrix etc. depuis 2007 j’ai essentiellement joué dans des groupes thrash voir death, notamment Kortex avec qui nous sorti un EP. J’ai été contacté par Tepee pour jouer dans le groupe en remplacement de Chee Salis et je me suis dis que c'était une bonne opportunité de jouer un style qui allie métal et vieux rock. L’album a mis beaucoup de temps à être cuisiné, on a même viré des titres entiers parce qu'ils ne collent pas avec le style. Plus bien sûr le fait que nous répétons une semaine sur deux qui n’aide pas vraiment.

MOONSKIN se présente donc comme un groupe ayant des sonorités occult heavy doom, et dans l’absolu c’est vrai, pour une fois qu’on tape dans la bonne description, car souvent les « for the fans of…. » ça n’a rien à voir avec le contenu, ici on sent bien de toutes façons votre facette doom. Mais elle est agrémentée de plusieurs autres influences, et chacun peut y retrouver en fonction de ses écoutes du Candlemass, du Black Sabbath, du Pink Floyd, du The Gathering. Alors combien de temps vous a-t-il fallu , non pas pour trouver votre voie, mais pour répéter, jouer sur scène sans doute, car il me semble que vous avez fait quelques concerts auparavant,  et enfin pour écrire ce premier album afin qu’il soit véritablement satisfaisant pour vous et présentable pour les autres ? Car on sent bien que c’est riche, fouillé, travaillé et que rien n’a été mis de côté ou en roue de secours, il n’y a sans doute pas de déchets, même si tout le monde ne peut pas être d’accord avec tous les morceaux, notamment « Queen of misery » qui peut surprendre par son côté atypique sur l’album…

Rachid : Alors comme dit précédemment, d’un côté j’avais déjà pas mal préparé le canevas sur lequel allait être crée Moonskin, et les autres membres (précédents ou actuels) ont su apporter des ingrédients qui ont permis de transformer une simple idée en un véritable groupe. Cela nous a pris plusieurs mois pour mettre en place les morceaux, les arranger puis sont arrivés les premiers concerts en 2016, et là encore le groupe a évolué d’avantage et nous avons revu notre copie sur pas mal d’aspects. Nous avons également pu nous rapprocher de la scène Doom, ce qui nous a beaucoup enchantés de par l’accueil et le soutien de la scène. Et puis la fierté de partager l’affiche avec des valeurs sûres telles que Goatess, Hangman’s Chair, Cauchemar, Barabbas, Conviction, Lying Figures, Doomforge… Nous avons également joué aux Metaldays en Slovénie (superbe Festival) événement qui a encore fait évoluer le groupe et passer un nouveau cap. 

Pour en revenir à l’album, nous avons vraiment travaillé chaque morceau en détail, éliminé les morceaux qui n’allaient pas forcément avec l’atmosphère voulue, et effectivement  « Queen of misery » a failli en faire partie, mais son côté rock n’ roll nous paraissait intéressant pour varier la dynamique de l’album et offrir une facette plus directe. 

Delora : Combien de temps ; c’est difficile à dire. Après clairement la tête pensante de ce projet c’est incontestablement Teepee. C’est lui qui savait dans quelle direction orienter Moonskin. Et qui avait d’ailleurs, déjà la base des morceaux, en tête. En partant de là, chacun a apporté sa patte aux titres et a ajouté ses influences. Il est vrai que Queen of Misery détonne un peu par rapport aux autres morceaux, ce titre est bien plus catchy que les autres, également bien plus court. Mais, personnellement je trouve ça intéressant d’ajouter une petite touche agressive à l’album.

Arnaud: La direction musicale du groupe était bien définie dès le départ, Rachid savait exactement où il voulait aller, il avait pas mal de compos qu’on retrouve sur l’album sous le coude donc pas de divagations possibles, on s’est posés sur ces bases solides en apportant chacun nos arrangement et nos idées, en gardant certaines et en rejetant d’autres. 

Sami : Les titres ont été construits au fur et à mesure des répétitions et concerts en rajoutant des petites touches à gauche et à droite même si la ligne directrice était déjà là. Pour ma part j’ai apporté toute les parties solos et mélodies que je prends le temps de composer et travailler. J’ai aussi apporté les bases du titre “Final Journey” qui a été réarrangé pour coller au style du groupe.

