Carnet de voyage en Terres de Rohan , au milieu des vieilles pierres et de l’imaginaire
23-24-25 mai 2026 ROHAN – ROCHEFORT EN TERRE
Ecrire n’était pas prévu au programme, car habituellement les carnets de concerts ne concernent que la musique que nous vivons et qui vit au travers de notre passion. Mais la passion n’est pas toujours musicale, elle est parfois littéraire : l’amour des mots, la passion des livres. Ici il s’agit d’un festival particulièrement cher à nos coeurs, alors en guise de carnet celui-ci sera de voyage, pour raconter cette espèce de belle aventure le temps d’un week-end pour tout passionné de J.R.R Tolkien qui se respecte.
Voici donc un carnet de voyage imprévu sur ce que nous avons vécu, quelque chose d’authentique et succulent car il était en Terres de Rohan...
Choisir un festival en dehors de la période estivale est toujours chose difficile, car il faut le bon timing, la bonne météo, la bonne route et la bonne personne. Pour la bonne personne ce n’était pas compliqué car pour le coup Mme Barbare se trouvait être la personne la plus appropriée (car elle est aussi ma moitié) puisque elle et moi sommes tous deux de fervents admirateurs de l’univers complet et complexe du plus grand écrivain de tous les temps : Tolkien.
Pour la météo, on ne pourra plus jamais dire que la Bretagne est humide, car en Pays de l’Oust à Brocéliande, il fit un temps radieux, merveilleux, chaleureux et tout aussi magnifique qu’il puisse être en Terre du Milieu.
Pour la bonne route, au diable la distance, au diable le prix du carburant (bon pas tout à fait quand même), un festival pour les fans de Tolkien par les fans de Tolkien , cela ne pouvait mieux tomber.
En effet c’est la troisième édition cette année, et lorsque nous avons cherché un festival où nous pourrions nous sentir à notre place, quelle ne fut pas notre surprise et notre émerveillement lorsque nous découvrîmes Terres de Rohan.
Et pour cette troisième édition, nous nous devions de faire le voyage pour découvrir cet univers singulier ou plutôt l’univers d’Eru Illuvatar , dans ce petit village de Bretagne, Rohan le bien nommé.
Temps de trajet depuis le Sud Ouest : 6h30 bien tapées, sans compter les arrêts, donc en fait un bon quarante cinq minutes de plus, les aires d’autoroute sont tellement grandes maintenant qu’on dirait des hameaux.
Et de toutes façons on s’en foutait car « Si le Rohan appelle, la Guyenne répondra !! »
Nous voilà donc partis l’esprit rêveur, vers une destination inconnue qui sur le papier l’était beaucoup moins, car quitte à s’évader , après le spectacle du Seigneur des anneaux et du Hobbit dans notre Comté, après le concert candlelight du Seigneur des anneaux à Bordeaux-lériand, autant sauter le pas et se retrouver directement sur Arda avec un certain engouement . Direction Terres de Rohan.
Le samedi matin, lever 3h00 , les yeux avaient envie de se lever, mais le rideau était fermé, difficile de voir quand les paupières sont lourdes. Peu importe, il fallait se préparer et une fois les sacs chargés, nous voilà partis l’esprit fringuant comme un poney.
Le trajet en voiture, c’est le meilleur, je le pense et avec Papa Ours on se le dit souvent pour aller aux concerts sur Toulouse.
Pourquoi ? Eh bien parce qu’on prend le temps de vivre, de discuter, d’écouter de la musique , de manger diverses gourmandises emportées justement pour le trajet. Puis on compte les kilomètres, on regarde les panneaux, on ne fait pas que de l’autoroute et ainsi on s’émerveille pour pas grand-chose en découvrant les paysages des autres régions. A ce sujet d’ailleurs, j’ai coutume de dire, que la plupart des gens veulent visiter d’autres pays, d’autres continents, alors qu’ils n’ont pas exploré tous les recoins de notre métropole, et encore moins ceux de leur propre région, voire même de leur département. Bref, découvrir, c’est le maître mot.
Après quelques heures sur le bitume, nous voilà donc arrivés vers 11h00, sur cette première journée du samedi. Il fait chaud, il fait beau, et rien que ceci est annonciateur d’un week-end réussi.
