NERVOUS DECAY -Nervous decay-


02 mai 2021

NERVOUS DECAY POCHETTE.jpg (540 KB)

Groupe : NERVOUS DECAY

Titre : Nervous decay

Label : Great dane records

Année : 2021

Sortir un premier album en pleine crise covidale n’est pas chose facile, surtout lorsque l’on est un très jeune groupe, et français de surcroît.

Cependant ça se fait quand même et finalement, c’est aussi un peu ça le côté roots du metal extrême.

NERVOUS DECAY, écrit des morceaux plutôt orientés vers death/thrash que le death metal pur, une espèce de mélange d’atmosphères brutales des années 80’s,
avec de la violence primaire et de la recherche dans les riffs pour les rendre pas forcément accessibles à la première écoute.

Pour preuve, les morceaux sont finalement peu nombreux sur ce premier album, puisque au nombre de sept, mais surtout d’une longueur relativement propice à rendre la chose presque progressive puisque la plupart avoisinent les six minutes.

Du coup, non seulement la première écoute ne met pas de coup de pied dans la fourmilière, mais surtout ce n’est pas « Cerberus’ Brace » qui tiendra l’étendard des Nantais au plus haut de la bataille en matière de rouleau compresseur. Ce morceau d’ouverture plus thrash que death metal dans ses rythmiques, transpire la vieille école, et offre un putain de solo de jeune rebelle qui en plus de savoir jouer, fait montre d’une rage bien affirmée. (premier solo du morceau signé Alexandre Jamin)

Alors oui, premier titre thrash alors qu’on s’attendait à du death metal. Etonnement, surprise, erreur d’appréciation, autant de questions qui se posent autour des nantais.

Mais en poursuivant , en détaillant les écoutes, on s’aperçoit que NERVOUS DECAY, a de l’inspiration, parce que les morceaux qui suivent,
sont racés. Alors pas de celle de la bourgeoisie qui tente de lécher les culs bénis de ceux appartenant à la noblesse , mais de ceux qui viennent du peuple d’en bas.

« Daily Poison » a un rendu déjà beaucoup plus complexe, beaucoup plus noir, et nettement plus death, même si le solo de basse très soft à la Red Hot Chili Peppers, qui précède le solo guitare ultra heavy metal, donne une autre dimension à l’ensemble.

Cependant on rentre déjà mieux dans l’album sur le second titre qui possède certainement l’adn du groupe.

A partir de là, on apprécie l’univers de NERVOUS DECAY à sa juste valeur, parce qu’en plus la production n’étant absolument pas guidée par les Dieux du synthétique, mais plutôt par les gueux de la guenille old school comme on l’aime (mix et master par Laurent Cottreau), on savoure tout de même avec plaisir ces chansons qui proposent par moments quelques petits hommages anecdotiques à Death et autres inspirations coronariennes. Et plus on avance dans l’album , plus on s’aperçoit de la qualité du groupe avec « Mirrors of pain » et ses harmonies mélodiques, autant dans la vitesse que dans la frénésie et ses vocaux ultra puissants.

NERVOUS DECAY qui semblait avoir l’air de rien avec ses visuels signés Keshalan, et son logo réalisé par Arnaud Pavaillon signe ici un premier album qui tient bien la route, et les gars n’oublient pas non plus que jadis, l’humour était aussi un des facteurs qui faisaient que les chevelus aimaient se réunir. On le retrouve sur l’introduction de « Nervous decay » (mais aussi sur les photos dans le livret), un titre bien brutal dans sa batterie, et ses hurlements de gueulards, un des plus brutaux de l’album, qui n’oublie pas malgré tout, de fournir son lot de riffs thrash/death.

En fait, cet album ne paye pas de mine, mais en plus d’être rempli de bonnes intentions, il regorge de

d’intensité, de fraîcheur d’une jeunesse qui rappelle, fort heureusement, celles des années 80’s/90’s.

On est balancé entre thrash et death, avec pas mal de violence, et c’est avec beaucoup d’habileté que NERVOUS DECAY arrive à jongler entre ces deux mondes. C’est clairement visible et audible sur « Doomsday clock » qui possède des riffs typiquement thrash tandis que le morceau accélère complètement de manière vers un thrash presque mélodique et pour finir parfois dans une brutalité extrême totalement death. Et c’est certainement là que le groupe gagne des points. La batterie jouant un rôle prépondérant et primordial dans l’identité du groupe.

Jusqu’au bout avec « Lobotomy » NERVOUS DECAY fournira ce qu’on attend d’un jeune groupe et d’un premier album, de la rage, de l’envie, de la passion et de l’authenticité.
Et ces ingrédients là, sont en effet présents sur l’album.

Arch Gros Barbare

02/05/2021