Après, vous avez aussi bossé avec Frédéric Gervais de Orakle groupe de black respecté,  du studio Henosis (In the woods quand même) et également Frédéric Patte-Brasseur (Ataraxie/Stabwound), ce qui laisse percevoir une envie de travailler avec des gens qui justement évoluent dans une musique assez sombre qu’elle soit black ou funeral doom. Est-ce que c’était important pour vous d’avoir à vos côtés des personnes qui ont ce même ressenti musical , plus que des personnes qui auraient pu vous donner un  énorme son, mais qui n’auraient pas forcément le même état d’esprit et la même vision de ce que peut être ce qui est doom ? Car en France ce n’est pas mince affaire de trouver de bons groupes de doom d’ailleurs…

Rachid : Nous avons fait appel aux deux Freds pour des raisons simples, ce sont des personnes talentueuses, efficaces et accessibles. Frédéric Gervais a été choisi pour produire le disque car j’avais foi en son expertise, j’ai partagé la scène avec Orakle, je connaissais son sérieux, c’est un activiste de l’underground, cela reste très important pour moi. Ajoutant à cela ces dernières productions qui sont vraiment exceptionnelles (je le classe parmi les meilleurs dans le style tout simplement). Et oui le dernier In The Woods fut le dernier élément à conforter notre décision

Frédéric Patte-Brasseur nous a aidés sur l’aspect enregistrement des guitares et basse, son aide précieuse nous a guidés pour sublimer nos parties, il a également su coacher le groupe par sa science du riff lourd et prêché la bonne parole de Saint Iommi. Nous jouons ensemble dans Conviction, cela a fortement aidé !

Delora : Personnellement, je classe Frédéric Gervais dans les « personnes qui pouvaient nous donner un énorme son ». J’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs de ses travaux et j’ai tout de suite été séduite par ce qu’il apportait au mix des groupes. Concernant Frédéric Patte-Brasseur, je sais qu’il était également très bien placé pour nous apporter ce que l’on souhaitait. Ces deux Fred ont une conception du Doom qui nous convient parfaitement. Pour le chant, j’ai travaillé avec Frédéric Gervais, qui a une oreille vraiment incroyable. Et parmi tous les cd que j’ai pu enregistrer jusqu’à maintenant, mon expérience studio avec Mister Gervais reste la meilleure de toutes. Et j’espère sincèrement pouvoir travailler à nouveau avec lui !  

Petit aparté, on voit quand même qu’il y a de belles fusions et que Rachid n’est pas confiné dans le death metal car au-delà de MOONSKIN et CORROSIVE ELEMENTS il officie d’ailleurs au sein de CONVICTION avec justement Frédéric Patte-Brasseur (Ataraxie) ainsi qu’Olivier Verron (Temple of Baal/Unnamed season), on sent donc l’ouverture musicale au sens le plus large du terme, est-ce que c’est une force pour composer de la musique selon vous, cette ouverture  d’esprit tous azimuts  ?

Arnaud : Comme en toute chose, je pense que l’ouverture est primordiale. Je suis pas trop fan de metal extrême, le black metal c’est pas tellement mon truc, je suis le vieux du groupe lol  Au-delà du Death Old school j’avoue ne pas me sentir tellement concerné. Mais l’apport d'éléments venus de cette scène s’avère plutôt convaincant dans la mesure où ils trouvent naturellement leur place dans notre musique.

Delora : L’ouverture d’esprit est je pense une force indéniable pour un groupe. Elle permet de rendre l’univers du groupe plus varié. D’éviter aux gens de nous mettre une étiquette trop facilement, genre : « Eux ? Ah ben ils font du sous Krux ou du sous Solitude Aeternus. » Ils peuvent effectivement entendre les nuances de ces groupes-là, mais il y en a tellement d’autres, provenant aussi de différents genres de metal, ou de rock, que l’on peut difficilement catégoriser ce que nous jouons. Une patte heavy, avec Dio, Iron Maiden, une patte rock psyché avec Pink Floyd, et une patte doom avec Candlemass, Solitude Aeternus et bien d’autres. C’est plus intéressant de ne pas se fermer de portes. Et de pouvoir jouer une musique hybride.

Rachid : cela va bientôt faire 25 ans que je fais de la musique, et dès le début j’ai compris que pour évoluer et s’enrichir, il fallait jouer avec un maximum de personnes différentes et savoir varier son style et son vocabulaire. Je crois vraiment que l’ouverture musicale est une force qui permet d’envisager les choses à travers des prismes différents, prendre du recul, changer ses habitudes et apporter de la fraîcheur.

