EXODUS - Goliath -


13 avril 2026

EXODUS Goliath cover.jpg (217 KB)

GROUPE: EXODUS

TITRE ALBUM: Goliath

LABEL: Napalm Records

DATE DE SORTIE: 2026

Est-ce que c’est la signature avec Napalm records qui veut ça ? Est-ce que l’adoucissement de la musique de EXODUS est lié à la renommée désormais très gothique du label ? Est -ce que la musique actuelle en général a perdu de sa splendeur et en ce qui vous concerne:  de sa violence et de son agressivité ?

En tous les cas qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ce nouvel album d’EXODUS fait un peu parler. Bon sans mentir déjà appeler un album « Goliath », quand on sait que le géant s’est pris une branlée, ce n’était peut-être pas la meilleure idée que le groupe ait jamais eu, surtout avec une pochette de Pär Olofson (qui en a fait de très belles, voire de très très belles) qui rappelle un peu la compile « Doomsday news II » .

Mais bon, c’est EXODUS donc normalement grosse pointure, surtout que le retour de Rob Dukes, qui avait tout de même poussé le bouchon de la violence un peu plus loin sur « Shovel headed kill machine », et surtout les « Excipit A et B », annonçait un album ultra brutal.

C’est tout de même un peu raté, et c’est ici que ce nouvel album fait couler beaucoup d’encre, car quand on l’écoute, la première impression c’est que ce « Goliath » c’est un peu le « Force of habit » des années 2020. On mettra un peu plus longtemps à l’apprécier, mais ça se fera, parce qu’il dénote comme « Renewal » dénotait à l’époque.

Etrange, à part, avant gardiste par rapport à ce qu’ils ont déjà fait, audacieux, parfois pompeux, et quelques fois chiant même si pourtant intéressant, voici ce nouvel album.

Après tout est question de votre définition de ce qui est intéressant. Parce que voire un sodomite en action peut être intéressant tout autant qu’un reportage sur la forêt tropicale ou encore sur les fluctuations de prix du carburant dans les zones tampons que sont l’Europe et « les restes » du monde et enfin également l’étude des flatulences de nuit des hommes blancs et hétéros après quarante ans.

Bref il fait couler de l’encre et l’on voit déjà les purs défenseurs du groupe qui diront que c’est bon de manger la merde d’Exodus car c’est plein de vitamines et ça donne des forces au petit déjeuner, tandis que d’autres jamais contents toujours à critiquer, même quand c’est ultra bon, ça nous envoie des litotes en veux-tu en voilà, « Mouais pas mal », « Mouais bof », « Mouais sympa », « Mouais c’est d’la merde », histoire de se prendre pour le Pierre Bellemare du thrash et de la musique old school en général, sans rien avoir à vendre. Comme si on en avait encore quelque chose à foutre des avis des autres aujourd’hui ? Non on sait tous que c’est le plus con qui a raison et que le plus violent c’est celui qui dit qui y est.

En tous les cas, c’est munis de cette pochette en main (après on a tous trouvé cool à un moment donné la pochette de « Purgatory afterglow » d’Edge Of Sanity jusqu’à en faire des t-shirts donc...) que les américains reviennent après cinq ans. Juste le temps de dégager encore Steve « Zetro » Souza et de refaire sortir du placard le père Dukes.

Pourtant EXODUS c’est un mega groupe de thrash autant que Over Kill , c’est la crème de la crème avec une discographie à faire pâlir Saroumane et sa main blanche.

« 3111 » avec son riff plutôt ultra classique aurait pu donner la tonalité de l’album, parce que Dukes crache du feu de Dieu son venin, et on aurait tous été d’accord qu’on avait retrouvé le EXODUKE. Rien d’extraordinaire ni d’exceptionnel, quelque chose de classique qui passe bien à l’apéro avec deux/trois ambiances plus sombres histoire d’ouvrir le bal en atmosphères plutôt ténébreuses et violentes.

Jusque là, rien à dire, ça fait le taff.

Mais comme Testament, comme Sodom, comme Kreator, comme Tankard, EXODUS en vient à la mélodie en se frottant au corps à corps. C’est sur « The changing me » que l’on s’en rend vraiment compte. Un titre qui occupe l’espace qui se retient parce que les mélodies sont accrocheuses et qui montre que le groupe n’a plus envie (peut-être l’âge aussi) de rester brutal et que cette période est révolue. En même temps la discographie du groupe est réellement changeante tout comme celle de Over Kill. Alors en prenant le style comme il vient on s’aperçoit que ce titre est chaleureux même s’il n’a pas la violence attendue et qu’on a tendance à prendre parfois un virage dangereux qui frôle l’opportunisme.

Et vu que l’aventure a l’air d’être l’exploration des nouveaux trous, le gluon du trou vous dirait que l’album lui sied à merveille. Le groove légendaire du groupe qu’on aimait sur « Fabulous disaster » ou « Impact is imminent », refait surface sur le titre « Promise you this ». Mais c’est peut-être un peu trop, parce que le chant du Dukes se veut limite heavy, mais comme Lemmy dans ses balades, ou encore Bobby sur « From the underground and below », avec tout ce qu’on leur reprochait en défauts. Le titre est très très heavy, et oui, il rappelle Skid Row par endroits c’est « un peu vrai ». Le groove donne envie de danser, mais pas de faire exploser la scène. Et c’est clair qu’ici ça creuse une fosse que certains passeront où d’autres resteront coincés à l’intérieur.

C’est malheureusement dommage, parce que ce qui vient après n’est pas dénué de talent. C’est audacieux en effet, mais « Beyond the event horizon » prend de la lenteur pour mieux prouver sa pesanteur. Le ralentissement n’est que pour avoir de la force dans le tempo et aplatir tous les détracteurs (ou pas) .

Voici un album haut en couleurs, tant sur le fond que sur la forme, et EXODUS s’en branle de vos avis car ils se sont faits plaisir à un moment de l’existence du groupe avec l’âge qui va avec.

Et si vous allez jusqu’au bout de l’album ce groove légendaire revient en feu d’artifice sur « Violence works », en y réfléchissant, c’était déjà comme ça sur « Pleasure of the flesh » , des titres très groove, posés et juste agressifs ce qu’il faut. Bon d’accord on fait abstraction de « Summon of the god unknown » qui chie un peu dans la colle avec cette ambiance un peu néo, mais en même temps chier dans la colle c’est rigolo, et puis c’est dans l’ambiance, pour mieux rebondir à plat ventre sur « The dirtiest of the dozen » qui termine l’album d’une manière assez noble. Les riffs sont lourds, lancinants (plus lent on serait chez Cathedral dans « Ride ») , et on sait qu’on est définitivement retourné dans le bayou, c’est sans doute pour ça que ce n’est qu’à la fin que les couleurs du logo rappellent effrontément l’époque d’un « Fabulous disaster ».

Allez donnez lui une chance, parce que cet album le mérite tout de même, pas entièrement, mais une bonne partie.
De toutes façons les fans d’Anthrax vont l’adorer. Après y a qu’à essayer de faire la même carrière et on en discute à la fin…

Arch Gros Barbare

13/04/2026