THE LOSTS - ENTREVUE 20 04 2026 -


20 avril 2026

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Le heavy metal est une vague de musique qui perdure depuis les années 70’s, on l’a pensé enterré, mais jamais ce style n’a disparu de nos oreilles, jamais le heavy metal ne s’est effacé de notre ligne d’horizon, parce qu’il possède tellement de coeur, tellement de passion, tellement d’inspiration qu’il sera là jusqu’à la fin des temps.
En France, THE LOSTS en est un grand et fier étendard, et depuis seize années ce groupe du Nord de la France n’a jamais cessé de mettre en valeur les couleurs de cette vague, bien que leur style soit légèrement plus sombre, mais à chaque fois grisant.
Troisième album sorti en toute fin de l’année dernière, il y a quelques mois, « Venom Within » est certainement l’album le plus abouti de THE LOSTS aujourd’hui. Et si musicalement le groupe fait toujours vibrer, il fallait savoir si les envies étaient toujours les mêmes après tout ce temps.
Entrevue écrite très intéressante avec Yann, guitariste chanteur du groupe. Entrez dans la danse…

The Losts - Promo 0.jpg (118 KB)Bonjour à toi, j’ai eu du mal, mais nous y sommes enfin. seize ans, seize ans que THE LOSTS existe, d’abord ce qu’il me semble important de savoir, c’est est-ce que la flamme est toujours la même seize ans après ? Est-ce que les objectifs sont les mêmes quand on s’est installé professionnellement, « familialement » avec éventuellement des enfants , et un emploi du temps totalement différent de ce qu’il était il y a seize ans ?

Hello Arch ! Merci de prendre ce temps pour nous !

En 16 ans, la passion évolue forcément. Nos rêves de tremplin et de conquête ne sont forcément plus les mêmes qu’à nos débuts, nous relativisons avec l’âge. La conjoncture pour faire vivre la musique a aussi énormément évolué, ne laissant plus si facilement la possibilité de promouvoir un album sur les planches. C’est un élément extrinsèque qui a forcément une incidence sur la foi. Toutefois, nous sommes fiers de ce que nous avons accompli avec THE LOSTS, fiers d’être toujours là après toutes ces années. C’est toujours une chance de continuer à écrire de la musique et, qui plus est, une musique qui s’est dessinée au fil des années et qui nous appartient bien plus qu’au démarrage du groupe. Comme tu le mentionnes, poursuivre ce projet en parallèle de nos vies personnelles, très différentes les uns des autres, est parfois un challenge mais on s’en sort et la sortie d’un album est toujours un événement grisant !

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De la même manière, un ep et trois albums vu que « Venom within » est donc le troisième album de THE LOSTS, est-ce que l’on aborde, déjà l’écriture d’un troisième album après tout ce temps, de la même manière que la première production ? Je veux dire vu que les motivations ne sont plus les mêmes, est-ce que vous avez estimé qu’il n’y avait aucune deadline, aucun timing obligatoire pour sortir ce « Venom Within », tandis que lorsque vous avez sorti « No god no Devil » à l’époque ça ne devait pas être la même impatience ?

Nous n’avons bien sûr pas abordé le travail de la même manière entre notre première et notre dernière production, déjà parce que nous avons énormément appris dans ce laps de temps tant sur la composition que sur l’enregistrement, la production ou même la planification. Concernant la notion de deadline, j’aurais tendance à dire que cela a fonctionné à l’inverse. Du temps de « No God, No Devil », les choses étaient certes bien moins peaufinées, elles ont donc nécessité moins de temps mais nous n’avions aucun délai. Pour une production comme « Venom Within », il faut pouvoir se fixer un calendrier car il y a une succession d’étapes avec beaucoup à penser et, sans limite, on pourrait vite laisser traîner les choses ou ne jamais s’arrêter de retravailler les titres. Phil (Reinhalter, notre producteur) a parfois dû nous dire : « Stop les gars, là, on y est ! ». Le processus de cet album, du lancement de la préproduction à la sortie du disque, s’est déjà étalé sur presque deux ans. Pour ce troisième album, il y avait également une pression à la composition que nous n’avions pas vraiment ressentie auparavant. Après « Mystery Of Depths », nous n’avions plus de matériel en stock. Il a fallu affronter une certaine angoisse de la page blanche pendant les premières sessions de composition. Pour ce qui est de l’impatience, même si nous ne sommes plus dans la découverte, je pense qu’elle reste bien pressante à chaque préparation de sortie ;-)

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The Losts - Promo 1.jpg (107 KB)Deux autoproductions et ici avec « Venom within » une signature. Qu’est-ce qui a changé pour que vous ayez eu envie de ne plus tout contrôler vous-mêmes d’autant plus que Inverse records est un excellent label finlandais ? Il y a eu du bon taff de leur côté ?