Sami : ca me fait doucement sourire ce monde du métal hyper conformiste et compartimenté où le fait d’écouter du thrash et du heavy est signe d’ouverture alors que c’est fondamentalement la même chose. Pour ma part final journey est plutôt inspiré de musiques orientales et les différents solos de l’album sont plutôt inspirés blues et vieux rock comme Birth qui, à ce qu’il parait, s’inspire beaucoup de pink floyd.

Il n’est pas à oublier le travail vocal phénoménal de Delora, bien évidemment qui sublime littéralement les compositions de MOONSKIN, justement comme avait su le faire Anneke dans « Mandylion » de The Gathering. On retrouve dans sa tessiture cette puissance qu’elle avait, ces variations jusque dans la singularité, comme Asphodel a su le faire dans Pin-up Went Down, notamment sur le titre   « Queen of misery ». Alors là aussi combien d’heures de travail, de choix de lignes vocales pour coller au mieux à la musique de MOONSKIN ? Est-ce que tu as toute latitude pour composer tes propres variations vocales ou bien c’est comme pour certains riffs ou passages de guitares, certaines choses ont été refaites collégialement ?

Delora : Tout d’abord merci de tout cœur pour ce commentaire, ça fait grandement plaisir ! Et ça me touche énormément d’être comparée à d’aussi grandes chanteuses car Anneke et Asphodel ont des voix réellement exceptionnelles ! Je suis d’ailleurs absolument fan de ce qu’elles font. Concernant les heures de compositions des lignes de chants, du moins pour Queen of Misery, elles ne sont pas si nombreuses. Les compos de mes musiciens dans Moonskin ont l’avantage de m’inspirer beaucoup de choses et très rapidement. En général, je trouve très facilement ce que je dois chanter, et Queen est celle qui m’a prise le moins de temps niveau travail de ligne de chant. D’autant plus que c’est le morceau le plus court de notre album comme précisé plus haut. J’ai tout de suite pressenti que sur l’intro, je voulais une sorte de murmure torturé qui prendrait de l’ampleur, en mode Genitorturers ou encore Otep et In this moment. Que sur les refrains bien catchy, je voulais du chant saturé etc.

Arnaud : L’arrivée d’un chant féminin en la personne de Delora a donné une direction à laquelle on ne s’attendait pas et qui nous a séduits d’emblée. Car à la base on avait un chanteur et quand il a quitté le groupe on recherchait… un chanteur lol 

Delora s’est présentée, a auditionné, et le choix s’est imposé de lui-même.

Rachid : au départ j’avais en tête une voix masculine pour Moonskin, une voix claire et puissante entre Bruce Dickinson et Mats Leven ou bien Robert Lowe. Lorsque Delora m’a contacté pour auditionner pour Moonskin, j’étais d’abbord surpris puis perplexe. Pas de méprise, je la connaissais déjà et avait eu un apperçu de son talent avec Lurking, mais je n’avais pas imaginé SA voix dans Moonskin. A l’audition, elle nous a prouvé que c’était elle la voix de Moonskin, il n’y avait aucun doute là-dessus.

Et ce chant guttural d’où vient-il ? A-t-il été d’ailleurs sujet à polémique quant au fait de l’insérer dans certaines parties de l’album notamment « Suffer » et surtout « Queen of misery », car on ne l’attendait finalement pas ? Lurking était-il aussi agressif dans le chant ?

Delora : Mes musiciens me connaissaient dans Lurking et savaient que je pratiquais le guttural. Ils ne voyaient pas d’inconvénients à ce que j’utilise quelques petites notes saturées dans nos morceaux. D’autant plus, qu’il me semble que mon prédécesseur dans Moonskin growlait également. Lurking est de base, beaucoup plus agressif que Moonskin. C’est du thrash death mélodique. De ce fait, j’ai beaucoup plus de chant saturé dans Lurking… Dans Moonskin, ma voix claire est beaucoup plus mise en valeur, mais personnellement, j’adore la dualité et le contraste qu’il y a entre les voix claires et les voix gutturales, je trouve que ça apporte vraiment un plus et ça rend les parties chants moins linéaires. C’était donc important pour moi de pouvoir faire les deux dans Moonskin.

Rachid : à la base je voulais m’éloigner du Metal Extreme, Mais j’ai révisé ce choix car au final je trouve que cela s’intègre bien dans notre désir d’offrir une palette d’atmosphères et de textures variés mais dynamiques. Le chant guttural de Delora est puissant et riche, il colle parfaitement avec notre style, alors pourquoi s’en priver ?

