EXHAUSTER - Even After Death -


02 juillet 2024

EXHAUSTER.jpeg (82 KB)

Groupe : EXHAUSTER

Titre : Even After Death

Label : Prana Concept

Année : 2023

Ca faisait un petit moment que les yeux commençaient à se river dessus, EXHAUSTER renaissait de ses cendres avec Jean Suire et Pascal Davoury, trois nouveaux membres et pas des lapins de six semaines, ensuite le tour était joué. Ce groupe de thrash violent et bien français, après sa formation en 1989, a sorti quelques démos de 1991 à 1994, puis plus rien.

Il aura fallu attendre plus de vingt huit temps pour que le groupe renaisse de ses cendres . Alors d’abord on a pu trouver une réédition « Reissue from hell » , avec les deux démos « Enjoyment of death » et « No way back ». Mais pour pouvoir avancer, il faut toujours savoir regarder derrière et faire un vrai bilan. Donc ici, ne pas gaspiller et ne pas oublier la video à la Mjc de Sartrouville, raison pour laquelle la même année est sorti ce mini « Even After death ». Celui-ci contient des nouveaux enregistrements de titres qui étaient présents sur la vidéo de Sartrouville et dont d’ailleurs la pochette signée Raphaël Huyghues est celle d’origine.

Cinq titres, dont un live qui n’est autre qu’une reprise de Massacra « Enjoy the violence » qui montre la volonté d’ EXHAUSTER de sortir des catacombes et d’envoyer sévèrement son thrash/death poilu à la tronche de tous les passants.

Ce petit digipack bien branlé avec paroles vous permet de constater la bonne agressivité du groupe qui n’a rien perdu de son efficacité.
« Madness on the road » se situe entre un « Storming with menace » de Kreator et un « Epidemic of violence » de Demolition Hammer, avec la puissance d’une production actuelle, c’est ce côté thrash/death qui donne à EXHAUSTER cette puissance dans sa violence musicale. Charles Huitric a d’ailleurs cette tessiture au chant proche des Mille Petrozza de l’époque, et d’un Steve Reynolds , qui plonge les français entre 1987 et 1992.
Il hurle à l’agonie et donne aux morceaux déjà agressifs 80’s, début des 90’s.
EXHAUSTER a su conserver cette flamme, les titres présents sur ce mini ont toujours cette pertinence et cette efficacité et quand on écoute « Psychiatric hospital » tant sur le passage syncopé où les vocaux se collent aux guitares , que sur les envolées mélodiques excellentes des guitares qui font pleuvoir les notes d’une manière diluvienne, on se demande comment et pourquoi EXHAUSTER n’est pas plus mis en lumière .
Deux titres, deux branlées.

En poursuivant avec « Even after death », si les voix backing vous ramènent à des groupes plus revival thrash , on sent que la variation vocale est importante chez EXHAUSTER, il n’y a aucune linéarité, et c’est important pour l’homogénéité du mini. Le thrash, teinté légèrement de thrash/death c’est la vie. EXHAUSTER maîtrise totalement sa musique sur ce mini, on retrouve le groove de certains groupes américains sur « Even after death », et on se rend vite compte que le contenu est dix mille fois au dessus des attentes que l’on pouvait en avoir.
L’évolution même de ce titre extrêmement violent et mélodique à la fois léchant les testicules d’un blackened death scandinave montre que le groupe n’est pas revenu pour sucrer des fraises sur l’anus d’un cul de jatte.
C’est aéré et massif à la fois, et plus on s’enfonce dans le mini, plus on se fait défoncer par la violence. « Wolfen » (qui est aussi le titre d’un vieux film de 1981 pour ceux qui s’en souviennent) , montre une dernière fois le talent du groupe, avec une batterie qui a le son d’un batterie et qui charbonne , ainsi que des guitares foutrement efficaces.

Seulement cent exemplaires, comme la réunion des deux demos, alors jetez vous dessus s’il n’est pas trop tard, parce que ce « Even After Death », c’est un retour aux sources où le plaisir ne se boude pas, et empaqueté dans quelque chose de vraiment qualitatif.

Arch Gros Barbare

02/07/2024