CREEPING FEAR -Interview- 28 04 2021


04 mai 2021

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Album de confirmation, brutal, travaillé, noir et prometteur, « Hategod triumph", fait partie des albums français de death metal de 2021, dont l’accroche est indubitable. Interview avec Clément….

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Quatre ans après « Onward to apocalypse », deux membres sont partis, deux sont arrivés, il s’est passé quoi ?

Est-ce que l’arrivée des nouveaux a bien changé la donne en matière d’écriture ou d’interprétation stylistique sur les morceaux de ce nouvel album, ou tout était déjà réglé avant leur venue ?

Clément : Hello, effectivement, nous avons accueilli Paul et Théo au sein du line up respectivement au poste de bassiste et batteur. Les anciens membres souhaitant tout simplement se consacrer à d’autres projets ! Oui, il y a eu un impact, tout n’était pas écrit lorsqu’ils sont arrivés et de par leur niveau technique respectif, ils ont poussé vers le haut l’écriture.

Est-ce que les idées sont uniquement celles de Clément ou CREEPING FEAR est un groupe à part entière ?

Et si vous avez composé en 2020, est-ce que rien n’était écrit avant ?

Clément :Tout dépend des titres ; les idées viennent majoritairement de Gabriel et moi-même. On en discute et les thèmes et compos se créent petit à petit. Oui, certains titres comme « Hate Crush Consume » sont composés depuis plusieurs années maintenant.

Le line-up est-il un sérieux problème chez CREEPING FEAR ? A quoi c’est dû ?

Clément : Non, ce n’est pas un réel problème mais il y a des changements comme dans tous les groupes. Je pense qu’il est difficile de rester motivé avec un niveau d’exigence élevé sur la durée il faut être très passionné. Au-delà de ça, les années passent et les objectifs pro/perso de chacun évolue !

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« Onward to apocalypse » avait déjà laissé une belle trace, mais ce nouvel album devrait enfoncer l’empreinte plus profondément, à commencer par son visuel. On est en haut du panier avec cet artwork de Paolo Girardi non ?

Clément : Effectivement, nous avons eu la chance de travailler avec le maître Girardi. Son travail parle de lui-même ; nous sommes très satisfaits du travail qu’il a réalisé pour l’artwork d’« Hategod Triumph » !!

En plus « Hategod Triumph » fait l’objet d’une sortie vinyle qui justement met encore plus en valeur cet artwork, et c’est votre première sortie vinyle, alors heureux du travail réalisé par Dolorem Records ?

Clément : Tout à fait, c’est notre première sortie sous ce format et comme tu le précises, l’artwork s’y prête et est particulièrement mis en valeur. Oui, très satisfaits ; ils nous ont bien épaulés dans toutes les étapes de la sortie.

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Qu’est-ce qui a changé chez CREEPING FEAR musicalement entre « Onward to apocalypse » et « Hategod triumph », est-ce que votre death metal a pris cette espèce de maturité qui fait qu’on perd en brutalité primaire pour gagner en personnalité, pour accentuer certaines choses dans la composition, expérimenter de nouvelles choses ? D’ailleurs, qu’avez-vous expérimenté sur cet album que vous n’aviez pas osé faire sur le premier ?

Clément : Il y a eu un changement ; je pense que tu l’as perçu. Nous avons, tout au long du processus de composition, tenté de rendre les chansons plus sombres, plus démoniaques, de tendre vers nos influences plus black metal sans pour autant en faire. Il n’y a pas vraiment d’expérimentation comparé au précédent. Je peux par contre te dire que nous nous sommes bien plus donnés avec Gabriel sur les leads et les solos et que nous sommes clairement sortis de notre zone de confort !!

Est-ce qu’il y a justement des erreurs que vous aviez commises, que vous avez eu l’intelligence d’éviter sur celui-ci ?

Clément : Sans parler d’erreurs, nous avons forcément gagné en expérience d’un album à l’autre. Il y a des choses qui ne s’entendent pas pour l’auditeur mais nous avons essayé d’avoir le son définitif directement durant les prises en studio, ce qui je pense, se ressent sur le son.

En allant cette fois-ci au Hybreed Studio et au Henosis, vous êtes allés chercher quoi exactement ?

Clément : Une production différente plus adapté au petit virage stylistique que nous avions entamé. C’est aussi une question pratique ; les deux studios sont en Ile-De-France, c’était l’idéal pour nous.

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Parce que Francis Caste vous avait enregistré et mixé le premier album, et là, vous vous êtes même payés le luxe de faire masteriser « Hategod triumph » par Dan Swanö, ce qui semble être redevenu récurrent chez les groupes français non ?

Clément : Oui, effectivement, Dan Swanö a masterisé la version CD et la version vinyle. Je ne saurais te dire si c’est récurrent mais il a fait du très bon boulot et c’est quelqu’un de très cool et abordable.