Lorsque l’on écoute la qualité des compositions, la qualité de la production, et cet artwork Anaïs Mulgrew (Saor, Tales of Blood, Celtachor…), on sent bien d’ailleurs que vous avez aussi maîtrisé le foklore et le concept musical en étant jusqu’au boutiste.

Alors en premier lieu, quel est le concept qui se cache derrière MOONSKIN, et ce « farewell » ?

Et en second lieu, car tout ne peut pas être perçu comme parfait, vu que la perfection n’existe pas, s’il est un point noir qui peut sembler anodin pour vous ou pour certains, il ne l’est peut-être pas pour l’auditeur.

j’en viens à parler du digipack lui-même. Après tant d’efforts et d’investissement qu’il soit financier ou simplement humain, ne pensez-vous pas que peut-être cette version digipack aurait pu être plus complète avec quelque chose de plus consistant ? Je veux parler du fait qu’il n’y ait qu’un seul pan, que le booklet aurait pu être plus somptueux avec les paroles mieux contenues en son intérieur, plus épais… Bien sûr que c’est subjectif, mais au vu de la qualité de l’album, on a peut-être la sensation manque un tout petit peu de couture. Qu’en pensez-vous ? Après vous pouvez dire que non pas du tout, et que je vomis du guano….

Arnaud : Tu vomis du guano !! lol  Non dans l’absolu, tu as raison. Et les raisons sont bassement économiques. 

Rachid : nous avons souhaité créer autour de la musique de Moonskin, un univers particulier, où l’ésotérisme et l’occulte côtoient les émotions telles que la mélancolie, la tristesse, la colère, la nostalgie, le regret, la recherche de soi, et le regard dans son propre côté sombre… Nous avons choisi la talentueuse Anaïs Mulgrew pour créer cette magnifique pochette qui colle parfaitement à l’univers de Moonskin, elle a su retranscrire nos idées et transcender nos attentes. J’avais vu ses précédentes créations et c’était excellent, je trouve que son travail est juste magique.

Bien entendu nous aurions aimé faire un objet plus prestigieux, mais il était difficile pour notre modeste label de faire mieux, surtout pour un premier album. Personnellement je le trouve très bien.

Delora : Concernant le concept, disons que Farewell est un voyage initiatique à travers les rêves et les cauchemars que nous offre notre subconscient. Pour ma part, j'ai déjà réfléchi au concept de notre 2eme album et j'ai vraiment hâte d'attaquer les textes, car le sujet m'inspire beaucoup. Nous avons d'ailleurs déjà commencé à composer plusieurs nouveaux morceaux! 

Pour ce qui est du digipack, malheureusement ce choix n'a été fait que pour une raison financière. L'enregistrement studio + le clip + l'artwork + la confection des tshirts + les répètes sont déjà à eux seuls un coût considérable. À notre grand regret nous n'avons donc pas pu mettre plus d’argent dans l'objet en lui-même…

MusikÖ_Eye reste un label relativement à part, puisque peut-être magazine avant tout, mais bien professionnel en tous les cas, il faut alors je suppose y avoir quelques atomes crochus pour être sous son effigie. Mais est-ce que c’est une co-prod, avec Greyvestorm productions, qui est une asso je suppose et qui avait sorti l’album de CORROSIVE ELEMENTS ? 

En revanche, est-ce que vous vous êtes penchés sur une sortie vinyle, car d’une part, l’album le mériterait, et d’autre part, j’ai vu que Volker en avait sorti sur leur album signé sous MusikÖ_Eye? Est-ce donc une possibilité future ?

Delora : Moi, j'aimerais vraiment beaucoup que l'on fasse des vinyles, j'adorerais même. Mais encore une fois, tout ça coûte cher, et en plus, on ne peut malheureusement pas dire que l'industrie du disque de base se porte bien. Alors les vinyles…

Arnaud : Alors là, en tant  que Vinyle adict,, ce serait un kiff ultime… Après,ça a un coût relativement important, surtout si on veut un pressage de qualité.  Mais le vinyle a le vent en poupe en ce moment, et clairement il y aurait potentiellement pas mal de personnes interessées. Rhhaaa tu m’as donné envie !! lol On laisse la porte ouverte, j’y crois du coup ! ^^

Concernant MusikÔ_Eye, ils ont vraiment été aux petits soins avec nous, et ont toujours témoigné beaucoup d’intérêt et de confiance en ce nous faisons.  Il y a dans ce label un côté Famille/Clan qui fait qu’on s’y sent bien et considérés.

