INHUMATE -Eternal life-


19 septembre 2021

inhumate cover.jpg (419 KB)

Groupe : INHUMATE

Titre : Eternal Life

Label : Autoproduction

Année : 2021

INHUMATE, un nouvel album et, en l’occurrence ici, l’ultime album de l’heptalogie ; c’est un peu comme pour Slayer, il y a une attente, un contentement (même si parfois il y a un « mé »), une satisfaction parce qu’on a grandi avec, on a vieilli avec, puis, on a rugi avec.
Ce groupe de grinding death français,
qui a écumé les salles par-delà les océans et les continents, a finalement été au bout de ses intentions studio. Ils l’ont fait, leur dernier album qui vient nous donner une vision de la vie éternelle, cette même vie qui s’est décomposée tout au long des albums dans une brutalité toujours plus puissante, toujours plus incandescente.

INHUMATE a toujours suivi sa voie avec un fil d’Ariane tout tracé, mais surtout il se sera dessiné
seul contre tous, une ligne de conduite dans laquelle cette autonomie musicale, cette autarcie radicale aura imposé un respect de tous de manière naturelle ; respect vis-à-vis de ce groupe tant scéniquement que musicalement et ce, de manière littérale.

Au-delà d
u fait d’être le porte étendard du grind français, qui aura permis à quelques groupes de le prendre pour modèle, INHUMATE a su toujours prendre son temps pour ne jamais écrire quelque chose de fade et insipide.

Dans les paroles, les acrostiches sont toujours là, et dans l’artwork, toutes les références, toutes les étapes de cette vie qui a débuté et qui ne se terminera jamais grâce à ce cycle infini, sont présentes pour joindre le passé à ce qui va arriver.

Et donc pour fermer ce cercle, INHUMATE n’a pas ralenti et s’est même retourné pour avancer tout en revenant dans sa première direction. Si « The fifth season » avait été plus « expérimental » (il ne faut pas comprendre de travers, attention), et que « Expulsed » avait repris la route, on se rend compte que « Eternal Life », si la production est propre et puissante dans son côté primaire et authentique, voit son contenu encore plus grind que pouvait l’être son prédécesseur.

INHUMATE agit vite (tout est relatif), INHUMATE ne s’entoure pas de choses inutiles, et réduit encore et toujours les temps morts. Preuve à l’appui, « I want to kill some Part VI » nous rappelle combien le grind sait être sauvage, primaire, rugueux et intense. C’est d’ailleurs tout son contenu qui est aussi explosif que la nitroglycérine, car « Gravité », « Stardust » et on pourrait citer ainsi tous les morceaux, ne s’écoutent pas avec une oreille distraite.

Cet album est un condensé de violence
du début jusqu’à sa fin, ce qui aura donné à toute la discographie autant de relief dans le grinding death que de tranchées boueuses dans le grind core le plus ravageur, sans tomber dans un esprit originel vraiment punk, mais toujours avec une volonté écrasante de faire sortir la bête qui est en vous. Parce que ce groupe est bestial, et il l’a toujours été. « Eternal life » est conceptuellement spirituel mais musicalement plein de colère instinctivement animale. Et c’est cette dualité qui fait aussi de ce groupe et de ses albums quelque chose d’unique.

Cependant, on y retrouve toujours quelques similitudes
avec des albums précédents, avec des citations qui résonnent fortement à chaque fois, comme ici, avec celle d’Apollinaire.

« Eternal life » et ses trente-deux minutes vient lacérer une dernière fois sur piste les sillons d’une carrière gravée dans la pierre.

Il fallait que ça chie encore une dernière fois, et 22 titres pour écraser l’adversaire sont une bonne occasion pour donner le ton une dernière fois en studio.

INHUMATE/INHUMANITE, de la rage, de la sauvagerie, pour cet ultime album, le groupe nous a offert encore une fois le meilleur de lui-même. Grind your fu
cking souls !

Arch Gros Barbare

19/09/2021