On arrive petit à petit , on s’approche et au fur et à mesure qu’on avance on prend en photo les panneaux qui montrent la direction de Rohan !!! Trop fier de les voir, de les photographier et d’en parler aux copains après . A l’entrée de ce petit village de Bretagne, la ville est aux couleurs du festival avec d’une part le logo Terres de Rohan « TDR » tellement bien inspiré de celui de J.R.R Tolkien, et d’autre part la bannière du Rohan. On y est. ON Y EST !!!
Juste le temps de trouver une place, car c’est l’ouverture. On se rend compte que ce festival est à taille humaine, par moments presque intimiste, un festival humble qui veut garder sa dimension pour faire venir des curieux, des amoureux, des âmes à la recherche d’authenticité, d’artisanat, de poésie, de rêves, de chaleur humaine (mais vu les températures, il valait mieux un peu de fraîcheur) de fantasy mais aussi et surtout des fans de Tolkien évidemment .
Tout se passe autour d’un lac, un merveilleux lac sur un site parfait
Une fois posés, on pénètre sur le site, où les statues de nains d’Erebor font office de sentinelle, car cette année c’était les Echos d’Erebor qui était le titre et la couleur du festival. Donc forcément tout était bien pensé. On arrive face à l’accueil où les bénévoles le sourire aux lèvres, nous souhaitent la bienvenue et nous remettent le bracelet de festivalier. Question qui nous turlupinait : Pourquoi un bracelet numéroté car le festival est gratuit ? Oui, vous avez bien lu, il est gratuit, sauf ce que vous voulez acheter aux artisans bien évidemment, mais vous ne payez pas l’entrée et ça par les temps qui courent, ça vaut de l’or, ça tombe bien on est en Erebor !
Le temps de récupérer le plan, de photographier les horaires pour
Quand je vous parle de ne rien rater, il y avait une particularité, on voulait rencontrer Arnaud Hosse, et pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est un artiste passionné d’histoire médiévale et relieur d’art de métier. Son travail est époustouflant, sur beaucoup de thématiques des mondes merveilleux, sans oublier celui de Tolkien. Et pour ce qui nous concerne ici, vous pouvez aller voir sur ses sites, les réalisations de cartes de la Terre du Milieu, du Rohan, du Mordor, ou encore le contrat de Bilbo, le livre de Bilbo, vierge, ou écrit dans son entièreté avec une calligraphie irréprochable qu’elle soit en anglais ou en français. Oui, c’était vital de rencontrer cet artiste.
Bref, en tous les cas nous voilà à l’intérieur. Et c’est assez marrant car le fil d’Ariane, ce fil conducteur sera au cours du week-end de partir à le recherche des responsables pour récupérer l’affiche tant convoitée. Et ce ne fut pas une mince affaire. Croyez-moi !
La matinée, s’est plutôt bien passée, car nous voulions faire un premier tour de reconnaissance, mais malheureusement dès les premiers artisans, la malédiction de Thror nous a rattrapé et la folie impulsive a montré le bout de son nez.
Nous voilà partis d’abord à tenter de récupérer l’affiche du festival, mais tout n’était pas encore au point, et un peu comme Astérix chez les Helvètes on est allé de stand en stand pour savoir qui savait quoi mais en vain. Ensuite on a erré, déambulé, acheté de stand en stand que ce soit les fabuleuses broderies de Gaelle fait des bulles , ou encore ce merveilleux hypocras du Breuvage des druides . Tellement de belles choses qu’il fallait déjà faire des allers retours à la voiture pour commencer à entreposer les trésors, à la recherche de l’Arkenstone. Mais notre Arkenstone nous l’avons trouvé rapidement. Ô combien heureux de rencontrer Sire Arnaud Hosse et son stand à discuter avec lui sur sa manière de travailler et à contempler ses œuvres mises en avant. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que la brillance d’un livre de Bilbo réalisé par l’artiste fut entre nos mains de profanes. Et c’est avec une ténacité de Gollum et de son précieux que nous avons baladé le livre avec nous une bonne partie de la matinée avant de le ranger avec aussi les bouteilles de cidre de l’âme du cidre (non sans avoir goûté quelques poirés) pour profiter de cette première journée.
Trois ou quatre tours au Poney Fringuant la buvette ultra riche en boissons divines, mise en avant par l’orga pour nous proposer de merveilleuses IPA, du cidre enchanteur et quelques autres diableries comme le pain marqué de la marque de Terres de Rohan. Et vu la chaleur qu’il faisait, même avec chapeau et crème solaire, il fallait s’hydrater convenablement d’où les multiples allers-retours au stand pour recharger les verres que nous avons bien sûr conservé en partant !
