NIHÏLANTH -Graceless planet-


27 juin 2021

NIHILANTH POCHETTE.jpg (338 KB)

Groupe : NIHÏLANTH

Titre : Graceless Planet

Label : Great Dane Records

Année : 2021

Sortir un album de death metal en 2021, n’est pas chose facile, surtout lorsque le groupe oscille entre old schoolitude primaire et contemporanéité.

C’est ce que propose NIHÏLANTH, jeune groupe francilien composé de membres issus de formations underground , mais avec tout de même Thomas Hennequin à la batterie, qui a déjà fait ses preuves chez Merrimack ou encore Ritualization, (entre autres, vu aussi ses groupes de black metal)

Bref, NIHÏLANTH se veut death metal, avec quelque part, des riffs thrash autant qu’il est possible d’être brutal et agressif dans le thrash, histoire de mieux rendre leur death metal malléable.

Malléable pourquoi ?

Parce que l’on retrouve dans les huit titres de NIHÏLANTH, une diversification de ses sources d’inspiration, qui donne à la musique du groupe, une espèce d’album court, puisqu’il fait à peine plus d’une demi heure, mais intense, qui butine de fleur de la mort en fleur de la mort.

Cet album rappelle dans son death metal , dès le départ, sur « Le désosseur de cadavres », quelques riffs basiques et violents proches des suédois de Unleashed pour leurs rythmiques de bas du front ; mais on s’aperçoit rapidement que c’est malgré tout nettement plus brutal, plus intense et aéré. NIHÏLANTH devait frapper fort d’entrée, car les oreilles aujourd’hui se lassent vite.

C’est peut être la voix d’Antoine Hasday, qui permet de penser que par moments, on est plus dans un death thrash que dans un death metal, car sa tessiture, pas complètement gutturale et que l’on comprend bien, rappelle parfois celle du chanteur des bordelais de Breakdust ou encore les growls du sieur Buriez de Loudblast (avec même une inspiration musicale de Loudblast des débuts sur le titre « Visions of al-Hazred »)

Quant à l’aération des titres eux-mêmes on se rend aussi compte que les morceaux possèdent à l’intérieur à chaque fois, une rythmique relativement thrash au beau milieu de la violence death pour que cela les rende plus abordables, tout en gardant cette ambiance hypnotique. C’est totalement le cas pour « Le désosseur de cadavres » et pour « Endless red stream » à environ une minute. Ce sont ces riffs là qui offrent à la musique de NIHÏLANTH cette ouverture entre deux mondes.

Pourtant, NIHÏLANTH bombarde du death metal à enivrer les addicts de cette vague les plus incurables. Leur style va chercher des choses presque floridiennes par endroits, avec un côté massif et surtout des références très 90’s. On le découvre parfaitement avec la dernière partie de « Inversion of values », cette diversité proche de Malevolent Creation , Death ou encore de Cannibal Corpse quand on écoute certains riffs de ce morceau qui font référence à « Shredded humans » jusque dans l’intimité.

Cet album ne paye pas de mine, qu’on aime ou pas l’artwork de Mariusz  Lewandowski (Psycroptic, Bell Witch, etc.) , les layouts et le logo de Grégory LË, on s’aperçoit que celui-ci contient plein de références, d’anecdotes de l’ancienne école death metal, transposées à des envies nouvelles. Et dans tout ce miasme death metal nauséabond dont on n’aurait pas cru que cet album puisse le contenir, on découvre avec plaisir un instrumental « The Cairn » qui lui aussi prend des airs d’introduction de groupe thrash américain de manière « eu-Four-ique ».

« The Cairn » nous rappelle vraiment ces ambiances, ces atmosphères instrumentales que nous proposaient certains virtuoses thrash des 90’s, mélangeant des envies 70’s à la Led Zep, Deep Purple meets la scène de Gotheborg (écoutez vous comprendrez). Cet instrumental est tout simplement onirique et tellement bien placé qu’il éclaire littéralement l’album.

« Graceless planet », est un premier album, mais sans tomber dans la légende, il malaxe de la rondelle à en faire grossir des hernies. « Shared minds », est un grand moment d’anthologie sur l’album, parce que les harmonies de guitares et de basse n’ont jamais été aussi mélodieuses que sur ce titre en opposition avec son côté si vindicatif et agressif mis en valeur par le travail d’Andrew Guillotin du Hybreed Studio.

« Graceless Planet » est jeune, massif, aéré, bien écrit, death, mais aussi thrash, brutal en étant tout autant intelligent. Et en écoutant avec attention tous les morceaux, on découvre la profondeur avec laquelle le groupe les a écrits et qui font de lui un très bon premier album.

Arch Gros Barbare

27/06/2021