SLAVE ONE -Omega disciples-


15 janvier 2020

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Groupe : SLAVE ONE
Titre : Omega disciples
Label : Dolorem records
Année : 2020

Le travail paye, et l’humilité gratifie.

Voici une ligne de conduite que SLAVE ONE, ce petit groupe de death metal du Centre de la France, suit d’une manière naturelle depuis plus de dix ans maintenant. Et à chaque étape, à chaque palier, à chaque marche surmontée, c’est le respect de la scène, mais surtout des auditeurs que le groupe a su gagner au travers de leur âme de musiciens et certainement d’êtres humains.

Ce second album n’est pas arrivé de nulle part, il est le résultat d’un labeur incommensurable, d’une passion sans faille et d’un amour de la musique toujours plus importants que la recherche de la gloire.

Et depuis « Vermin », ô combien d’évolutions, ô combien de changements, qu’ils soient au niveau du line-up (puisqu’aujourd’hui le chant est exécuté par Tarvos (Brennkelt) et la basse par Jean T.) ou de l’inspiration ; SLAVE ONE a su se chercher, se réinventer et se trouver. Les amours éternelles pour le maestro Schuldiner que l’on percevait aisément sur « Cold obscurantist light » ont petit à petit laissé la place à un death metal spatial, complexe et sombre, mais toujours plus technique. A cela s’ajoutent une image et un visuel qui ont donné leurs lettres de noblesse au groupe, tant sur le premier album « Disclosed Dioptric principles » que sur le ep qui suivra « An abstract and metaphysical approach to deceit », offert en cadeau à ceux qui suivent le groupe depuis ses débuts au vu du contenu. Et ce petit intermède a permis à SLAVE ONE de préparer ce terrible second album qu’est « Omega disciples ».

Sans compter l’énorme travail en amont qu’il y a encore une fois dans l’artwork signé Above Chaos, mais aussi dans la recherche du détail sur les artworks du livret lui-même, SLAVE ONE prouve encore une fois que la musique n’est pas un simple fichier mp3, mais qu’elle s’accompagne d’un tout, d’un univers, d’une imagerie, qui ici, va à l’encontre de tout courant actuel. Et avoir des idées, c’est ce qui fait toute la différence.



Voici donc un second album qui arrive déjà avec une force de frappe, rien que dans son image, alors que le contenu n’est même pas décortiqué et c’est sans parler de l’édition limitée.

Un second album d’à peine moins de quarante minutes, où le groupe ne distille que sept titres pour laisser le temps à chacun de s’auto-développer dans l’écoute, pour que chaque disciple prenne bien la mesure des atmosphères présentes sur chacun des titres. Et dans atmosphères, il y a « spheres ».

A la manière d’un Pestilence qui décomplexait complètement le death metal en 1993 pour l’enfoncer dans un vortex bizarre et étrange avec « Spheres », SLAVE ONE a amené un univers similaire mais personnel jusqu’à vos oreilles ces dernières années. Or ce nouvel album, sans revenir en arrière, laisse percevoir la signature dorénavant reconnaissable de SLAVE ONE, tout en réintroduisant ce côté plus roots, plus brut et rentre dedans (de leur seconde démo) que l’on avait décelé sur leur ep de 2017 ; parce qu’il ne s’agit pas de montrer son savoir-faire en matière de technique, mais d’avoir toujours des atomes crochus avec l’art et la manière d’écrire des choses qui conservent un pied dans la musique old school. Et SLAVE ONE arrive peut-être à allier les deux aujourd’hui plus que jamais.

« Lightless perspectives » qui ouvre le bal montre déjà l’ouverture et la direction musicale. On sent totalement que le groupe a fluidifié la complexité de son death metal tout en le rendant plus massif. Et on se retrouve sans doute à la croisée d’un death old school aux contours parfois brutaux, voire violents, avec celui d’un death metal toujours spatial et complexe ce qui est la véritable patte du groupe. Et ce style se confirme sur le morceau « Debris ».

Mais comme la musique n’est pas qu’une notion artistique, et qu’elle est aussi un des facteurs qui accentue l’amitié,cela n’aurait pu être sans la présence de certains guests au chant tels que Warchangel (Ritualization) sur « Dissident flesh » et Laurent Chambe (ex Nephren-Ka) sur « Suffocation the stars ».

Alors tandis que les titres s’enchaînent à l’écoute, où « Carbon Mantra » domine par son tempo contenu par une batterie aussi massive que destructrice dans une ambiance épique, notamment sur certains vocaux, on s’aperçoit que SLAVE ONE qui s’était fait plaisir à reprendre Dimmu Borgir, sait montrer ses écoutes sans que cela en devienne une influence.

La preuve en est sur «  Shapers of the inconsistent horizon », où l’on retrouve de manière anecdotique mais perceptible, sur la fin de la première moitié, l’amour inconditionnel que peuvent avoir certains pour le death mélodique. Ce qui offre sans aucun doute une nouvelle dimension à la musique de SLAVE ONE.

A noter que comme un escape game, encore une fois cela fourmille de détails dans le livret, où toutes les attentions sont de rigueur , avec l’impression d’avoir un texte dans les textes pour ceux qui suivent la lumière blanche (surtout dans « Debris » avec cette sensation de côté obscur du titre de la deuxième démo) ; mais aussi parce que si certains ont JCVD , ici on a JBP, et que dans sa langue ce que peut dire la bouche dans l’ombre quand un instrumental se déroule, est d’autant plus pertinent à sa lecture que majestueux à son écoute. Comprendra qui écoutera.

Et dans le même mouvement la très courte et rythmée qui suivra, aura définitivement raison des heureux disciples de l’Omega qui auront eu l’audace et la curiosité de s’accaparer ce nouvel album qui tient toutes ses promesses et bien plus encore.

Certainement la meilleure production de SLAVE ONE, mixée et masterisée par Julien Desjardin au Marmelade Production parce que la plus riche, la plus aboutie musicalement, synthétisant des années de musique, de création, et d’écoutes, tout en offrant à qui veut bien devenir disciple de l’esclave, presque trois quarts d’heure de death metal très singulier.

Pour les fans de Cynic, Pestilence, Gorod et Atheist ? Non, pour les fans de SLAVE ONE.

Arch Gros Barbare

15/01/2020