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, évidemment que l’emplacement de cette énorme buvette à côté de tous les food-trucks de qualité hors du commun aux ingrédients du terroir était adroitement pensé pour que nous puissions nous sustenter à de multiples reprises , plus que de raison d’ailleurs, car là en fait on se sentait plus comme des hobbits en demande de leurs multiples repas. Et c’était sans compter sur ce petit glacier italien artisanal « Les glaces de Rom » avec ses glaces italiennes, d’une gentillesse infinie et pour lequel la file d’attente faisait plus de vingt mètres en plein cagnard.
Bon manger, ripailler, célébrer le festival et s’hydrater c’est une chose. Mais cela valait le coup de faire plusieurs tours de tous les artisans pour être sûr de ne rien manquer, pour être de certain de dénicher le petit truc rare ou pas d’ailleurs, mais qui fait plaisir à posséder, à contempler des heures durant comme un précieux au pouvoir charmant.
La bière EREBOR et la HARADRIM de la microbrasserie Horla - La ROHAN et la MORDOR de la microbrasserie l'Esk'Ale - La FANGORN et la LORIEN de Beltane
En tous les cas, dans un sens tout comme dans l’autre, nous avons fait le tour du lac plus que de raison, à discuter avec les festivaliers, à partager la bonne humeur sous ce soleil radieux, à profiter visuellement de toutes les personnes déguisées, de tous ces fans de cosplay qui déambulaient dans les allées en se laissant photographier au gré des passants. C’était une frabieuse journée aurait-on dit au pays des merveilles. Nous étions en effet au pays des merveilles, mais pas dans celui de Lewis Caroll, car vous le savez bien, c’est dans celui du grand Tolkien.
La journée se déroulait parfaitement bien dans le royaume. Nous sommes allés à l’hôtel qui était à environ 16 kilomètres du festival , un hôtel « Le relais de l’Oust » tellement bien situé à côté du canal, au calme où les grenouilles le soir remplaçaient le gazouillis des oiseaux la matinée, avec des hôtes responsables et d’un professionnalisme hors pair ainsi que d’une gentillesse et serviabilité hors du commun, qui font le bonheur de tous les clients.
Après une mini sieste post « il fait vraiment trop chaud », nous sommes repartis frais comme des gardons qui remontent le courant. Mais le temps de revenir, forcément on a ressenti la chaleur, donc forcément le poney fringuant nous ouvrait grand les bras. Re-belote, tour des artisans, petits achats de chose belles et pas forcément utiles, mais qui font tellement plaisir à l’âme, à boire, à manger, à boire, à manger, à boire et encore à manger.
Est enfin arrivée la fin de l’après midi, le début de la soirée, quand fut venu le temps du concert. Avec tout d’abord un set d’une poésie folk et onirique et d’une mélancolie incroyable où Laurene Telennaria harpiste chanteuse à la voix enjôleuse faisait office de guest pour débuter la soirée. A partir de ce moment, le temps s’est arrêté, les titres chantés, les moments de harpe, se mariaient à merveille au fur et à mesure que le soleil descendait de son trône si élevé pour que le jour puisse décroître et faire place à un crépuscule enivrant . Cet instant était réellement hors du temps, car lorsque la magie opère, avec le lieu , la musique, l’instant, rien n’a plus d’importance que ce moment présent.
Un début de soirée incroyable dans un festival intimiste incroyable. Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises car ce qui suivait allait être une réelle surprise pour une réelle découverte.
En effet Laurene est la chanteuse du groupe ORKHYS, mais ne vous fourvoyez pas, car ce n’est pas au bon lait de brebis. Bien inspiré par la harpe qui était là encore bien présente, ORKHYS dont le nom m’était totalement inconnu se présentait à nous . Bien sûr que nous n’étions pas en Terres brutales avec du black norvégien ou suédois, ni non plus du brutal death américain. Il fallait être en harmonie totale avec l’ambiance, l’atmosphère du festival, et ORKHYS bien que le groupe soit baigné dans la musique heavy metal ne pouvait mieux tomber. Alors au départ on ressent rapidement quelques influences heavy power avec beaucoup d’incursions dans des mouvances plus extrêmes bien que mélodiques, mais ce n’est qu’une impression de départ, car au fur et à mesure que les titres se jouent devant un public émerveillé devant les solos et les harmonies, qu’elle fussent à la harpe où aux guitares magiques, presque blackened death mélo en plusieurs endroits, le public se ralliait à la cause. A y écouter on découvre une influence palpable, celle des finlandais d’Amorphis, notamment sur « Draugar » où l’on sent l’esprit des nordiques sur l’intégralité du titre.
