SHRAPNEL STORM -Silo -


29 octobre 2023

SHRAPNEL STORM silo.jpg (71 KB)

GROUPE: SHRAPNEL STORM

TITRE ALBUM: Silo

LABEL: Great Dane Records

DATE DE SORTIE: 2023

Dans une chaîne de boutique alimentaire où les spécimens les plus représentatifs de la génération actuelle aiment à y dénicher les chaussures de « sport » en toile ou bien les chaussettes estampillées de la marque rouge jaune et bleue pour paraître le plus original qui soit car la survie dépend de son aptitude à paraître le plus remarquable de tous (dans n’importe quel sens d’ailleurs) , on y trouve bien souvent du matériel de bricolage de très bonne qualité, performant et solide. Pas vraiment de pub, pas vraiment d’emballage qui fait rêver les princesses contemporaines, mais du matos fait pour pilonner sévèrement.

SHRAPNEL STORM c’est un peu la même chose. Ces finlandais, font le taff, sans fioriture , ni mise en lumière et écrivent un death metal (parfois death thrash tout de même) traditionnel jamais trop brutal, jamais insipide, et s’engouffrent plutôt dans des atmosphères crasseuses pour en extirper des choses mortellement massives.
Et comme tout ce qu’il se passe autour du globe actuellement, SHRAPNEL STORM pour ce troisième album, parle de guerre, pas de prisonniers, pas de quartiers, pas de pitié.

Si le second album éponyme brillait par sa rougeur très sanguinaire et par sa compaction , ce dernier en date du nom très concis de « Silo » , porte un apparat plus que sobre et simpliste pour mettre le monde face à sa grisaille, sa facette maussade et désenchantée, sans espoir ni couleur. Et ça rappelle quelque part, les envies de fin du monde que pouvaient montrer également les pochettes d’albums de Obituary avec « World Demise » ou encore celles des premiers Nuclear Assault, mais sans la couleur.

Le monde de SHRAPNEL STORM est sans avenir, sans humanité, et les onze titres de ce troisième album qui pour être plus agressifs ont eu la bonne idée de ne pas atteindre les quarante cinq minutes , ne perdent pas de temps en balivernes : « Silo » «  Wastelands » «  Obey and perish » ou « Kinslayer » sont autant de volonté pour piquer à vif tant dans leurs termes que dans leur durée.

L’album débute en plus avec un enchaînement royal. L’introduction « Silo » pose le décor, c’est la guerre et pas la peine d’espérer y échapper, avec du riff à l’ancienne très proche d’Obituary dans sa rythmique et torturé à mort dans son lead guitare. Puis « Wastelands » arrive avec son ambiance sale, typiquement finlandaise avec une rugosité de clochard , un son un peu punko-death, et là on baigne dans quelque chose de simple, efficace et authentique.

SHRAPNEL STORM , pourvu qu’on creuse plus loin le regard de la pochette qui n’est sans doute pas aussi merveilleuse que certaines œuvres d’IA, , on s’aperçoit que les mecs écrivent avec leur coeur.

Peut être que la production, enregistrement mixage et mastering réalisée par Daniel Rantanen au JR Stusio/Danko Jones Studio aurait mérité un poil de nostalgie en plus mais grâce aux riffs de SHRAPNEL STORM notamment sur des titres tels que « Justice and glory » ou encore « Alive ammunition » on retrouve la bonne humeur de tueur en série de la Tamba Bay avec la légèreté légendaire de la sauce Suomi.

Plus proche d’un death mid-tempo qui prend le temps d’infecter la racine du mal, ce nouvel album « Silo » n’a pas l’air attirant comme une sirène comme ça, mais lorsqu’on y est, on y est bien dedans et on n’a pas envie d’en sortir (le rapport avec quelqu’un que vous connaissez est totalement fortuit et absolument hors de propos). C’est vrai que SHRAPNEL STORM a pris le parti d’être massif comme un Armata T-14, mais ça lui va comme un casque à pointe. C’est bien souvent des relents d’Obituary qui ressortent des titres de SHRAPNEL STORM (surtout sur le début) et comme le nom du groupe l’indique, ça ressemble bien à des obus de la mort. Pourtant si majoritairement le tout est très death metal, il y a sur des titres tels que « Bring me the war », ce petit côté death/thrash vraiment cinglant et un peu fou-fou/groovy qu’on trouvait chez les autrichiens de Pungent Stench à l’époque de « Been caught buttering » et « Club Mondo Bizarre ».

C’est ici que se situe la grande force de SHRAPNEL STORM savoir jauger son death metal et juste l’ouvrir pour en savourer le contenu comme le baiser mortel de la belladone ; et avec un autre titre comme « Conquering the gods » dont le riff principal rappelle « Corporal Jigsore quandary »

on s’aperçoit que les finlandais au fur et à mesure de l’avancée de l’album sont moins death metal pur pour se rapprocher tantôt du thrash et tantôt de choses toujours morbides ou presque gore mais parfois plus death’nroll façon Carcass (comme sur « Conquering the gods » et « Icon of destruction » ultra putride)

Au final ça donne un très bon album relativement éclectique avec des morceaux dont on n’aurait jamais pensé qu’ils soient aussi ouverts et efficaces. L’album est évolutif et la fin ne ressemble pas du tout au début. Exemple concret avec « Obey and perish » , parce que la mélodie fait rage et l’esprit guerrier de légionnaire sans foi ni loi est bien présent.

Arch Gros Barbare

29/10/2023