Rachid : MusikÔ_Eye est une asso très active sur plusieurs fronts, et je suis fier d’en faire partie, c’est un mode de fonctionnement Old School basé sur la confiance et la passion, c’était le partenaire idéal pour la sortie de « Farewell ». Quant à Greyvestorm Productions, il s’agit de l’asso que nous avions monté pour la sortie de Corrosive Elements et qui reste indépendante de MusikÖ_Eye bien qu’elle soit en support sur bien des projets. En clair, c’est une histoire de famille ;)

Nous aimerions faire une sortie vinyle, mais pour un premier album, c’était un risque financier pour le label, mais si nous sentons que cela intéresse pas mal de monde, peut-être qu’un tirage modeste serait envisageable ultérieurement. Wait & see…

Sami : Je passe la première question, je laisse Rach gérer ça :D. Pour le vinyle c’est trop risqué je pense et je ne suis pas sur que celà se vende. Il ne faut se leurrer nous sommes sur un style “de niche” qui n’attire pas un public assez large pour nous permettre des fantaisies.


On va parler un peu de votre vidéo, parce que si MOONSKIN a mis autant de temps à sortir son premier album, c’était aussi pour mettre les petits plats dans les grands.

Clip réalisé par Sammy Debaggi de  Kuro Productions. Est-ce que l’exercice vous a plu, parce que bien souvent des groupes se frottent à l’exercice et le résultat n’est pas forcément à la hauteur des espérances ?

Donc tout d’abord vos impressions quant à la réalisation, pas forcément sur la qualité du travail du réalisateur, mais sur votre propre performance ? Les prises de vue ont-elles été légions ? Avez-vous recommencé maintes fois ? Est-ce que faire un jeu d’acteur qui peut sembler facile comme ça de prime abord, s’avère quelque part plus complexe qu’on pourrait le croire car jouer la comédie est également un art difficile ?

En plus vous avez choisi le titre le plus long de l’album, ce qui n’est pas chose facile non ? Après c’était peut-être plus facile pour les musiciens que pour Delora ? Combien d’heures de travail ?

Delora : L'exercice m'a beaucoup plu en effet!!  Et je pense pouvoir dire au nom de Moonskin que le résultat a même dépassé nos espérances. Nous sommes très fiers de notre clip et du travail effectué par Sammy et Cédric ! 

Sinon c'était pour moi un challenge car c'était la première fois que je me retrouvais au centre de l'histoire d'un clip. C'était à la fois très intéressant et je l'admets, fatiguant. Mais comme nous étions entourés d'un duo très pro et fort sympathique, ça aidait beaucoup. En ce qui concerne le nombre de prises de vues, elles n'ont pas été légions je pense, car nous avions réussi à faire ce que l'on voulait assez rapidement. Donc nous n'avons pas eu besoin de recommencer tant que ça. Mais nous avons fait plusieurs prises différentes, à différents endroits et ça, c'était long! 

Sinon, en effet, jouer la comédie ça peut paraître simple aux premiers coups d'œil, mais ce n'est pas si facile. Être acteur est un vrai métier, ce n'est pas pour rien que ça s'apprend. SAMMY m'a bien aiguillée et m'a conseillée de façon à ce que je ne sois pas trop perdue. Et en plus du script, le storyboard que nous avait confectionné ma pote Julia, m'a beaucoup aidé également. Après avec le recul, je pense qu'il y a des choses que j'aurai pu améliorer ou faire différemment parmi mes scènes. Je ne sais pas ce qu'il en est pour mes musiciens, mais les scènes où j'apparais avec mon micro, étaient d'après moi les plus faciles, car non seulement j'avais mon masque, mais en plus, je n'avais qu'à reproduire ce que je fais sur scène. Donc easy. Pour les heures, je n'ai pas comptabilisé, mais on a scindé le clip en deux. La 1ere partie pour filmer en mode concert, réalisée dans l'excellente salle du Barde Atomique. Et la seconde partie pour tout ce qui attrait à l'histoire. Filmée chez notre bassiste et dans les bois près de chez lui.

Rachid : Effectivement, nous n’avons pas chômé avant de faire l’album, nous avons commencé à préparer et tourner le clip plus d’un an avant la sortie de l’album. Entre l’écriture du script, le story board, le tournage des différentes parties, le montage etc… c’était un travail monstrueux et lorsque je vois le résultat j’en suis très fier. Sammy et Cédric de KURO Productions ont fait un travail remarquable, et c’était ultra fun de bout en bout, beaucoup de bons souvenirs. Je salue également la performance de Delora qui a du s’improviser actrice pour les besoins du scénario, et qui s’en est bien sortie!