Creeping_Fear_CD.png (261 KB)Ce second album est tout de même nettement moins long que le premier : on passe de 43 minutes à 36 minutes, avec aussi un titre en moins, qu’est-ce qui explique ça ?

Clément : Ce n’est pas quelque chose de volontaire, dans le processus d’enregistrement nous nous sommes dit lorsque que nous nous préparions que c’était le maximum que nous arriverions à enregistrer proprement dans le temps de studio qui était prévu. L’album est assez dense même si les chansons sont courtes (et que tout est vraiment joué, pas de batterie programmée etc.). Chaque titre nous a pris beaucoup de temps et d’énergie.

Si l’on regarde de plus près, les titres sont plus harmonisés, avec moins de disparités dans les longueurs qui oscillaient entre 3 et 6 minutes sur votre premier album pour ici avoisiner les 4 minutes à chaque fois, hormis pour un morceau « Hategod triumph » qui effectivement dépasse les six minutes ; mais c’est le seul cette fois-ci. Alors je sais bien que rien n’est forcément calculé, mais avez-vous eu envie d’être plus expéditif sur les morceaux, je veux dire, plus percutant et pertinent dans un temps moins conséquent ?

Clément : Comme tu l’as dit, ce n’est pas forcément calculé ; on ne se met pas de contrainte de durée sur les titres !

En termes de carrière, si l’on peut parler de carrière dans l’underground, et encore plus en France, et encore plus dans les années 2020, que représente pour vous ce second album ? Est-ce que cela veut dire que CREEPING FEAR, malgré les changements de line-up et la conjoncture actuelle, n’est pas près de s’arrêter ? Ceci dit, le groupe existe maintenant depuis plus de dix ans…

Clément : Ce n’est pas une question facile. Je pense qu’on a passé un cap, que le style du groupe s’est affirmé. Nous verrons bien comment l’album sera reçu et comment il tiendra sur la durée !! Oui, pour tout te dire, nous en parlions récemment avec Gabriel ; nous n’avons pas envie d’arrêter et nous avons déjà commencé à écrire le prochain album !

On vous a souvent donné des influences, mais qu’est-ce qui influence vraiment le death metal de CREEPING FEAR, tant musicalement qu’intellectuellement et humainement ?

Clément : C’est un mélange entre des événements réels et un monde fantasmé, sombre et diabolique tout simplement.

C’est toujours toi Clément qui écris bien-sûr le plus de choses dans CREEPING FEAR puisque ce groupe a été créé sous ton impulsion. Est-ce que si l’écriture musicale, la composition sont peut-être plus faciles que l’écriture en termes de paroles, est-ce qu’il t’est arrivé de ne pas savoir quoi mettre en thèmes ? Je veux dire, à chaque fois, tu sais de quoi parler lorsque tu composes la musique ?

Clément : Oui c’est déjà arrivé, que ce soit pour la musique ou les paroles, il y a toujours des périodes où je sèche ! Je vois cela comme un travail de construction : les choses se font petit à petit, il faut y revenir à plusieurs fois. Pour répondre à ta seconde question, oui, souvent les riffs de guitare viennent avant les paroles.

Est-ce qu’à un moment, quand on fait du death metal, on arrive en dehors de la musique à bout de thèmes à explorer ou de thèmes à aborder, attendu que certains ne s’intéressent jamais aux paroles ?

Clément : Pour le moment non, je suppose que l’inspiration ne se commande pas. Peut-être qu’un jour, je serai lassé d’écrire pour ce type de musique !

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Et si CREEPING FEAR devait encore évoluer musicalement, voire radicalement, quel chemin pourrait être emprunté ?

Clément : Honnêtement, je n’y ai jamais pensé. Je pense que nous ferions un projet sous un autre nom si nous voulions faire quelque chose de radicalement différent. Pour le moment, nous avons envie de perfectionner ce que nous faisons déjà !

Pour terminer, j’aimerais savoir ce qui te motive, d’abord à faire de la musique ? Est-ce que d’ailleurs, tu exerces une profession proche de la musique ? Et ensuite, qu’est-ce qui te motive principalement dans la musique death metal ? Pourquoi celle-ci pour toi et pas une autre ?

Clément : C’est une bonne question. A vrai dire, je ne me la pose jamais la question ; j’aime ça, c’est viscéral. Je me lève le matin en y pensant ; j’aime jouer de la guitare et créer. Non, je travaille dans un domaine à des années-lumière de la musique. Pour te répondre sur pourquoi le Death Metal, c’est tout d’abord le son, l’ensemble guitare/basse/batterie si particulier, la violence, le groove, évidemment la voix et les thématiques abordées !! Mais aussi la diversité de la scène Death, son évolution je trouve ça passionnant !

Arch Gros Barbare

04/05/2021