Pour promouvoir nos deux précédents albums, nous avions travaillé avec Ellie Promotion. Par son intermédiaire, nous avions eu également un deal avec Season Of Mist pour distribuer « Mystery Of Depths ». Cette collaboration a été importante pour nous et Elodie d’Ellie Promotion a fait un super travail pour lequel nous lui serons toujours reconnaissants. Avec « Venom Within », nous souhaitions passer un cap en essayant une nouvelle approche. Nous avons démarché de nombreux labels, avons reçu plusieurs réponses plus ou moins sérieuses et sélectionné la plus intéressante, celle avec laquelle nous avons eu le meilleur contact… celle d’Inverse Records ! Nous sommes particulièrement fiers de cette signature car nous sommes l’un des seuls groupes français du roster. Inverse Records a une très bonne réputation et un rayonnement qui nous a permis d’être diffusés partout sur les ondes et de recevoir de belles chroniques de toute l’Europe, d’Amérique du nord et du sud. Inverse Records est dans le circuit depuis des années, il sait ce qu’il fait.

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Chaque étape d’évolution de votre groupe a toujours montré une pochette d’album différente, mais à tous les niveaux, et là aujourd’hui c’est ce rouge et blanc de Alek Vladski qui nous rappelle, en tous les cas me rappelle ce trash polska contemporain bien mis en avant ces dix dernières années, un peu partout et beaucoup en tattoo. Alors qu’est-ce que vous vouliez mettre en avant avec cette illustration qui tranche pas mal de vos précédentes, même si quelque part celle de « Mystery of depths » a pu servir d’intermédiaire ?

Nous avons toujours accordé une place importante aux visuels, en explorant des directions différentes d’une production à une autre. De la photo retouchée par DGC sur « No God, No Devil », du graphisme de Stan W. Decker (qu’on ne présente plus) sur « … Of Shades & Deadlands », du dessin au stylo sur « Mystery Of Depths » par Chadwick St John qui avait travaillé pour Darkthrone, il était temps de changer une nouvelle fois de visage. Alek est un artiste indépendant lillois avec qui nous projetions de travailler depuis longtemps. Les étoiles étaient bien alignées entre sa disponibilité et notre nouveau projet. Alek a fait un peu de tatouage mais c’est marrant parce que je n’avais jamais fait le rapprochement entre ses créations et le monde du tattoo. Il crée des motifs, en fait des tableaux patchwork à partir de dessins, de collages, y ajoute des touches de peinture… C’est très fouillé et personnel. Avec « Venom Within », le concept des Egarés (développé depuis notre premier EP) pose la question de l’existence, de notre nature en tant qu’êtres humains, de ce pouvoir dont nous disposons de créer et de détruire… de ce venin intérieur qui nous hante et peut parfois nous mettre, ainsi que notre environnement, en péril. J’ai toujours adoré feuilleter les planches naturalistes pleines de croquis, de formules, de notes griffonnées comme on peut en trouver chez Deyrolle par exemple. C’est un observatoire de la vie dans toute son essence. Le style d’Alek m’évoque tout à fait cet univers. Il avait donc tout le potentiel pour illustrer très justement la nouvelle orientation conceptuelle de nos textes.

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Du coup THE LOSTS Heavy ou thrash ?

Je dirais Dark Heavy ;-)

The Losts - Promo 2.jpg (91 KB)Malgré tout le côté sombre de THE LOSTS influe pas mal sur votre musique ce qui rend votre heavy metal du coup pas si facilement heavy metal et vos influences musicales plus ténébreuses doivent largement y participer. Quand on écoute l’intro de « A dark place to hide » ou encore « Mellem Verdenerne » et « Exponential Law » ça montre littéralement l’amplitude musicale de THE LOSTS et c’est cette ouverture d’esprit qui fait la force également du groupe . Alors si tu devais vraiment définir musicalement la musique de THE LOSTS sans utiliser aucune étiquette musicale, aucune référence de style , comment présenterais-tu THE LOSTS ?

