TERMINALIST -Interview- 15/11/2021


21 novembre 2021

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Sans cesse le progrès, roue au double engrenage, fait marcher quelque chose en écrasant quelqu'un.” Victor Hugo parlait déjà du côté destructeur du progrès au XIXème siècle. Puis c’est Paul Virilio, urbaniste et philosophe français qui s’est penché sur le sujet et plus particulièrement sur la vitesse, domaine qu’il a nommé la “dromologie”.
C’est le sujet dont il est question avec Terminalist, groupe danois de Copenhague actif depuis 2018, qui joue un “hyperthrash” aux influences multiples, qui nous fait voyager à travers différents univers à une vitesse folle et qui ont sorti leur premier album “The Great Acceleration” en 2021. On se retrouve avec Emil Hansen, le guitariste et chanteur du groupe, qui a répondu chaleureusement à nos questions.

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C’est rare de voir un groupe aborder un thème aussi particulier et unique que la dromologie, sachant que très peu de personnes ont écrit à ce sujet (surtout Paul Virilio, philosophe et urbaniste français), le groupe est né de ces idéologies ? Partagé par tous les membres ?

Emil : “Le groupe n'est pas né de cette idée, non. Nous avions déjà commencé à jouer lorsque je suis tombé sur les écrits de Virilio et une fois que j'ai fouillé, il m'a semblé tellement évident pour un groupe de métal d'aborder ces thèmes. Bien que nous soyons peut-être le premier groupe dans le domaine du métal à citer Virilio comme source, le thrash metal a toujours traité des thèmes de vitesse, d'accélération et de puissance. On pourrait donc dire que tout le genre est dromologique par défaut ; nous ne sommes que les premiers à utiliser ce terme.”

Première sortie pour vous en 2019 avec l’EP “Abandon All Liberties” en autoproduction sous version digitale puis en format physique en 2021 chez Take this torch records, le sortir en CD était une réelle envie ou une opportunité s’est présenté à vous ?

Emil : "Nous n'avions aucun plan pour une sortie physique. L'EP était simplement notre premier effort pour nous présenter et présenter notre son. Lorsque San de Take This Torch et Narcoleptica Productions nous a contactés, exprimant son intérêt pour une sortie CD, nous avons accepté avec plaisir.

TERMINALIST 2.jpg (93 KB)Est-ce que c’est Emil qui s’occupe toujours de la basse lors de l’écriture et la composition des morceaux ? Puisqu’il a laissé cette partie lors du single “Voyagers” sortie en 2020 et pour votre premier album “The Great Acceleration” sortie en 2021, J’imagine que la question de recruter un bassiste s’est vite posée pour pouvoir jouer sur scène ?

Emil : “Le fait que je joue de la basse sur le premier EP n'était que par nécessité. Apparemment, il est difficile de trouver un bassiste dans la scène metal puisque tout le monde est guitariste. Finalement notre ami Kalle Tiihonen, également guitariste, à rejoint le groupe à la basse. Les plans des lignes de basse sur le disque étaient déjà là, mais Kalle se les aie approprié et a également écrit certaines parties à partir de rien ; par exemple le magnifique solo de basse à la fin de "Invention of the Shipwreck" qui est apparu après que nous ayons pensé que l'outro avait besoin de quelque chose de plus. Il a assuré.”

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D’ailleurs pour parler du morceau “Voyagers” c’est marrant de voir que sur l’artwork le design de la combinaison spatiale que l’on peut voir ressemble à celle d’Isaac Clarke, le protagoniste du jeu vidéo Dead Space sortie en 2008. A quel point la pop culture a-t-elle influencé votre univers sci-fi ?

Emil : “Honnêtement, pas beaucoup. Le croquis de l'œuvre « Voyagers » était tiré d'une vieille illustration de science-fiction des années 1950 que j'ai trouvée en ligne et que je n'arrive malheureusement pas à déterrer à nouveau. Les films jouent un rôle dans notre compréhension générale du genre de science-fiction, mais il s'agit surtout du lien entre la musique et la philosophie.”

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En parlant du design et de la partie artistique du groupe, votre premier album “The Great Acceleration” sortie en 2021 chez Indisciplinarian est d’abord apparu sous format vinyle avec un superbe tableau lorsqu’on déplie le gatefold, effectué par Ryan T. Hancock qui a œuvré pour plusieurs groupes de styles différents (Heavy et Stoner par exemple) mais dans le même style graphique, comment l'avez-vous rencontré ? On le reverra à l’avenir pour une future production ?

