OGARYA -Inclination-


06 janvier 2020

OGARYA CHRONIQUE.jpg (205 KB)

Groupe : OGARYA
Titre : Inclination
Label : Autoproduction
Année : 2019

Syphilis, Splice, des noms qui vous sont peut-être inconnus mais qui ont permis d’arriver à ce qu’ OGARYA est aujourd’hui. Et aujourd’hui deux ans après « Ubiquity » le terrible album d’OGARYA, le groupe revient d’une manière magistrale, avec une maturité plus flagrante que celle de Jeanne Calment et une inspiration plus grande que celle de Jacques Mayol.

OGARYA propose (malheureusement sans la participation de Cat au chant cette fois-ci) quatre nouveaux titres , quatre hymnes intersidéraux qui brillent de mille feux et vous transportent sur une autre planète, celle de Memnon, la septième. Et si « Ubiquity » avait amorcé la découverte d’un monde death technique très à part, personnel et singulier, on était loin d’imaginer que le groupe arriverait à faire évoluer sa musique vers quelque chose d’impalpable, de noble , profond, addictif mais surtout complet.

Tout d’abord ces artworks qui vous donnent la note, la mesure d’un contenu qui pourrait vous parler d’une histoire d «  il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine » mais qui n’ont d’égal que le talent de son compositeur : Med. On y retrouve une fois de plus ce voyageur, non plus sur le cercle à microsillons, mais bel et bien sur le pan de ce somptueux digipack aux couleurs plus éclatantes que celles des gardiens de la galaxie.

Mais on aurait pu s’arrêter à la beauté visuelle si son contenu n’avait pas été si envoûtant, car envoûtant est le mot adéquat pour définir ce que le death technique presque hypnotisant (et pourtant orchestral dans sa manière d’être spatial), présent sur ce minuscule ep, propose à qui veut bien l’écouter.

Oui les claviers présents sur bien des instants qu’ils soient nappes, en choeurs ou pianotés, offrent cette profondeur qu’il fallait à la musique d’ OGARYA pour mieux mettre en exergue la complexité, la rapidité des guitares et de la batterie.

OGARYA vous sert sur un plateau en or, bien qu’il ne dure qu’à peine plus d’un quart d’heure, une œuvre magistrale ; car même si « Ubiquity » vous laissait perplexe, nul doute que la progression exponentielle du groupe aura raison de votre raison, de manière totalement « déraisonnée ».

Seulement quatre titres où s’entremêlent changements de rythmes death technique mais jamais sans perdre de vue que le commun des mortels puisse suivre la vitesse de la lumière dans son oreille de néophyte. Alors dès « Memnon’s blaze » ce sentiment universel de grandeur, d’immensité spatiale, vient à vous grâce à des claviers dignes de l’introduction de « 2001 l’Odyssée de l’espace » de Kubrick mais en mieux, où les guitares arrivent et se posent avec majesté pour vous faire avancer seconde par seconde comme on avance dans un univers « Metroïdien ».

Vitesse presque symphonique, tourbillons de notes, cadence effrénée en maintenant une intrigue haletante toujours grâce à une brutalité technique mais contrôlée, voici ce qu’offrira en suivant « When the moon overshadows the sun ».

Et c’est avec un tempo presque mésopotamien que « That wave that spares no fire » vient à donner la réplique à ses deux petites sœurs dans une atmosphère plus exotique, plus atypique tant sur le fond que dans sa forme.

Lorsque vous commencerez seulement à apprécier les nappes de claviers, c’est le temps du piano qui vous touchera l’âme dans un duo batterie/piano qui ouvrira pour le dernier voyage « Damnatio memoriae ». Un titre diabolique, où le chant devient polymorphique, où les rythmiques ralentissent et prennent une grandeur gigantesque, titanesque attendant les mâchoires d’un Galactus prêt à dévorer cette Memnon. Bien sûr tout ceci n’est qu’interprétation.

Mais chose est certaine, vous l’aimerez ce EP, oh oui vous l’aimerez, vous aimerez sa puissance signée encore une fois Vamacara, vous aimerez le talent de composition, d’orchestrations, vous l’écouterez, vous l’écouterez de nouveau et l’écouterez encore jusqu’à vous enivrer de sa splendeur.

OGARYA signe ici le chaînon manquant entre le death à tendance technique et la compréhension de l’oreille humaine dite lambda, et quand vous l’aurez écouté, vous ne saurez plus vous en passer…

Arch Gros Barbare

06/01/2020