THE LOSTS compose une musique sombre, dynamique et profondément mélodique qui explore les possibilités vocales. Si elle s’exprime essentiellement sur le plan électrique, elle se joue des bornes de la musique dure et extrême et n’hésite pas à inviter, le temps de quelques notes parfois discrètes, à un voyage autour du monde. La diversité de notre musique est notre force et aussi notre fragilité puisqu’elle ne rentre pas vraiment dans les cases (ce qui a d’ailleurs toujours rendu complexe la recherche d’un label qui ne soit pas exclusivement dédié à un style).

Qu’est-ce que tu en penses ? J’ai respecté la consigne, non ? Je n’ai cité aucun style :D

The Losts - Promo 5.jpg (102 KB)C’est vrai tout de même qu’à l’écoute de « Muspellsheim Ascent » on flirte réellement avec un esprit black mélodique non ?

Tout à fait !

« Until The End », sur l’album précédent s’inscrivait déjà dans cet esprit. C’est une direction que nous aimons beaucoup. Elle permet notamment à JCR de prendre davantage le devant de la scène, de par ses excellentes interprétations vocales extrêmes. J’écoute pas mal de Black Metal, et JCR encore davantage. Un esprit IMMORTAL plane toujours un peu au-dessus de nos têtes. C’est donc assez naturellement que les sessions de composition nous ont emmenés vers ce morceau. Le texte a trouvé son inspiration dans les « Edda » de Snorri Sturluson, on ne peut être davantage aux racines du paganisme scandinave ! « Muspellsheim Ascent » est une allégorie de l’ascension de l’espèce humaine à travers les âges, de son ambition, parfois, de se rapprocher d’une certaine stature divine, avec le risque cependant de se brûler les ailes...

Alors que le père Rob Halford prend de l’âge je trouve que ta voix a pris à chaque album encore plus d’assurance, encore plus de puissance, et quelque part se rapproche pas mal de Rob Halford quand tu te sens l’envie d’aller chercher la note assez haut, et c’est plutôt flagrant sur « Exponential law » justement. C’est quelque chose que l’on t’as déjà dit ? Est-ce que toi tu t’en aperçois et du coup comment tu as travaillé ta voix depuis toutes ces années ?

J’ai souvent lu des références à Rob ou Bruce Dickinson au fil des articles. Bien sûr, c’est flatteur. Ce sont des figures emblématiques et incontournables avec lesquelles, comme tout bon metalleux se respectant, j’ai grandi. J’ai bien conscience que lorsqu’on pousse les aigus, on s’inscrit de fait dans le giron de Rob. Tout comme lorsqu’on use du vibrato, on s’inscrit dans le giron de Bruce. Pourtant je situerais davantage mes influences majeures du côté de Snowy Shaw, King Diamond, ICS Vortex et, bien sûr, toutes proportions gardées sur l’échelle du talent et de la grâce, Andre Matos ! Ces dernières années, j’ai aussi découvert le chanteur norvégien Sturle Dagsland. Il a une hallucinante palette vocale qui m’inspire beaucoup.

Quand j’ai débuté le chant, il y a une petite vingtaine d’années (je suis avant tout guitariste), j’ai eu besoin d’un accompagnement orthophonique pour un enrouement chronique. Je plaçais mal ma voix. Des cours de chant lyrique avec un baryton de l’Opéra de Lille m’ont permis de comprendre tout un tas de choses sur l’appareil phonatoire et ses résonances, le souffle. J’ai pratiqué des exercices d’échauffement du larynx pendant plusieurs années. Je ne ressens plus le besoin de travailler ma voix maintenant. Je connais bien mes forces et mes fragilités. Je pense que c’est ce qui te fait dire que ma voix a pris en assurance. Je connais aussi bien les incidences… ma voix est une vraie éponge. Quand je suis stressé, elle est directement impactée. Mais je sais ce que je dois faire pour la protéger.

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Les backing ont tout de même leur mot à dire dans le musique de THE LOSTS parce que tout le monde met la main à la patte pour faire du backing vocals, qu’ils soient de toutes les couleurs, notamment thrash ou black. Il n’y a pas parfois une envie de tes compères de prendre plus de place sur le chant pour te donner matière à répliquer ?

C’est quelque chose que nous développons depuis longtemps mais c’est vrai que d’album en album, nous tentons de laisser toujours plus de terrain au collectif. Je pense qu’on a trouvé un meilleur équilibre sur « Venom Within ». J’aime beaucoup les groupes comme KISS qui se partagent les chants, même si le registre de chacun de ses membres est assez similaire. Jouer avec les tessitures apporte beaucoup de richesse à la musique. Nous verrons où cela nous mènera à l’avenir, mais la porte est grande ouverte aux expérimentations, aux idées et aux envies de chacun.

