23 février 2026

GROUPE: ARCHVILE KING
TITRE ALBUM: Aux heures désespérées
LABEL: Les acteurs de l’ombre productions
DATE DE SORTIE: 2026
C’est intéressant de voir qu’au fur et à mesure des années l’époque médiévale, les inspirations médiévales se sont lentement répandues et ont petit à petit déteint sur d’autres courants musicaux. Alors pas que cela n’existait pas, pas que les musiques folk n’étaient pas déjà là et qu’une frange du heavy metal ait abandonné cette thématique ; mais malgré tout, dans les années 2020 alors que nous avons passé la bascule pour nous approcher des 2030 tout de même, le black metal contemporain, le black metal surtout français quelque part, s’est épris de cette thématique. L’on retrouve de plus en plus de groupes ou de one man bands qui se sont appropriés cette thématique dans leur musique noire , pour en faire ressortir quelque chose de noble, en incorporant des leads et des rythmiques qui sont facilement identifiables et assimilables aux temps médiévaux.
Et puisque l’on parle de one man band, ARCHVILE KING en est un. C’est toujours grisant de voir comment un multi instrumentiste écrit, compose, orchestre et interprète, parce que c’est un exercice qui demande une grande ouverture d’esprit pour arriver à un résultat final aussi complet.
Si ARCHVILE KING avait sorti un EP de blackened thrash réellement efficace et attirant, suivi d’un premier album en 2022 toujours chez LADLO, ce second album était le contrôle qualité , la vérification ultime qui fait suite aux plâtres du premier ep, et à la possible chance du premier album où le ou les artistes peuvent avoir en fait tout donné.
Mais non, ce n’était pas de la chance ARCHVILE KING prouve avec ce nouvel album qu’il sait composer un black metal ancré dans les souffrances et angoisses actuelles, en étant tourné vers le passé. Le passé musical du black metal, car si la plupart des titres possèdent de grandes fresques mélodiques aux envolées ténébreuses, la rage et la hargne abyssales du black metal sont bel et bien présentes.
On y ressent également beaucoup de racines heavy metal, notamment sur le lead de « Le carneval du roi des vers » qui reste un titre phare de l’album car le sieur Baurus sait y mettre une énergie tout aussi puissante que sa mélodie.
Et d’ailleurs le combo avec « Sepulture », rappelle au loin la poésie que pouvaient avoir les italiens de Evol dans les années 90 avec sur son entrée, ces nappes de claviers qui dominaient l’endroit et où l’hiver prenait sa place pour ne laisser entre que le froid dans les âmes des malheureux présents. Mais n’y voyons aucune réelle comparaison, car c’est aussi sur ce morceau que ARCHVILE KING arrive à alterner avec une mélancolie digne d’un Sopor Aeternus, passages lancinants à la tristesse infinie et violence contrôlée par un spleen musical très black et mélodique où les émotions sont legion autant que les mouvements différents présents uniquement dans cette chanson. Et rien que pour ces deux morceaux de choix, ce nouvel album se doit d’être vôtre, parce que ARCHVILE KING a écrit là quelque chose d’intense et de prenant.
A cela ajoutons également un artwork signé David Thierrée, d’une beauté infinie qui laisse briller les couleurs bleu et rouge de part et d’autre du dormeur étendu laissant le blanc de son armure lui aussi briller d’une manière étincelante.
C’est un instant de qualité qu’offre ce nouvel album et ces quarante six minutes, parce que ARCHVILE KING ne propose pas uniquement du black metal plutôt orienté vers des atmosphères mélodiques, il offre une histoire, de la poésie et met à l’honneur comme beaucoup aujourd’hui direz-vous, la langue de Molière si lâchement assassinée ces dernières années.
Chaque titre possède sa personnalité, quand « Aux heures désespérées » laisse sa souffrance vous envahir avec toujours le rappel d’un lead guitare qui vous tire et vous mène vers la sortie, ou encore la violence d’une « Riposte » tellement dramatique.
Toutes les introductions sont pensées pour être fusionnelles avec le titre et en phase avec l’album lui-même. Et du « Chant des braves » jusqu’à ces « batailles abandonnées » qui précèdent les « hommes misérables », ARCHVILE KING nous fait découvrir un album riche de mélodies, gourmand en sombres sensations et finalement procure un réel moment d’exaltation musicale notamment si l’on s’accroche « A ces batailles abandonnées ».
C’est enfin, pour clore cette découverte, un album aéré, qui ne se concentre pas en un endroit, mais qui part ces morceaux eux-mêmes laisse respirer l’écoute et apprécier réellement le black metal de ARCHVILE KING. Et terminer avec cet instrumentale « Et aux hommes misérables » ne pouvait qu’être finement joué afin d’apposer une ultime touche stellaire à cet excellent album.
La torpeur aura raison de nous un jour ou l’autre...
Arch Gros Barbare
23/02/2026