18 mars 2020

Groupe : HELLRAIDERS
Titre : Fighting hard
Label : Infernö Records
Année : 2020
Le heavy metal un peu speed a de nouveau le vent en poupe depuis quelques temps, et le rock’n’roll coule à flot comme le malt et le houblon.
Et même si aujourd’hui, avec ce revival heavy/speed bien poilu, les groupes sont légion, on a la sensation d’être dans une certaine ambiance des 90’s où les groupes presque blacko punko thrash avaient eux aussi leur moment de gloire comme les Rocking dildos, les Gehennah ou autres. Il est difficile d’y voir clair, mais alors ce qui est important c’est de profiter de la fraîcheur de certains groupes. Et de la fraîcheur, il y en a chez les siciliens de HELLRAIDERS.
Comme beaucoup de groupes signés chez Infernö Records, on retrouve dans le premier album de HELLRAIDERS, intitulé « Fighting hard », ce côté énergique, intense et aussi old school qu’il y avait dans des groupes tels que Lady Beast ou Mandragora. Ici, HELLRAIDERS qui existe depuis 2013, prend le parti de mettre sur le devant une front woman à la voix hard puissante sur des riffs et rythmiques qui vont du hard au heavy metal en y apportant quasiment tout le temps cette ambiance très rock’n’roll et speed qui prédomine sur la plupart des morceaux.
Trente-quatre minutes vraiment folles dans un esprit quasi punk comme le montre cette pochette signée encore une fois par le terrible Stan W Decker, voici ce qu’offre ce premier album.
HELLRAIDERS joue sur les mondes, en balançant des riffs cinglants, jonglant avec cet esprit à la Motörhead libre et rebelle, immédiatement présent sur l’instrumental « Raider’s rage » faisant office d’introduction et aussi avec des ambiances hard & heavy 80’s françaises sur pas mal de titres.
C’est définitivement l’énergie et l’intensité qui se dégagent de ce premier album qui fait de lui un très bon album, parce que son esprit punk met le feu sur tous les morceaux. Si les rythmiques sont simples, elles sont efficaces, très efficaces, et HELLRAIDERS part facilement dans du solo heavy boosté au speed pour ne pas laisser retomber la tension tout au long de ses trente-quatre minutes.
Morceaux courts, ultra condensés, buterie musicale grâce à cet esprit à l’ancienne, on enchaîne « Hellraiders » et « Starving for your blood » comme du petit lait, titres qui doivent enflammer la scène en live.
HELLRAIDERS brûle de ses guitares enflammées n’importe quelle âme de rocker avec « Cursed by gods » qui fait hennir ses cordes sur le manche du début jusqu’à la fin pour véritablement faire rougir de honte les flammes de l’enfer elles-mêmes.
C’est un déferlement de rage auquel on assiste avec « Kill for beer » ou encore « Fighting hard », une véritable guerre comme les canadiens de Metalian savent le faire.
Pourtant, comme la tradition le veut sans doute, HELLRAIDERS y va de sa petite balade avec « Prince of hell » sans tomber dans le sirupeux, on retrouve tout de même, là encore, les moments les plus savoureux des balades des années 80’s avec une guitare savoureuse dans son lead et une voix puissante, digne sans doute d’un Skid Row pour finir tout de même dans une course effrénée en fin de morceau. Il ne faut pas se mentir, HELLRAIDERS aime la vitesse.
On peut se demander d’où tient HELLRAIDERS toute cette vitalité ? Sans doute de groupes tels que Girlschool. Et c’est certainement pour cela que la reprise « Emergency » est présente sur cet album, pour rendre honneur aux anglais qui ont dû être pendant pas mal d’années, une source d’inspiration majoritaire. Une belle reprise tout aussi éclaboussante que le reste de l’album et qui se fond dans la masse des morceaux sans aucune difficulté.
Bien sûr que l’on retrouve également des morceaux qui étaient présents sur leur premier Ep « Beat to death », mais cela permet à tous finalement de découvrir en une seule fois le potentiel de HELLRAIDERS qui se paye le luxe en fin de parcours de jouer « They live » en acoustique.
Et cet album est une bombe.
Arch Gros Barbare
18/03/2020