Aujourd’hui, j’ai écouté un peu de RAGE, j’avais envie de vous en parler…
Ma première véritable rencontre avec RAGE, c’était en 1990 avec leur troisième album « Reflections of a shadow » , Peter « Peavy » Wagner était connu par sa « grandeur ». J’avais un peu remonté le temps jusqu’à « Reign of fear », sorti quatre ans plus tôt et « Execution guaranteed » datant de l’année d’après et déjà nettement plus speed que heavy.
Mais en soi ce « Reflections of a shadow », n’avait pas percé quoi que ce soit à sa sortie (pourtant en écoutant en 2026, ça pète vraiment bien). Alors je n’ai pas vraiment suivi le groupe, ratant ainsi leur début d’évolution, plus heavy et épique surtout. Mutation qui avait commencé avec « Trapped » (qui est un album terrible en fait) , puis évolué avec « The missing link » et trouvant véritablement sa voie principale avec « Black in Mind » qui fut évidemment un album charnière, en tous les cas pour moi. Un album charnière parce que la musique de RAGE était inspirée bien que toujours rapide, mais on sentait bien cette volonté d’être réellement mélodique dans l’âme. Celui-là aussi je ne l’ai écouté que plus tard. Parce qu’en fait c’est vraiment en 1996 que j’ai sincèrement beaucoup aimé RAGE.
Alors attention il faut y mettre un « bémol », parce que RAGE fait partie des groupes dont on connaît le nom sans jamais avoir écouté toute la discographie, mais dont on connaît un ou deux albums par coeur parce qu’il était excellent, tandis que le reste est un peu quelconque et passe inaperçu. Et parfois un album sur cinq ou six , on retrouve cette réelle patte accrocheuse qui nous dit « ah ouais ça c’est bon » et puis le soufflet redescend. On peut comparer ce genre de carrière à celle de Annihilator, pas que ce soit mauvais, mais bien souvent pas vraiment inspiré et ça passe partout, mais en fait nulle part et on ne s’en souvient pas. Des groupes qui ne sont certainement pas de mauvaise qualité bien au contraire, mais dont la carrière vous est passée devant les yeux, sans jamais que vous ne vous y soyez arrêtés véritablement dessus. Et pourtant le nom est bien connu, mais personne dans votre entourage ne pourra vous citer quoi que ce soit hormis un ou deux albums qui sortent largement du lot de manière historique.
Et donc tout ça pour dire que j’ai réellement accroché à RAGE avec le « Lingua mortis » , un album d’une rare beauté en 1996, parce que jouer avec l’orchestre symphonique de Prague, c’était impressionnant. Et jouer avec un orchestre sympho en 1996, il n’y avait pas vraiment grand monde qui s’amusait à faire cela. Hormis Therion qui sortait « Theli » quatre mois plus tard, niveau sympho, sauf si on était vraiment plongé dans la musique plus underground, ce n’était pas monnaie courante cette année là.
Rajoutons une pochette en vitrail très religieuse, RAGE gagnait ses lettres de noblesse avec cet album qui n’était pas vraiment un album, puisque les titres de « Black in mind » étaient réenregistrés pour être ré-orchestrés par le groupe allemand avec ce fameux orchestre symphonique.
Mais à l’époque , franchement pour qui s’en souvient, ils étaient pionniers en la matière.
Et le résultat était époustouflant de beauté.
Parce que même si l’on ne connaît pas la longue discographie du groupe, cet album est indispensable par son originalité replacée dans son contexte et l’orchestre symphonique, est réellement utilisé comme un atout à part entière et non comme une plus value qui accompagne les chansons du groupe.
A partir de là, l’oreille était attentive sur les sorties de RAGE. Pourtant « End of all days » n’a pas forcément eu l’effet escompté, en tous les cas pour moi. Le groupe revenait à du heavy mélodique un peu speed, mais trop tard, j’avais goûté à l’aspect symphonique. Et puis sortir un vrai album la même année, il ne faut pas aller trop vite, car sinon tout devient insipide. De plus en 1996 je rappelle quand même que sont sortis « The jester race » de In Flames, « None so vile » de Cryptopsy, « October rust » de Type o negative , « Nemesis divina » de Satyricon, « Morningrise » de Opeth, « Dusk and her embrace » de Cradle of Filth, « Elegy » de Amorphis , « Irreligious » de Moonspell, « The politics of ecstasy » de Nevermore, « Holy land » de Angra, « Stormblast » de Dimmu Borgir, « Passage » de Samael, « Here in after » de Immolation , « Far away from the sun » de Sacramentum, « The secrets of the black arts » de Dark Funeral , Anathema et son « Eternity », Marduk et « Heaven shall burn » ou encore Cathedral et « Supernatural birth machine » ainsi que « Vile » de Cannibal Corpse. Et je ne vous parle pas des albums un peu plus décevants comme « Swansong » de Carcass ou « Load » de Metallica.
