Groupe : SAVAGE ANNIHILATION
Titre : Soumise à la procréation
Label : Xenokorp
Année : 2020
Comment faire patienter le monde avec un mini album qui dure vingt-deux minutes, avant que n’arrive la troisième bombe nucléaire de SAVAGE ANNIHILATION...Voici donc « Soumise à la procréation », le nouveau blasphème de ce groupe abyssal en provenance du « Mordor Montargique ».
Six titres dégoulinants de death metal en partie enregistrés durant les sessions de « Quand s’abaisse la croix du blasphème » pour les quatre premiers, où SAVAGE ANNIHILATION sème une fois de plus la mort et pénètre dans les moindres replis de la peau tel un smegma putride avec une odeur de moisissure épicée.
Le Lieutenant Savage continue ses aventures horrifiques sur les trois premiers titres dont l’introduction sur « L’orgie des morts », écrite et jouée par Déhà (We all die (laughing), Imber Luminis, Merda Mundi, Slow et dix mille autres projets...), vous offrira un aperçu conséquent de l’abomination magistrale contenue dans cette nouvelle production, puisque celle-ci fait plus de la moitié du morceau.
On retrouve donc un SAVAGE ANNIHILATION ultra puissant, avec ces sempiternelles ambiances massives dans son death metal qui lui ont valu ses lettres de noblesse et des comparaisons méritées avec Morbid Angel ou encore Immolation.
Les trois premières chansons explosent de puissance ; ce chant death français, cette violence noire qui donne à la musique de SAVAGE ANNIHILATION (car il s’agit bien de musique), l’essence morbide de toute composition death metal. Ces trois premières chansons qui se suivent sans vraiment discontinuer – car entre « L’orgie des morts » et « Soumise à la procréation » une continuité demeure comme si elles n’étaient qu’une – permettent de mieux donner vie à ce que raconte SAVAGE ANNIHILATION et mieux visionner la scène, qui était déjà bien comprise, grâce à une fois de plus, l’artwork de Nico Poups (Undead Kreation). Et l’on s’aperçoit que « Soumise à la procréation » possède un côté massif écrasant où death metal, passages psychotiques et d’autres plus primaires voire anecdotiquement slam death « baisent » entre elles et forment un charnier musical des plus nauséabonds.
C’est exactement ce que SAVAGE ANNIHILATION sait faire de mieux ; écrire un death metal intense et pulsionnel qui rappelle sans équivoque la grande époque des premiers Morbid Angel, notamment sur la troisième offrande « Sous terre », terrible par sa sauvagerie, tant vocale que rythmique. L’on sent bien pourtant que SAVAGE ANNIHILATION écrit du SAVAGE ANNIHILATION, car finalement avec les années, la voix est reconnaissable, même si pas aisément signée, mais les doublages de backing sont démoniaques comme Benton sait le faire, ici en sauce française. Et dans tout ce bourbier épais et jouissif, SAVAGE ANNIHILATION n’oublie jamais de balancer un solo death qui tranche avec précision la brutalité percutante de cette batterie massive et imposante.
Cependant si ces trois morceaux emmènent le monde à continuer de se prosterner devant un des plus authentiques groupes de death metal français, ce sont aussi les trois titres qui suivent qui font de ce mini album l’originalité et l’intérêt particulier qui lui sont accordés.
En effet, « When the slayer bang his head », cet hommage à Jeff Hanneman avec des paroles qui sont simplement les titres de Slayer à la suite, déboite la tête par son agressivité et sa hargne thrash/death où Sibylle Colin-Toquaine (Witches) et Dum’s (Pleasure to Kill) viennent se faire un duo vocal pour cracher à la gueule du monde la rage du meilleur groupe de thrash de tous les temps.
Et encore, comme si le talent de SAVAGE ANNIHILATION était encore à prouver, les « Montargigoudins » se sont vraiment fait plaisir en reprenant deux groupes de chevet dont l’un montre que les fans de death metal sont avant tout des fans de heavy metal.
D’abord, vous pourrez apprécier les éructations et vomissements reconnaissables du sieur Max Otero ( Mercyless) sur la terrible « When satan rules his world », issue de l’excellent « Once upon the cross » de Deicide. Une reprise qui, finalement, sied très bien à la voix du leader de Mercyless, où SAVAGE ANNIHILATION a respecté les codes sans trop en faire, avec une production ici aussi ultra puissante donnant au morceau plus de relief et de noirceur sans doute, jusque dans le solo.
Mais le bijou de ce mini album, c’est bien évidemment, cette reprise de Helloween « Savage », avec Loïc Trivette (Diluvian, Kronos), un morceau qui date de l’époque de « Keeper 2 » et du Ep « Dr Stein » où SAVAGE ANNIHILATION s’en donne à cœur joie, un peu comme quand Deranged reprenait « Paint it black » sur « Rated X » ou encore Natron avec « Message in the coffin ». Cependant, hormis l’effet bulldozer death musical exacerbé par la voix du ténor, on sent bien que le groupe est fan d’Helloween, et il demeure malgré tout cette légèreté typique aux teutons que SAVAGE ANNIHILATION a voulu conserver dans sa version. Hommage réussi totalement.
Bien souvent, on préfère écouter les albums plus que les Ep’s ou les mini albums, mais ce « Soumise à la procréation » est un must, une obligation. C’est un passage obligé, un épisode à ne pas rater, tant visuellement que musicalement. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Arch Gros Barbare
18/03/2020