CARCOLH -The Life and Works of Death-


04 mai 2021

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Groupe : CARCOLH

Titre : The Life and Works of Death

Label : Sleeping Church Records

Année : 2021

Plus le temps passe, plus ce groupe fait des merveilles et plus sa musique devient addictive. CARCOLH, groupe de doom pur de la région Sud-Ouest Bordelaise, composé d’ex-MARBLE CHARIOT (doom), d’ex-DEGRADED (grind), d’ex-OYABUN (stoner) et d’ex-HEXENJÄGER (stoner doom), réussit à devenir, avec ce second album, un incontournable des groupes de doom français actuels.

En effet, si « Rising Sons of Saturn » était déjà un chef-d’œuvre grâce au changement d’atmosphères doomesques que les ex-MARBLE CHARIOT avaient su prendre, on se rend compte aujourd’hui, avec ce second album, que « The Life and Works of Death » est une véritable révélation.

Ce nouvel album va encore plus loin que son prédécesseur. Déjà visuellement, l’artwork de J.R. Erebe offre au groupe la noblesse qu’il mérite depuis le premier album, et c’est de façon unanime que son contenu de six titres pour presque cinquante minutes, pénètre les moindres pores de votre épiderme, la plus petite terminaison nerveuse de votre cerveau et le plus petit recoin de votre âme pour vous toucher, et prendre possession de votre moi le plus profond, afin de vous permettre de glisser sans appréhension dans un univers grisâtre et spleenant de mélancolie.

CARCOLH touche le firmament de la musique doom avec ce nouvel album. La voix de Sébastien Fanton a tellement progressé qu’elle en est devenue parfaite pour vêtir les mélodies d’un habit automnal, mettant à l’abri du froid et de la pluie les harmonies qui se dissimulent derrière l’odeur de mort omniprésente sur l’intégralité des titres.

Différent du premier album, peut-être plus sombre, « The Life and Works of Death » prouve sans discussion d’ores et déjà que le doom de CARCOLH peut et sait évoluer, pour que sa musique traditionnelle s’affine, se cherche et se trouve.

Nous voilà donc avec un album aux guitares lentes mais brûlantes de fièvre, dont les cordes vibrent à chaque note pour laisser à la voix la possibilité de transcender cette ambiance de mort et de poésie.

C’est de la profondeur qu’est venue l’inspiration. Rien que la rythmique très BATHORY, à la « Twilight of The Gods » sur « From Dark Ages They Came », offre une ouverture sans limite et si somptueuse à l’album ; les guitares mènent la danse pour évoluer vers quelque chose de plus groove, ce qui est aisé au vu des presque neuf minutes que contient la chanson.

Le côté pachydermique du doom de CARCOLH est devenu nettement proche de groupes tels que CRYPT SERMON ou ARGUS, toute cette génération de nouveaux groupes de doom qui s’inspirent des SOLITUDE AETERNUS, BLACK SABBATH ou autres COUNT RAVEN et REVEREND BIZARRE, tout en y apportant cette chaleur nouvelle, cette légèreté presque par moments et une facette très heavy metal.

Un heavy metal que l’on ressent sur chaque titre, car à chaque titre son solo, et lorsque la lourdeur groovy vient à prendre le pas, CARCOLH rappelle ses multiples racines par un solo riche d’ambiance enflammée qui surfe avec son cercueil sur la facette épique de la musique du groupe.

Les vibrations de cet album ne sont pas que dans le son de cette basse omniprésente ou de ces guitares velues, non… l’inspiration du groupe n’aura jamais été si puissante, si pertinente.

Ils arrivent à vous faire tenir plus de dix minutes sur un morceau pesamment mélancolique, « The Blind Goddess » et deviennent death/doom de luxe avec « When the Embers Light the Way ».

Rien n’est laissé au hasard sur ce nouvel album, de la profondeur des vocaux aux harmonies des guitares, CARCOLH maîtrise aujourd’hui sa destinée, et offre au public un doom complet, millésimé et inimitable.

Rien n’est oublié, jusqu’au titre au chant clair, limpide et si funèbre qu’offre « Aftermath », digne d’un TIAMAT de « Wildhoney », et l’on s’aperçoit de la progression vocale de Seb Fanton à vous en donner des frissons.

A chaque chanson l’on se dit que c’est la meilleure de l’album, et jusqu’à « Sepulchre » qui comme une épitaphe vient clore ce moment de liberté qui manque à beaucoup depuis tellement longtemps.

« The Life and Works of Death » est en effet… incontournable.

Arch Gros Barbare

04/05/2021