LUEUR TROUBLE -Epitaphe-


25 septembre 2022

LUEUR TROUBLE.jpg (7.95 MB)

Groupe : LUEUR TROUBLE

Titre : Epitaphe

Label : Autoproduction

Année : 2022

Tandis que la chaleur se détourne et que le feu ne demeure plus que sur les couleurs des feuilles tombantes , l’automne se met en place tout doucement.

La pluie nous ravit de sa présence tant espérée et le pétrichor envahit de ses senteurs si spécifiques, tous les vallons de nos campagnes et la fraîcheur de nos forêts.
Quoi de mieux pour illustrer le propos, que de découvrir
maintenant, les huit titres de LUEUR TROUBLE.

Une demi heure d’évasion, de lâcher prise, où la musique extrême est à mille lieux de là ; mais où la poésie prend forme, où l’on sent une mélancolie si douce, que sa tristesse est à peine perceptible pour laisser la place à un état ouateux, ni douloureux ni béat, mais qui laisse entrevoir cette lueur trouble à travers les feuilles présentes sur la pochette signée Jennie Zakrzewski et encore plus sur l’arrière où l’on se sent observé autant que l’on écoute.

« Epitaphe », donne la sensation de mettre à nu le regard de la vie que peut avoir Florian Claude à travers ses embûches, ses tempêtes et ses moments de paix. Il s’agit d’un album, qui en plus d’être vraiment personnel, montre à tous les qualités humaines de ses compositeurs.

Peu de place pour les paroles, mais plutôt une étendue de notes qui donnent libre cours aux sensations personnelles et émotions intrinsèques qui en découlent.

Le premier acte SOMA, nous permet de découvrir le monde de LUEUR TROUBLE, grâce à des guitares et un violoncelle aussi nobles et majestueux qu’un instant de vie au Japon féodal, où cette production très rugueuse, très archaïque donne à cette musique acoustique une dimension hors du temps. On vit « Harassés » , « Doute » et « Refuge » d’une manière logique et fluide car les atmosphères sont authentiques et la simplicité de la musique leur donne cette force vitale pour attirer l’oreille de n’importe quel badaud qui s’est perdu au gré de ses errances.

Et l’on traverse autant le monde folk, que « world music » avec grâce.

Le second acte PNEUMA, qui se compose d’abord de « Rituel », quant à lui propose quelque chose de plus spirituel, avec une voix prédominante qui sert autant d’instrument, tout en amenant un petit côté incantatoire très présent., presque indien et cajun à la fois.

Alors que juste après, « voyage  astral » propose un temps trop court qui ne nous permet pas d’apercevoir l’âme s'en aller vers sa destination finale.

Entre rêves et réalité, la musique de LUEUR TROUBLE est une ode à la vie qui intègre indubitablement la mort en elle-même, et dès l’entame du dernier acte « PSYCHE », qui se compose de « Lueur trouble », « La route entre les mondes » et « D’un monde à l’autre » on ressent cette poésie si fine, développée par toutes les différentes guitares qu’utilise le guide de ce voyage, accompagné de ce violoncelle qui offre véritablement à chaque fois une ouverture incommensurable sur des émotions profondément planantes.

C’est à la fin du titre « Lueur trouble » que le ménestrel laisse jaillir sa verve subtile et délicate, donnant de la pertinence et nous replongeant dans des ambiances très 70’s.

Des ambiances qui prennent l’aspect d’un vieux rock de ces années là avec « La route entre les mondes » et ce riff de routard presque hippie, mais totalement américain qui nous tient en haleine. Ce morceau est le plus riche de tout l’album.

Et comme s’il fallait terminer en effusion, « D’un monde à l’autre » vous permet de traverser le pont, de rejoindre l’autre rivage avec une voix féminine éthérée , celle de Lyly’Insky, proche d’un Cocteau Twins et affirmant la transformation de l’auditeur au bout du chemin, qui aura su arriver à bon port.

« Epitaphe », est un de ces albums qui laisse des traces sans que l’on puisse en voir les marques...

Arch Gros Barbare

25/09/2022