Arnaud : Ce clip c’est un tour de force ! Sammy et Cédric ont vraiment fait un taff de dingue. 2 jours seulement de tournage, une journée pour le prise de vue “Groupe en train jouer” et un autre pour tout ce qui concerne la partie fiction où là Delora s’est découvert des talents de comédienne ^^ 

La durée du titre c'était un peu le challenge qui a plu à Sammy. Parce que faut bien le dire, au-delà des 10 minutes ça relève davantage du court métrage que du simple clip. 

Et ces guests alors, parce qu’il y en a quelques-uns ? Déjà Cedric Alles du groupe Heavyction qui joue claviers et samples, mais aussi qui a participé à la production du clip avec Sammy Debaggi si je ne dis pas de bêtise ?

Mais surtout tous des musiciens additionnels comme Amine Andalous, aussi dans Heavyction, Frédéric Gervais d’Orakle ou même Frédéric Patte-Brasseur d’Ataraxie/Stabwound se sont-ils proposé de rajouter leur patte ou c’est vous même qui leur avez demandé d’y participer ? 

Est-ce que c’est dans des moments comme cela qu’on se dit que c’est « la musique pour la musique » ?

Rachid : Ah les guests, pour nous c’était évident d’inviter toutes ces personnes la base de la musique c’est l’échange. Fred Gervais a proposé pas mal d’arrangements et s’est impliqué dans le projet comme s’il était le sixième membre de Moonskin. Tu nous aurait vus en train de tester des accords différents ou bien choisir certains sons de claviers !

Moi : « t’as pas des synthés symphoniques genre Emperor ou Arcturus ? » 

Lui : « J’ai EXACTEMENT le synthé qu’ils ont utilisé dans les 90’s, bouges pas je le branche » !

Fred Patte-Brasseur a été un coach et par moment il nous a même proposé des arrangements sur les guitares et la basse, quand un Riff Master parle, on écoute tout simplement !

Amine Andalous est un ami qui officie dans Heavyction et son projet solo Deathronic, et c’est par rapport à  son travail sur ce dernier que j’ai fait appel à lui pour composer des parties de piano et claviers pour le morceau « Dead Cursed Lands », les influences Paradise Lost / Emperor / Amorphis viennent de là !

Cédric Allés de Heavyction, a été guitariste dans Moonskin au tout début, il nous a beaucoup aidés par la suite au niveau des pré-productions et nous avons beaucoup travaillé avec lui sur les claviers, il a contribué aux arrangements et fait partie de l’équipe KURO Productions qui a réalisé le clip de « Dead Cursed Lands ». Un membre de la famille quoi ;)

Arnaud : Exactement, je suis convaincu que la réussite d’un projet quel qu’il soit est la résultante de la motivation de celui qui porte le projet et de la somme des bonnes volontés désintéressées qui viennent s’y greffer. Ce fut le cas pour Moonskin que ce soit au niveau des feat. sur l’album ou au niveau du clip ou du label

Delora : Nous leur avons demandé et ils ont eu la gentillesse d'accepter ^^ Encore merci à eux !

Bon, on va faire simple pour la fin, on vous voit où et quand, et on commande comment et combien ?

Rachid : Déjà je voudrais te remercier pour ta fidélité à l’underground, et pour le temps que tu nous a accordé !

Le groupe cherche toujours des dates, prochain concert ce sera à Paris, au cirque électrique  en compagnie de nos acolytes de Conviction, les Lyonnais de Occult Hand Order ainsi que les copains de Clegane. Du Doom à gogo !

Pour la suite on attend des confirmations et on en profite pour les quelques orgas qui lisent cette interview, ON VEUT JOUER PARTOUT n’hésitez plus !

Pour commander l’album, la priorité reste notre page Bandcamp :

https://moonskin.bandcamp.com/releases/

Sinon c’est dispo sur le site de notre Label :

http://musiko-eye.fr/moonskin.html

Ou sur Season of Mist :

https://shop.season-of-mist.com/fr/moonskin-farewell-cd



L’album est disponible sur les différentes plateformes numériques: 

http://www.deezer.com/artist/13741921

https://music.apple.com/us/album/farewell/1487786431

https://open.spotify.com/artist/4KEZJfyBhLwDrmR2chCGhq?si=WXLluMsgS_u9MsMW-4CR3A 

https://m.youtube.com/channel/UCZy_9mzLNtUh-HpsTL1BpxA#menu 

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Arch Gros barbare

12/03/2020