Mais ce n’est pas le seul. De plus la harpe offre également à la musique de ORKHYS cette singularité particulière appuyée par une vocaliste talentueuse qui sait aller du lyrique au guttural avec une aisance flagrante. Excellente prestation d’un groupe qui m’était inconnu avec une bassiste qui a appris tout le set en peu de temps pour venir en aide au groupe en remplacement , une prestation mêlant musique folk tantôt celtique (où l’on redécouvre en français le roman de Tristan et Yseult) et musique metal où la double pédale fait rage, puisque utilement exploitée à son extrême. Les guitares sont enivrantes et le public est conquis jusqu’à tenter de trouver un extrait de Judas Priest pour le fun. ORKHYS était le groupe parfait pour ce festival parfait avec un morceau phare « Guardians » qui a enchanté la plèbe jusqu’au confins de la Comté. A cela rajoutons et précisons que la musique d’attente pré-concert était le « Rust in peace » de Megadeth sorti en 1990 on ne pouvait faire mieux.
Mais si le concert était divin, il n’était rien à côté de ce qui allait arriver.
En effet , alors qu’ils avaient répété toute la journée, alors qu’ils avaient préparé ce décor fabuleux avec amour et passion, nous, nous n’étions pas prêts pour ça. Non nous n’étions pas prêts pour assister à une telle veillée au clair de lune, au milieu d’un ciel étoilé, avec juste une légère brise pour nous montrer que la chaleur était un peu tombée. C’était l’heure de Mythes et légendes de la Terre du milieu, ce conte musical basé sur "Le Silmarillion" de J.R.R. Tolkien.
Parce que sur la musique d’Howard Shore, en direct, ces anciens élèves de musicologie ont expliqué le Silmarillion à qui voulait bien rester et à voir la foule qui écoutait , qui souriait de bonheur avec ces décors impressionnants aux effets spéciaux parfois dysfonctionnels, cette troupe nous a emmené littéralement en plein coeur de la Terre du Milieu à vivre tous ses âges au rythme de l’Ainulindalë , à frissonner sur la noirceur de Melkor devenu Morgoth pour mieux comprendre pourquoi Frodon doit partir…
Et d’une manière studieuse mais surtout émerveillée , sur des musiques ensorceleuses et une rhétorique implacable, Mythes et Légendes de la Terre du Milieu nous ont fait vivre une grande et belle histoire pour clore cette première journée, qui fut riche en émerveillement.
Ainsi se terminait ce samedi soir sur la Terre, de la plus belle des manières…
Accélération, rentrer à l’hôtel, se rappeler du code du portail, ouvrir la porte, ascenseur !!!!!
Oui, deux étages, paraissaient la plus grande tour de Dubaï , mais la seule chose qui ressemblait à Dubaï, c’est cette rime en aïe qui nous rappelait que nos jambes ne pouvaient plus nous porter. Alors la douche pré nocturne, et c’est parti pour une nuit à rêver des plus beaux passages de la journée. Et quand au petit matin le dimanche , les oiseaux y allait bon train, la fraîcheur était là. (Oui, là tu l’entends la musique de la Comté, ta da daaaaaaa ta da daaaaaa daaaaaa...) Il fallait donc en profiter et prendre un petit déjeuner gargantuesque, là encore d’une qualité rare, sans parler de ce café allongé d’un dosage chirurgical quand à son goût corsé et à son épaisseur. Encore merci à la patronne.
Une fois l’estomac sécurisé, et quelques mises au point de démarrage, où l’amour est plus fort que tout, nous partîmes confiants , et sans aucun effort, nous nous vîmes en famille en arrivant à bon port.
Treize heure, l’heure du concours de Cosplay, le moment tellement attendu que la file d’attente faisait le tour de la salle Belle Etoile, sous ce soleil de plomb. Les déambulations du conteur de rue, qui nous distrayait là aussi par d’exquises paroles aux jeux de mots colorés, nous occupaient tandis que la file avançait. Mais ce n’est que presque arrivés devant les portes de la Moria que nous aurions pu assister en direct à ce grand concours. Le sort en a voulu autrement, trop de monde et pas assez de place. Ceci dit vu la chaleur étouffante qui semblait s’échapper de la salle comme de la bouche des enfers, il est fort probable que c’était pour mieux assister à la sortie des gagnants et des postulants à la fin du concours, où de magnifiques photos ont pu être prises. La réussite serait surtout celle volée du Gollum plutôt charnu qui avait dû avaler quelques bon vieux poissons crus. Diantre, même vu de l’extérieur ce concours de cosplay était excellent, surtout que nous avons pu approcher le vrai Gandalf de près !!