En réécoutant chaque album de THE LOSTS on sent nettement l’évolution à chaque nouvel album, cette facette épique reste tout de même collée à votre musique, mais c’est la maturité que l’on ressent surtout sur ce dernier album, une maturité très sûre d’elle qui fait de la musique pour se faire plaisir et surtout faire plaisir aux autres. Vous avez modifié des choses dans votre manière de composer, d’enregistrer sur ce nouvel album ? Explique nous d’ailleurs un peu la production avec Phil de Putrid Offal vu que vous avez fait appel de nouveau à lui et El Mobo dont nous n’avions plus de nouvelles depuis un bail de notre côté ? Ça se passe comment quand un gars comme Phil vous produit, parce que le grind est à des années lumière de votre musique ?

Pour « Mystery Of Depths », nous avions tout enregistré de notre côté et nous avions livré l’album brut à Phil. Il ne restait qu’à l’éditer, le mixer et le masteriser. Phil avait ressenti un peu de frustration car nous n’avions pas pu aller au bout de certaines idées et il avait dû travailler avec une matière difficilement modifiable. Pour « Venom Within », nous avons pris le parti de travailler de manière plus collaborative. Nous avons enregistré une pré-production qui nous a servi à affiner le fil conducteur de l’album et les arrangements avec Phil. Nous lui avons laissé carte blanche dans la direction artistique et il nous a poussés dans nos retranchements, ce qui a été très formateur. Puis, une fois cette base retravaillée, nous avons tout réenregistré, batterie et basse au WaveLight Factory de Phil, guitares et chant dans notre home-studio, avant que Phil ne passe à la phase de mixage. L’album mixé est ensuite passé entre les mains de Mobo au Conkrete Studio. Ce processus a donné une bien meilleure cohérence à l’ensemble.

Côté composition, « Venom Within » est une œuvre également bien plus collective. J’avais pour habitude d’écrire beaucoup de squelettes de nos chansons. Ici, tant DGC que PPG ont fait de même. PPG n’avait pas pu participer à la composition du précédent album, étant arrivé dans le groupe à la fin du processus de production. Il a un sens de la composition et du groove vraiment intéressant. Depuis son arrivée, la musique de THE LOSTS s’en est trouvée grandie !

Enfin, Phil est un excellent musicien et technicien. Au-delà du grind, il enregistre beaucoup de choses différentes et sonorise des spectacles variés. Il a une oreille très aiguisée et des conseils très avisés de producteur. L’avoir à ses côtés constitue une véritable plus-value dans le processus de création d’un album. On s’est beaucoup nourri mutuellement. Il a parfaitement compris notre musique et ce que nous souhaitons en faire. Du grind, il garde peut-être un réflexe : il aime beaucoup raccourcir les morceaux :D Mais c’est tout à son honneur car ceux-ci gagnent en impact !

Et parle moi un peu des guests ?

Celles et ceux qui suivent l’histoire de THE LOSTS savent qu’on aime faire participer notre communauté. L’idée de « Mellem Verdenerne » (« entre les mondes » en danois) était de transporter l’auditeur d’une dimension musicale orientale à une dimension musicale occidentale, plus spécifiquement nordique. Ce morceau s’inscrit dans le concept des Egarés en évoquant la représentativité de l’humanité. Le terrain était rêvé pour solliciter OfRo, un producteur et compositeur tamoul très renommé en Inde, qui s’avère être également notre beau-frère, à DGC et moi-même. Il a magnifiquement complété le morceau sur le plan rythmique, en y ajoutant des percussions indiennes et beats électro. Gabrielle, ma fille, a apporté quelques notes de piano sur la partie plus baroque du morceau, pour soutenir ma mandoline. Elle avait déjà participé à un de nos albums puisque c’est elle, la petite voix que l’on peut entendre en introduction de « Dr Punkelstein – The Maximator » sur « … Of Shades & Deadlands ».

Enfin, nous souhaitions développer un duo avec une voix féminine. DGC côtoyait Valérie du groupe de Metal gothique Penumbra, dans le cadre professionnel. Il nous a donc suggéré cette excellente idée. Elle a tout de suite accepté le projet et nous avons été enchantés de sa contribution !

