14 mai 2026

GROUPE: CRIMSON GLORY
TITRE ALBUM: Chasing the hydra
LABEL: Bravewords Records
DATE DE SORTIE: 2026
La mort de Midnight en 2009 avait porté un sacré coup aux fans du monde entier, parce qu’il était LA voix de CRIMSON GLORY . Et ceux qui ont vécu les sorties à l’époque de « Crimson Glory » et « Transcendance » en 1986 et 1988, connaissent la grandeur mélodique technique et vocale de ce grand groupe de Floride ; parce que CRIMSON GLORY représente pour les années 80’s un des meilleurs groupes de heavy metal presque progressif dont la marque de composition, les envolées lyriques et encore une fois la voix tellement aigue et puissante du Sieur Midnight, sont légendaires. On n’aura de cesse de clamer haut et fort les refrains de « Valhalla », « Dragon lady », « Lady of winter » ou encore l’inoubliable « Painted Skies » que Midnight avait aussi repris en acoustique au piano avec Jon Oliva.
A l’époque, malheureusement la carrière de Queensryche leur a fait de l’ombre alors que pourtant ce groupe aurait mérité une renommée interplanétaire. La pochette de « Transcendence » est d’anthologie, les masques sont un repère que personne n’oubliera au fur et à mesure des années. Après ces deux albums, il fût difficile de faire mieux, c’est peut-être pour cela que « Strange and beautiful », plus commercial, plus accessible, a moins plu alors que pourtant il possède quelques très bonnes chansons dont la balade « Song for angels » et l’exotique « Promised land ».
On aurait pu croire que le départ de Midnight après la sortie de « Strange & beautiful » aurait fait sonner le glas pour CRIMSON GLORY, raison pour laquelle il aura fallu attendre huit ans pour écouter « Astronomica » avec Wade Black au chant . Mais que nenni, cependant c’est un album en demi-teinte qui est né de nulle part, un album qui pourtant lui aussi possède une forte personnalité, la personnalité de CRIMSON GLORY que l’on entend bien sur le premier titre « War of the worlds » ou encore sur « New world machine » et « Astronomica ». Mais l’âme de CRIMSON GLORY pure était en partance pour le firmament vu que Midnight n’était plus là, et malgré les beaux efforts de Wade Black, la magie s’estompait quelque peu, donnant alors encore plus de valeur, de beauté, de mérite aux deux premiers albums à tout jamais.
Il aura fallu attendre vingt sept longues années, alors qu’en fait on croyait le groupe fini, pour que CRIMSON GLORY refasse surface et renaisse de ses cendres avec ce nouvel album « Chasing the hydra ».
Un nouveau chanteur dans la musette en la personne de Travis Wills ( Infidel Rising – Valorheart) qui fait plus que le taff, car sa tessiture est très proche de celle de Midnight et réussit l’exploit de raviver une flamme éteinte de plusieurs années pour vous bluffer par des montées aïgues surprenantes qui prennent la noblesse d’un Midnight sans l’ombre d’un doute.
Reste alors à reconstruire la patte légendaire des riffs mélodiques de CRIMSON GLORY pour adorer un groupe fabuleux au charisme singulier et unique.
Voici donc un album de neuf titres , presque cinquante minutes, qui demande plusieurs écoutes, pour s’apercevoir que c’est la continuité de « Transcendence » avec aussi le côté plus brut qu’il y avait sur « Crimson Glory ».
Oui, on ne s’en aperçoit pas sur les premières écoutes, et on est tellement focalisé sur les mélodies nostalgiques de « Transcendence », qu’on risque de passer à côté de l’essence profonde de ce « Chasing the hydra » et de s’auto-décevoir. Et donc après plusieurs écoutes on s’aperçoit que le titre « Chasing the hydra » reprend les riffs d’un « Dragon Lady » ou d’un « Red sharks » signature indélébile du groupe qui ravira tout un chacun. Et là on sait que le groupe est revenu. Hormis Jon Drenning qui était bien évidemment une des composantes principales du groupe, remplacé ici par Mark Borgmeyer au lead (ce qui explique la fluidité moins flagrante des mélodies de Drenning), CRIMSON GLORY n’a rien perdu de sa superbe.
Plus brut, plus sombre peut-être, ce nouvel album scintille malgré tout par la chaleur qu’il dégage et une fois de plus Travis Willis demeure un formidable vocaliste qui remplace haut la main les capacités légendaires d’un Midnight qui restera dans nos coeurs à tout jamais.
L’album est chaud donc, et le combo Borgmeyer/Jackson n’en oublie pas de se répondre constamment , notamment sur la sublime « Broken together » qui vous emporte loin dans les galaxies, avec ses incursions dans des fresques hispaniques . La voix de Willis est irréprochable et les guitares jaillissent de nulle part, , montrant que CRIMSON GLORY est bel et bien revenu.
Intensité, mélodie, beauté implacable, ce « Chasing the hydra » tient ses promesses. Parce que le tempo ralentit intelligemment avec « Angel in my nightmare », pour s’obscurcir dans des nébuleuses envoûtantes et à s’y méprendre on se croirait sur un pont qui relie les deux premiers albums.
La poésie de « Angel my nightmare » vous téléporte quelques années en arrière , l’espace de six minutes quarante trois, et montre que ce retour n’était pas juste pour surfer sur la nostalgie. Au contraire CRIMSON GLORY s’est fendu d’une écriture sûre et ferme, d’une composition propre et inspirée pour réaliser ce nouvel album où l’émotion est à son paroxysme.
« Indelible ashes » passe comme un lettre à la poste, se cachant dans le paysage parmi les titres, sans décevoir, mais sans non plus vous faire tomber en pâmoison, avec sa consœur « Beyond the unknown » également qui se laisse écouter sans vraiment marquer les esprits. C’est en fait le côté primaire et plus «roots » de « Armor Against fate » qui se fait remarquer parce que le groupe s’engouffre de nouveau dans le lyrique autant sur la voix que les riffs pointus qui maintiennent à la perfection le morceau au dessus de la surface pour donner de l’air à l’album et l’envoyer avec sa facette plus stellaire , de l’autre côté de l’univers.
Presque arrivé à la fin de l’album avec « Pearls of dust » prend un envol similaire au titre « Transcendance » qu’il y avait sur l’album du même nom, CRIMSON GLORY tente d’impressionner par la grandeur dans l’espace infini avec des riffs dynamiques mais composés de gigantesques passages stellaires encore une fois.
Enfin le bal se ferme avec « Triskaideka » le nombre 13 en grec ancien , single qui était sortie deux ans auparavant pour annoncer la sortie de ce nouvel album deux ans plus tard. Un titre profond assez noir qui montre la grandeur mélodique de ce groupe.
CRIMSON GLORY est revenu, même si c’est le dernier, il est là. Il est bon, il est même très bon, et fait du bien à l’âme. « Chasing the hydra » est une nouvelle pierre dans la discographie d’un groupe sans égal qui vous fera voyager jusqu’aux confins de l’univers.
Arch Gros Barbare
14/05/2026