Une seconde journée de bonheur, à profiter des promenades de la 9ème compagnie des Rôdeurs du Gondor " Galadhrim Dagnir", ainsi que de la musique de Chansons et Dragons qui avaient cette légèreté musicale, envoûtant un public en pâmoison au gré de leurs déambulations.
La journée fut plus douce et plus reposante, parce que ne l’oublions pas, nous avions le must du matériel du festivalier, en plus de pouvoir s’hydrater convenablement, nous avions nos chaises pliantes porte-gobelets !!!! On pouvait s’installer tous les trois mètres, pour juste se poser et profiter. Profiter même au point que certains festivaliers nous demandaient de garder leurs effets pour aller se chercher une glace italienne au seul et unique mais non moins légendaire glacier.
Il nous fallait ramener encore quelques souvenirs, mais ici pour se sustenter, c’est pour cela que ma douce bien aimée est allée nous chercher ce pain traditionnel aux couleurs du festival conçu non pas par Bill le bottier, mais par Christian le Pottier ! Pour casser la croûte il n’y avait rien de mieux !
L’ombre des arbres était salvatrice et tout le monde profitait. Ce soir du dimanche, avant la veillée, la soirée s’annonçait toujours celte mais déjà plus animée avec un set de DJ celtes.
Mais croyez-le ou nous, nous étions déjà bien crevés pour cette deuxième journée et le lundi verrait quoiqu’il arrive notre départ programmé, puisque c’était réservé à notre jour de retour. Avant toute chose, il nous fallait récupérer un miroir digne de la belle Foncombe, bien que ce matériau de récupération mis en valeur par L’établi des Myosotis n’avait pas son origine dans la demeure d’ Elrond, ce miroir nous comblait de bonheur pour compléter notre déco sortie de la Terre du Milieu.
On flânait, c’est ainsi que nous avons pu converser à plusieurs reprises avec une des quatre organisatrices du festival, Isabelle qui nous disait que dans l’asso à l’origine elles sont quatre et que si une trouve qu’un artisan est chou, c’est validé !
Nous discutions aussi de cette belle solidarité locale, avec un village aux bannières du festival où tout le monde joue le jeu, mais aussi la proximité du camping juste de l’autre côté du canal collé au site. D’année en année le festival s’améliore, mais conserve une dimension humaine, car il y a un nombre de places limitées sur le site qui ne peut être dépassé. Cela montre encore plus cet environnement familial et un festival géré d’une main de maître par des personnes avenantes et bienveillantes autant que bien entourées. Bien entourées oui, parce que tous les bénévoles étaient généreux, extrêmement adorables avec tout le monde , à l’écoute totale de leurs hôtes.
Au cours de la conversation, nous avons appris une petite nouvelle qui a encore aiguisé notre curiosité, car dans le village juste à côté à CREDIN, comme tout le monde se soutient, il y a une petite brasserie tabac qui se nomme : Le dragon vert.
Vous vous doutez bien qu’il fallait y passer obligatoirement.
Le lundi jour de départ, nous partîmes donc vers la route qui mène à la « Chocolatinerie » (parce que nous sommes Charline), notre Sud-Ouest adoré. Donc en partant alors que les corbeaux volaient dans un ciel bleuté, et que nous écoutions the Misty mountain cold, nous empruntions le chemin vers un village inconnu, un de ces plus beaux villages de France qu’il nous fallait traverser. Mais au préalable, c’est ce dragon vert qui nous hantait, alors arrêt obligatoire à CREDIN. Eeeeeeeeeh oui, nous l’avons vu, il était fermé, mais nous l’avons photographié, parce que l’ambiance était encore là. Ce fameux bar tabac nommé le dragon vert avec ce petit dragon et la pancarte en arête de mur, c’était chou. Normal que les gardiennes du festival l’avait adopté !