Bref, on avait beaucoup de choses à écouter. Mais pourtant le « Lingua Mortis » de RAGE fait partie des chefs d’oeuvre de cette année là.
Et donc c’est à partir de là que vraiment ce groupe allemand a fait partie des groupes que j’ai plus ou moins suivi dans leur carrière, bien que jamais vu en concert. « End of all days », j’y suis donc passé à côté, mais avec le temps il m’intéresse et avec les années et les écoutes diverses, j’ai envie de m’y plonger car il est plein de surprises agréables dans ses mouvements, dans ses instants plus rapides et ceux plus mélodiques. C’est un sacré bon album.
En matière de sacrés bons albums à l’époque, c’est surtout le combo « XIII » et « Ghosts » qui m’a comblé. « XIII » parce que les mecs se sont dit « en fait , End of all days n’a pas démonté comme Lingua Mortis, reprenons le jeu en faisant un nouvel album avec l’orchestre symphonique ». Bon ok, ils ne sont peut-être pas dit tout à a fait ça, mais ce « XIII » est un chef d’oeuvre inoubliable et increvable, parce que RAGE était à son apogée avec cet album .
« From the cradle to the grave », « Days of december » sont intemporelles, sans parler de la reprise des Stones « Paint it black », une des plus belles reprises qui puisse exister, tout simplement divine.
Après bonheur mitigé puisque « Ghosts » était hyper bien inspiré, mais l’orchestre sympho de Prague n’était plus avec eux, il ne s’agissait que de samples, de parties enregistrées. Donc oui, très bon album tout de même dans la lignée de ceux qui étaient sortis juste avant.
C’est pour cela que subjectivement la meilleure période pour moi de RAGE, c’est vraiment de 1995 à 1999. Après j’ai littéralement lâché le groupe, je suis passé à côté de « Welcome to the other side », mais dernièrement j’ai envie de m’y plonger, un peu comme avec « End of all days ».
Alors forcément tous ces changements de line-up, ont eu raison du groupe, comme bien des fois pour la plupart des groupes qui en perdent une unité normalement salvatrice.
Et en fait, au fur et à mesure des années je suis tombé au hasard de la vie sur des albums comme « Unity » (pourtant parfois très Satriani sur les ambiances), chopé à vraiment pas cher, sympa mais on tourne en rond un peu comme avec Rotting Christ ou Amon Amarth ou même Fear Factory, des groupes que j’aime , mais à un moment, on a la sensation d’écouter la plupart du temps le même album…
Et donc j’ai surfé par dessus la carrière de RAGE, « Soundchaser », « Speak of the dead », « Carved in stone », « 21 » ….Et le reste...Comme pour Annihilator, quantité ne rime pas avec qualité. Et trop d’albums tuent les albums surtout quand tu ne fais que changer de musiciens….
Dernièrement , pareil, au gré des promotions de labels, j’ai chopé le LINGUA MORTIS ORCHESTRA featuring RAGE », sorti pourtant en 2013, où les rôles étaient inversés. On est tombé dans le tout sympho comme beaucoup de groupes issus de la fin des 90, début des 2000 qui perdurent encore aujourd’hui . Et album n’est pas dénué de qualités pour qui n’a jamais rien écouté de cet univers, mais a contrario, il peut passer là aussi inaperçu parce que filon tellement trop exploité. Pourtant des titres tels que « Scapegoat » bien velus dans le style ou la très théâtrale « Lament » pourrait vous donner un peu de frisson pour peu que vous soyez sensibles à ce genre de musique.
Mais franchement l’album n’a pas duré vraiment longtemps dans mes écoutes, et finalement je l’ai rangé assez rapidement. Et à cause de ça, encore une fois les productions de RAGE me sont redevenues transparentes et ainsi , je n’ai pas suivi tout le reste de la discographie, et depuis « Unity » sorti en 2002, il y en a eu onze de plus sans compter le Lingua Mortis Orchestra feat RAGE dont je viens de parler.
Pourtant là où RAGE excelle, c’est dans les balades , ces mecs font le taff et leurs chansons qui sont pleines d’émotions parce que racées « ballads » sont sincèrement magnifiques, toutes époques confondues.
En fait RAGE est un groupe à découvrir, et c’est à chacun de faire son choix sur quels albums être touché, quelle période ou quels titres sont à connaître. Un groupe avec une très longue discographie, qui possède de réels joyaux. Et donc, vous connaissiez ce groupe ?
Arch Gros Barbare
18/09/2026