GROUPE: FERETRO
TITRE ALBUM: The mortuary destiny of flesh
LABEL: Nihilistic holocaust
DATE DE SORTIE: 2025
De la rythmique écrasante qui pose une véritable ambiance malsaine, voici ce qu’était , ce qu’est , et ce que sera toujours le death metal. Si l’évolution du genre ne ressemble plus vraiment à ce qu’il était à l’origine, l’Amérique du Sud n’est toujours pas concernée par ces dilutions et ces mutations qui bien souvent n’ont plus ni queue ni tête. Et c’est dans cette contrée de la planète que le thrash/death et le death ont toujours une réputation morbide, agressive et authentique sans avoir besoin d’indiquer que c’est old school, parce qu’en fait c’est actuel, c’est factuel.Ce n’est pas old school, ni vintage, c’est juste du death metal, là, maintenant et pour toujours...Et comme un bon paquet d’humains est protectionniste, intolérant, préfère rester en groupe du coup, et demeure particulièrement élitiste (il n’y a qu’à voir l’acceptation du death core chez les amoureux de l’ancient death metal ou du heavy symhpo chez les heavy metalleux, du post black chez les blackeux ou des tribute bands tout court), ça tombe bien parce que la musique de FERETRO s’adresse aux puristes. Le death metal sud américain est figé dans l’âge d’or du death metal pour conserver ce semblant de justesse et de légitimité. Prenons le cas de FERETRO, les chiliens badigeonnent la scène de leur vomissure depuis plus de vingt ans et après moult démos, ep et split, les voici, bien ancrés sur leurs pattes arrière pour balancer un premier album. Un premier album qui a déjà six mois, une demi année, ce qui est assez pour se rendre compte de l’efficacité sur le long terme d’un tel album.
« The mortuary destiny of flesh », c’est la quintessence d’un death metal chilien qui offre ce qu’il y a de plus beau à offrir dans une tradition aujourd’hui ancestrale de composition fétide avec des morceaux qui sentent l’air vicié et la putréfaction à plein nez.
En effet , on n’y retrouve rien de nouveau sous le soleil de Satan, et quelques sources d’inspiration sont facilement reconnaissables comme Sepultura époque « Beneath the remains » (mais aussi « Morbid visions ») sur le titre « Towards punishment », avec cette particularité que FERETRO fait du death metal et pas quelque chose entre deux eaux. Si le titre est plus speed que le reste de l’album il annonce de bonnes augures sur les trente sept minutes à venir.
La production renifle elle aussi la tradition, aucun suintement synthétique ne vient déranger les rouages des rythmiques qui sonnent sur des cymbales et des fûts bien cinglants de musicalité naturelle. Dans ses compositions le groupe va chercher l’ambiance, l’atmosphère qui part toujours en rouleau compresseur juste après quelques syncopes malveillantes. C’est le cas sur « The ancient horror » qui ne brille pas par son originalité, mais qui poutre sévèrement par sa régularité puissante et de bons riffs primaires, qui encore une fois, rappellent les premières heures de certains groupes brésiliens.
Pourtant FERETRO oriente plus facilement son death metal avec un son typiquement sud américain, mais des idées d’américains, surtout de la Floride. On le ressent tellement sur les ralentissements qui hennissent la torpeur à en vomir ses tripes. Encore plus avec « In agony », FERETRO va chercher à gerber les démons de l’enfer au niveau des vocaux, parce que Perdo Veloso aussi guitariste, possède une tessiture qui rappelle énormément toutes les productions de Scott burns et tous les groupes qui sont passés entre ses mains.
C’est ici que FERETRO joue sa meilleure carte, parce que dans l’horreur, dans le ralentissement horrifique le groupe excelle pour poser des ambiances de malades, et toujours sur « In agony », on se prend au jeu et on remonte le temps avec un plaisir non caché. Démonstration de batterie, riffs assassins FERETRO ne se refuse rien. Tout en restant dans un death metal classique, on avance sur des mid tempos qui suintent par tous les pores, et qui posent une véritable atmosphère de mort. Entre Death ou Obituary, avec des envies très death/doomesques de cro-magnon, FERETRO ralentit suffisamment son allure afin que l’on sente cette odeur nauséabonde qui remplit les naseaux lorsque le corps se gangrène. Les guitares sont plombées sur « The hour of death » ou « Time to die » et c’est bien là que FERETRO change son fusil d’épaule pour s’enivrer de puanteur déliquescente aussi dégueulasse qu’un Massacre avec « From beyond » en son temps.
Pourtant alors qu’on croirait que le groupe s’arrêterait là dans sa démonstration de style, c’était sans compter sur « Death’s cycle » qui bien que largement influencé par les groupes cités, et similaire au reste de l’album , ce très long titre de huit minutes, permet de profiter pleinement des éructations du chanteur qui arrive véritablement à prendre vie à l’intérieur de ces rythmiques infestées qui moissonnent doucement pour que la semence prenne et inviter encore à faire jaillir les ténèbres violemment. Ce titre se permet une évolution malsaine au vu de sa longueur jusqu’à en avoir un lead guitare proche d’un Paradise Lost de la période « Gothic/Shades of god » qui baiserait dans la fange dans une ambiance si death/doom crade que même Uruk Hai n’en voudrait pas.
Si le split avec Silure cinq ans plutôt avec déjà bien frappé les esprits il est fort à parier, (à moins que les humanistes soient plus chauvins en vrai que sur les réseaux et ne préfèrent soutenir la musique uniquement lorsque sa provenance est hexagonale) que cet album touche pas mal d’amateurs de death metal qui se respectent et qui soutiennent la musique quand elle est bonne et d’où qu’elle vienne.
Un bien bel album traditionnel que nous signe FERETRO qui nous laissera profiter de lui au moins quelques bonnes années avant d’en ressortir un autre…
Arch Gros Barbare
25/02/2026