Chemin faisant, notre étape arrivait sur notre route, dans ce magnifique Morbihan : Rochefort en Terre, un des plus beaux villages de France. Comme nous sommes dans la collectionnite aiguë, nous collectionnons aussi les visites des plus beaux villages de France. En se garant sur le parking réservé aux touristes à l’entrée du village, on s’était dit qu’il n’avait pas l’air d’être aussi beau que ceux qu’on avait pu voir dans l’Aveyron, la Dordogne, le Lot-et-Garonne ou encore dans le Var.
Mais nous étions en train de nous fourvoyer totalement, ce village est impressionnant de beauté, impressionnant d’histoire, impressionnant d’artistes et possède le plus beau musée fantastique du monde, où se côtoient des artistes du fantastique et de l’imaginaire dans des conditions extraordinaires. Mais comment n’avions-nous jamais su qu’il existait !?
Alors tout d’abord découverte, déambulation dans les ruelles aux demeures d’antan, cette vieille pierre qui nous plaît tant. Et au fur et à mesure des boutiques d’artistes, nous sommes arrivés dans une première échoppe de l’enfer : Chouchen, pain d’épices et liqueur de pain d’épices, allez hop youpla boum , emballé c’est pesé, encore deux trois bouteilles dans la besace. Puis un coup d’oeil rapide sur une crêperie ce Café Breton , un magnifique bistrot ouvert depuis 1818 nous appelle pour déjeuner, mais nous n’avions pas encore découvert tous les secrets de ces ruelles qui proposent de la poésie et un véritable décor hors du temps.
On monte, on monte, et on monte encore, « montons, montons les escaliers » pour découvrir un château sublime devenu la propriété de la commune où les jardins donnent envie de s’enivrer du vent, des quelques oiseaux chantants et de cette paix qui sortait des pierres pour mieux encore nous laisser en état de béatitude complète.
Et c’est à ce moment là, s’égarant dans les jardins, que nous avons aperçu les portes de l’enfer. Celles de Hellraiser, ce musée incroyable ; le Naia Museum Galerie d’art de l’imaginaire. Un musée unique en son genre dans le château proposant des œuvres originales fabuleuses telles que des sculptures, des peintures , des œuvres digitales, cinétiques, des photographies, des vidéos, de la musique….C’était époustouflant pour qui aime cet univers, et on n’en sort pas indemne. C’est un musée privé où les idées de Manu Van H et Patrice « Pit » Hubert se réinventent chaque année , un musée qu’il ne vous faut pas manquer car il est véritablement unique.
https://www.naiamuseum.com/musee
Et après tant d’émotions, nous avons continué, découvert une somptueuse boutique de spiritueux, des whiskies de Bretagne connus et moins connus à la tourbe pertinente qui ne veut pas partir du palais en finale, pour mieux se laisser savourer. Vous pensez bien qu’il nous fallait encore partir avec de belles reliques. On pourrait disserter pendant des heures, mais Rochefort En Terre mérite son statut de plus beau village de France, son église, son lavoir, ses ruelles d’époque, son magasin de t-shirt et d’accessoires de hard’n’heavy (oui, on a pris une mini batterie de Iron Maiden et une mini guitare de Kerry King, nous sommes faibles), ses figurines de fées dans toutes les boutiques, pour enfin terminer dans ce Café breton à déguster de savoureuses crêpes qui nous mettaient les papilles en ébullition.
Le décor était là, l’ambiance et l’atmosphère furent tellement divines, qu’en dire plus serait gâcher. Il vous faut découvrir ce village, errer dans ses ruelles et déguster sa gastronomie locale...Rochefort en Terre restera aussi dans nos coeurs, et encore plus depuis que nous avons appris qu’un festival du fantastique avait lieu régulièrement…
Mais tout à une fin, après avoir ripaillé comme des guedins et profité de cette vie si précieuse, il nous fallait alors rentrer au bercail, pour compter les trésors amassés en un week-end, et les contempler comme...Gollum….Gollum….Arrrrgh. « Je l’ai trouvé , je l’ai fait, un chemin à travers les marais. Les orques ne l’utilisent pas. Les orques ne le connaissent pas. Ils tournent sur des kilomètres et des kilomètres ». Partez visiter ce festival en Terres de Rohan, « venez hobbits doux et rapides comme des ombres, nous devons être », partez-y un week-end et égarez vous à Rochefort en Terre. Partagez et profitez car comme le disait Gandalf : « ce sont les petites choses, les gestes quotidiens des gens ordinaires qui nous préservent du mal…. »
Arch Gros Barbare
05/06/2026
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