Quand on écoute « Here comes tragedy » avec la participation de Valérie de Penumbra, la musique de THE LOSTS prend encore un autre tournant. Alors ma question est simple, quand on connaît Penumbra, est-ce que le morceau « Here comes tragedy » avait été dans cette intention presque sympho ou quand vous y avez intégré la participation de Valérie vous l’avez fait évolué au fur et à mesure de l’enregistrement, parce qu’il a tout particulièrement une facette très orchestrale, même si vous y gardez une signature tellement heavy metal traditionnel sur le solo ?

« Here Comes Tragedy » avait été écrite au départ dans une veine MEMENTO MORI. Elle a pris son essence à l’enregistrement, avant de devenir le théâtre du duo de voix. J’avais imaginé le chœur d’avant solo en pré-production, Phil avait proposé les pizzicati sur l’introduction et les nappes de claviers soutenaient ma voix sur les refrains. On pouvait déjà trouver ce type d’orchestration sur « The Drug I Miss », dans notre précédent album. Le guest avec Valérie aurait pu tomber à l’eau car l’incorporation de ses voix s’est faite un peu au dernier moment… On a bien fait de s’accrocher à l’idée car le titre a encore pris une toute autre dimension !

Je parlais de KISS tout à l’heure. C’était la référence principale pour la partie solo. Un morceau sombre et atmosphérique avec une étrange rupture hard rock en guise de final ;)

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The Losts - Promo PPG.jpg (102 KB)En fait cet album me fait halluciner tellement il a de la puissance sur chacun des morceaux. Je parlais de côté épique, mais c’est simplement excellent sur « The headless cross reloaded », le riff est terriblement efficace. Vous vouliez parler de quoi en titrant celui-ci « The headless cross reloaded » ?

« The Headless Cross » est le tout premier morceau que nous avons enregistré, pour apparaître sur la compilation Howl #1. C’était en 2011, au LB Lab. Nous avions d’ailleurs utilisé la première batterie d’Hervé Coquerel de LOUDBLAST pour l’enregistrement. On avait fait ça en une ou deux journées express, on n’était clairement pas prêts, nous découvrions le monde du studio. Cette démo a été remasterisée pour paraître sur notre premier EP « No God, No Devil », en 2013, mais nous n’en avons jamais été satisfaits. C’était une chanson importante à nos débuts. Elle marquait également les premiers propos de la Genèse des Égarés : « Pas de Dieu, pas de Diable pour les guider, sous la croix sans tête, ce sont les Egarés ». Ce qui est un peu devenu la devise de THE LOSTS. On trouve la fameuse « Croix sans tête » sur la tranche de chacun de nos CDs.

Nous avions toujours en tête de la réenregistrer. Nous avons donc réécrit certaines parties pour coller à notre évolution et l’avons rebaptisée « The Headless Cross Reloaded ». Comme on entend JCR l’éructer dans cette nouvelle version : « We’re still lost ».

Voici quelques mois que ce nouvel album est sorti puisqu’il est dispo depuis la toute fin de l’année 2025. Est-ce que quelques dates sont prévues , je sais que vous avez joué à Lille, mais est-ce que quelques excursions sont prévues qu’on puisse vous saluer sur les planches ?

Je t’avoue en toute transparence qu’on touche ici un point sensible. J’évoquais un peu plus haut, le climat devenu complexe pour la scène. A la sortie de « Mystery Of Depths », le monde revivait après l’étrange période COVID. Nous n’avions eu quasiment à faire aucune démarche de booking, nos dates reposaient sur la base d’invitations de festivals ou d’organisations. 5 ans plus tard, malgré une étape encore supérieure franchie avec cet album et la signature sur un label, c’est une toute autre ambiance qui nous cueille. Nous nous sommes retroussés les manches pour programmer des dates mais nous sommes confrontés pour la première fois depuis nos débuts à des salles qui ne répondent pas, des festivals qui estiment que nous sommes « trop pro » pour leur programmation, « trop metal » ou « pas assez extrêmes ». Nous n’arrivons toujours pas à passer la barre de certains festivals pour lesquels nous postulons régulièrement. Nous avons dû refuser deux dates, l’une au Luxembourg, l’autre à Amsterdam, pour cause de conditions déplorables qui nous auraient coûté des bras (et on a bien besoin de nos deux bras pour jouer). Bref, nous sommes très circonspects, un peu désabusés aussi. Nous sommes conscients que nous ne rentrons pas dans les standards actuels consistant à inonder les réseaux de clips, captations live ou autres stories. Ça ne nous intéresse pas spécialement. Mais il y a de quoi s’interroger… C’est assez triste et peut-être y a-t-il quelque chose à accepter dans l’évolution du monde du spectacle.

