23 février 2026

GROUPE: CRYPTIC PROCESS
TITRE ALBUM: Human Snack
LABEL: partenariat avec Crypt Of Dr Gore
DATE DE SORTIE: 2025
Sachez une chose : « la séduction chez les papillons est une question de survie de l’espèce.
Pour accomplir leur mission de perpétuation de l’espèce, les papillons, dont la brève existence ne s’étale que de quelques semaines à quelques mois, sont confrontés à plusieurs défis :
Le mâle doit trouver une partenaire de son espèce, s’assurer qu’elle est disposée à s’accoupler et la convaincre de le choisir ; La femelle évalue le partenaire potentiel selon la couleur et la brillance de ses ailes, sa taille, son odeur, sa performance de « danseur » et sa ténacité » dixit la ville de Montréal
Mais ceci n’a absolument , mais absolument rien à voir avec la nouvelle production de CRYPTIC PROCESS.
« Gulps » les petits gourmands, voici le retour de CRYPTIC PROCESS, on ne change pas une équipe qui gagne. Rappelez-vous « Human snack » avec Ugo ( Trepan Dead, ex-Goryptic) et Dam (ex-Goryptic, ex-Unsu), de la violence de la brutalité, de l’inhumanité dans l’horreur et de la musique en plein milieu. Ben voici la suite.
En beaucoup plus court bien sûr, six titres au lieu de neuf, puisque c’est un mini album, et dix huit minutes au lieu de trente trois pour découvrir les subtilités . Pas le temps de s’encombrer en bagages inutiles, laissez les trousses de secours, et n’emportez que le strict nécessaire. Le voyage va être court, mais intense.
Intense au point d’être sonné par la brutalité des morceaux de CRYPTIC PROCESS parce que dire que c’est du brutal death est un euphémisme sournois pour mieux vous ébouriffer la chevelure dans les moments d’excitation sur les première secondes de « Cryptalepsy » (vous devez avoir l’image de ce petit geste amical dans les cheveux du neveu ou du plus teuteu des copains que vous avez...bon bref). Et l’intensité, reste la principale occupation de CRYPTIC PROCESS.
Voici donc une petite suite au terrible « Human snack » qui avait haché menu les plus courageux d’entre vous qui aviez posé une oreille dessus au risque de se la faire arracher.
CRYPTIC PROCESS n’a rien changé de ses inspirations ça hurle, ça gueule, ça suinte le saindoux parfois brutal death core mais pas assez assaisonné pour qu’on en soit dégoûté.
Mais il y a de la subtilité dans toute cette intensité, en effet car si CRYPTIC PROCESS ne relâche jamais la pression durant ces dix huit minutes, il faut admettre sincèrement que le duo oscille entre brutal death, death brutal, grind death et quelques sonorités slam et death core. Pas tant dans l’égorgement de ces pauvres porcins et marcassins (on parle bien des vocaux et de l’idée, pas la peine d’alerter les défenseurs de la cause animale, c’est de la musique), mais dans les changements de rythmiques extrêmement bien incisées de manière chirurgicale. Parce que rien que sur « Cryptalepsy » , CRYPTIC PROCESS fait une démonstration de plusieurs courants musicaux réunis en un seul bloc de pierre qui terrasse tout sur son passage. Mais ce n’est rien comparé à la folie des cordes de « Slurping the sludge », parce que là , CRYPTIC PROCESS laisse ressortir son côté core (eeeeh oui, il fallait bien que ça vienne) en début de chansonnette pour la mettre aux oubliettes quand les riffs de papa arrivent. Ça bute sévèrement dans la brutalité avec un chant qui prend vraiment une puissance de death brutal et CRYPTIC PROCESS, fait une réelle démonstration de puissance et d’efficacité.
Combo : ambiance- saccage – tolérance zéro
Résultat : éradication de l’humanité
CRYPTIC PROCESS évolue au fur et à mesure de ces dix huit minutes, avec des titres que des groupes tels que Cryptopsy n’auraient jamais désavoué . On retrouve sur le morceau « Gulps » la facette très brutale mais death de CRYPTIC PROCESS qui s’enfonce dans le pilonnement massif et épais, voire très épais. Ce qui permet au mini album de prendre de la hauteur parce que le titre « Gulps » est réellement savoureux et met en exergue un savoir faire parfois très américanisé, mais pourtant typiquement et fièrement français.
Etrangement, c’est à partir de ce morceau que le grinding death vient réellement à point nommé en plein dans la face du brutal death et « Fashion gruiik » est un moment d’amour de la violence si immodéré que le morceau est bien trop court pour vous permettre de les béatifier. Et c’est pas fini parce que « Zôlthürax » et son intro rappellent Gordon Freeman qui combat ces putains d’extra terrestres dans Half Life, et là on sait que CRYPTIC PROCESS est interplanétaire et que leur musique parle aux aliens. Alors que les atmosphères plus brutales mais bas du front en mode mono sourcil avec du riff de néanderthalien refont surfacent , CRYPTIC PROCESS ralenti la cadence pour permettre aux plus fragiles de respirer un peu à travers le sac plastique attaché autour de la tête. Et ce sera comme ça jusqu’à la fin.
Pourtant « Nychtemeral ordeal » tient là encore plus du death brutal très technique, on n’est pas chez Archspire mais le chant de Dam prend une vitesse dont le débit par endroits s’en approche fortement.
CRYPTIC PROCESS signe ici une magnifique suite à « Human snack » en poursuivant son évolution et propose un bien bel objet en digipack dont l’illustration signée Rudi Yanto met sincèrement en valeur le contenu de ce mini album aux multiples qualités.
Est-ce que « Gulps » vaut la peine ? Evidemment que oui.
Arch Gros Barbare
23/02/2026