13 avril 2026

GROUPE: NECROLISIS
TITRE ALBUM: Templo de fraude
LABEL: Witches brew
DATE DE SORTIE: 2025
Bordel, aller jusqu’au Costa Rica pour un petit groupe de speed/thrash qui sent la sueur, ça fait toujours plaisir. C’est Witches Brew qui s’y colle, ce label allemand déniche plein de petits combos plein d’agressivité et d’inventivité pour toujours mettre à l’honneur un underground omniprésent depuis de nombreuses années.
Voici le premier album des costariciens qui existent depuis le tout début des années 2000, ça fait donc vingt quatre ans que le groupe perdure, et c’est leur premier album. Des splits, des démos, une compile, la survie la vraie. Enfin une signature sur un label underground hyperactif pour qu’on puisse tâter la marchandise. Et retour aux années 80’s avec du speed thrash chanté moitié en espagnol (colonisation oblige, mais ça chouine pas, ça envoie du bois) moitié en anglais pour plus de trente sept minutes de plaisir non négligé.
Ce premier album possède la sagesse des années et une expérience tout à fait maîtrisée. On y retrouve du saupoudrage d’albums d’anthologie au travers de la musique de « Templo de fraude » avec un speed très influencé par « Kill’em all » sur quelques très bons passages, mais également par la présence d’un thrash assez sombre et brutal proche des Dark Angel et Nuclear Assault. Alors oui, pas de fioritures, et une bonne rouste sur du riff de papa avec des titres comme « Aguarda la muerte », NECROLISIS fait mouche et vient frapper hyper fort avec une recette hyper simple : violence et agressivité. On y ressent quelques relents relativement heavy speed sur « Cuando la langua traiciona » où le spectre d’un Venom bien thrash viendrait coller son odeur pestilentielle d’une manière indélébile. Cet album défonce bien, autant dans son aspect parfois heavy/speed que dans ses ambiances thrash qui encrassent. Le groove ultra brûlant des morceaux fait montre d’une dynamique hyper énergique où NECROLISIS ne vient jamais ralentir ou poser des passages chiants. C’est speed pendant presque trente huit minutes, les solos respirent le headbanging avec une production ultra bien foutue, qui conserve la chaleur des amplis à lampe, tout en permettant d’avoir un son d’ensemble bien propre.
NECROLISIS gagne du terrain à chaque morceau, entre vitesse effrénée et puissance de moissonneuse batteuse stylée vieux Slayer sur « Aguarda la muerte » ou encore « Dejalos Arder », le groupe mène la danse jusqu’à son terme pour ce premier album. Petite branlée aux accents espagnols, « Templo de fraude » est une véritable petite pépite de violence qui remet le bassin en place, plus fort qu’un chiropracteur et plus efficace qu’un ostéopathe, NECROLISIS poutre sévèrement avec des guitares qui chauffent sans jamais tomber dans la brutalité. C’est simplement incroyable de retrouver une énergie perdue, dans des groupes sud-américains qui sont en plein dans la fleur de l’âge pour envoyer la purée avec autant d’ardeur. Et du riff de brutes, il y en a tout de même avec « Terror y violencia » le petit chef d’oeuvre gardé pour la presque fin de l’album avec du broutage de sillons sur les guitares qui avoinent comme les lattes d’un hélico en cours de crash. Sur ce morceau NECROLISIS montre toute sa splendeur et c’est tellement bien écrit dans la douleur que l’album brille de mille feux avec ce morceau , parce que la taperie est en adéquation complète avec les rythmiques tandis que les ralentissements de basse maîtrisent l’ambiance du titre parfaitement. Le solo vient lâcher sa petite goutte d’amour en gelée sur la fin de titre qui offre à l’album un statut d’album quasi cultissime.
Hors de question de passer à côté d’un album de cette trempe, c’est la curiosité qui aura raison de l’ennui et lorsque l’on découvre des groupes aussi racés que NECROLISIS, ça fait rudement plaisir de tomber sur des brûlots aussi méconnus, parce que la musique prend tout son sens et le speed/thrash c’est la vie.
Grosse découvert et magnifique découverte.
Arch Gros Barbare
13/04/2026