Avant de se quitter j’aimerais que tu me parles de ta passion pour ANGRA, que tu me parles de leur découverte, de leurs albums de leurs chanteurs, parce que c’est tellement bon d’écouter ou de lire les fans quand ils parlent avec passion d’un groupe qu’ils adorent.

Oulà, tu me lances sur un sujet dont ni toi ni moi ne risquons de ressortir indemnes :D

Plus qu’ANGRA, c’est d’Andre Matos dont je suis véritablement fan. Bien sûr, la période 92-98 du groupe représente, pour moi, la perfection musicale, la symbiose ultime entre musiciens. Mais, après leur split, même si j’ai suivi le tandem de guitaristes jusqu’à la fin de l’ère Edu (je n’ai pas du tout aimé la période Fabio. Je n’ai pas trouvé le chanteur à sa place), j’ai surtout voué culte et fidélité à Andre.

Cet amour a débuté en 1996, à la découverte du morceau « Nothing To Say » sur la compilation « Metal Explosion Volume 2 » de Metallian, acheté pour quelques francs qui traînaient dans ma poche de jean. Un copain m’avait ensuite prêté l’album « Holy Land », que j’avais copié sur une cassette préenregistrée de new age, trouvée dans un placard de mes parents. J’y avais mis du Scotch sur les encoches pour pouvoir enregistrer dessus. J’étais à l’aube de mes 15 ans et j’étais essentiellement fan de MEGADETH à ce moment (une autre passion qui n’a pas diminué avec le temps). « Holy Land » a été un puissant revers de la main sur ma joue d’ado en quête d’exploration. 30 ans plus tard, cette œuvre reste un trésor plein de mystères que je chéris précieusement et de manière inconditionnelle. Comment ce groupe a-t-il pu synthétiser l’énergie d’HELLOWEEN, la maestria de QUEEN, la plume de Schubert, et la cadence de Caetano Veloso avec autant de finesse, de virtuosité, d’éclat ? « Holy Land » est d’une richesse renversante, il incarne à lui seul le concept de liberté. Et puis, en son noyau brûlant, il y avait Andre, mon maître à écrire, mon maître à chanter, mon maître à vibrer.

J’ai poursuivi ma rencontre avec lui à rebours, avec les autres chefs-d’œuvre que sont « Angels Cry », « Reaching Horizons », mais également VIPER et ses deux albums. Puis les EP et « Fireworks » d’ANGRA, la démo de LOOKING GLASS SELF, le projet VIRGO, l’après ANGRA avec SHAMAN bien sûr, ANDRE MATOS BAND, SYMFONIA, ses participations ci et là… Andre avait un peu perdu de son aura, pourtant jusqu’à « The Turn Of The Lights » - dernier album studio - je lui ai toujours trouvé une rare portée émotionnelle. J’ai tant espéré son retour sur des scènes européennes, un album de VIPER faisant suite au single de 2020, voire…. une reformation d’ANGRA, jusqu’à cette terrible annonce du 8 juin 2019. Je ne l’aurai rencontré que deux fois. Je trouve tellement injuste qu’il n’ait pas davantage marqué l’Histoire de la musique, au-delà des bornes de la musique metal. Son timbre touchait au divin et sa plume en dessinait un écrin. Il avait tout d’un maestro. Il me manque terriblement. Je serai présent le 23 septembre à l’Olympia, pour lui rendre un ultime hommage.

Je pourrais te faire un roman mais j’ai peur que vous ne soyez plus très nombreux à le lire:D


Je te laisse la dernière phrase, et surtout nous indiquer où , comment, quand on peut vous contacter, vous voir, acheter vos productions et votre merch, merci à toi pour ce temps consacré et à très bientôt.

Je te remercie pour ton soutien bien présent depuis nos débuts !

« Venom Within » est disponible en version CD sur le site d’Inverse Records ou sur notre page Bandcamp (attention : frais de port internationaux, le CD voyageant au départ de la Finlande). Il est également en écoute sur toutes les plateformes de streaming.

Vous pouvez retrouver nos précédentes productions et le merch associé sur notre page Bandcamp.

Mais que ce soit pour une commande, quelques mots ou un booking, n’hésitez surtout pas à nous contacter directement via nos réseaux sociaux. Nous avons nos propres stocks de produits et nous prendrons le temps de vous répondre avec grand plaisir !

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20 04 2026