Emil : “Je suis tombé par hasard sur le travail de Ryan T. Hancock en cherchant des œuvres d'art liées à la science-fiction sur Instagram. Il était assez important pour nous d'avoir une peinture élaborée reflétant les thèmes de l'album et son style immédiatement connecté avec nous. Il est également assez nouveau dans la scène metal, tout comme nous, donc c'était un excellent choix. Ce n'est certainement pas la dernière collaboration entre nous et Ryan.”

On retrouve tous les codes de la SF dans ce tableau, en corrélation avec les critiques émises par la dromologie, les vaisseaux explorant l’univers à travers des portails qui permettent de voyager à une vitesse supraluminique. Une citation dit que celui qui a inventé le navire a aussi inventé le naufrage (qui est un de vos titres). Le progrès technologique est-il un vrai problème depuis l’industrialisation du XIXè siècle ?

Emil : “C’est une question de perspective ou de point de vue, si vous voulez. Selon Virilio lui-même, il n'est pas un apocalyptiste, bien qu'il soit facile de le lire comme tel. Il souligne comment le progrès et l'accélération du progrès (surtout depuis l'industrialisation du XIXe siècle) ont toujours été présentés comme une force intrinsèquement positive ou bonne, mais si vous ne tenez pas compte des conséquences négatives, vous réduisez le progrès à de la propagande. C'est essentiellement l'objet de sa citation sur le naufrage ; que tout progrès a une face cachée sombre, un côté destructeur. Nous n'inventons pas seulement de nouvelles façons de voyager, de communiquer et de produire, nous inventons également de nouvelles façons de tuer, détruire et polluer. Pour nous, en tant que groupe de metal, ce point de vue plutôt pessimiste est parfaitement logique à mettre en évidence, en particulier dans le cadre de la science-fiction.”

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Plus tôt on parlait de pop culture, on peut voir par exemple dans Dune, avec le Jihad butlérien, que les humains ont renversé le pouvoir exercé par les machines pensantes qui avaient asservies l’humanité et de les bannir par la suite pour redonner le savoir aux mentat ou bien dans Battlestar Galactica les Cylons, invention de l’homme, se retourner contre ses maîtres afin de les exterminer mais encore dans Mass Effect, les Geth, une race synthétique créé pour effectuer les tâches les plus rudes qui ont fini par créer une intelligence collective pour se retourner aussi contre leurs créateurs. Vous pensez que nous pouvons en arriver à ce point un jour, quand on voit déjà des vidéos flippantes de Boston Dynamics ?

Emil : “Honnêtement, je ne connais pas trop vos références, donc je ne suis pas sûr de pouvoir répondre trop directement, haha. Mais un autre point majeur de Virilio est que le progrès technologique qui alimente l'accélération de notre société actuelle est intimement lié à la technologie de la guerre. "L'histoire progresse à la vitesse de ses systèmes d'armes" est l'une de ses autres citations très citées (c'est pourquoi nous l'utilisons également dans le morceau "Dromocracy") donc si nous devons suivre sa ligne de pensée, il n'est pas improbable que les machines, une race synthétique ou une technologie d'intelligence artificielle effectuera les tâches les plus difficiles à l'avenir. On peut dire que c'est déjà le cas lorsqu'on parle de la quatrième révolution industrielle. Mais cette évolution ne signifie pas nécessairement moins de travail. Comme le souligne Hartmut Rosa, un sociologue allemand, l'accélération de la production par l'industrialisation n'a pas eu pour effet de réduire le nombre de tâches des Hommes, elle leur a seulement permis (et forcé) d'en effectuer plus, mieux et avec une plus grande efficacité tout au long des 19e et 20e siècle jusqu'à aujourd'hui. Donc, ma principale préoccupation n'est pas de savoir si une intelligence artificielle se rebellera contre nous ; il s'agit de savoir si l'accélération de la technologie de guerre entraînera des conditions qui éradiqueront les notions de décence et de dignité humaines fondamentales, créant de nouvelles formes d'oppression et d'esclavage.”

TERMINALIST 3.jpg (91 KB)Paul Virilio pense que les moyens de transport modernes ont effacé toute la phase de découverte d’un voyage qui était auparavant composé de trois phases : le départ, la découverte et l’arrivée; et qu’aujourd’hui la phase de découverte n’est qu’un moment d’ennui que l’on cherche à combler puisque les voyages sont si rapides. Ce qui est marrant, puisqu’on parle de dromologie, c’est que vous jouez un “hyperthrash” comme vous l’appelez, super rapide avec des bribes de black metal, quelques passage presque punk avec malgré tout une certaine mélodie et un chant death puissant, super bien composé qui ne laisse aucune place à l’ennui et on se laisse emporter dans ce voyage spatial que vous proposez avec des morceaux comme “Invention of the shipwreck” ou “Dromocracy”. La subtilité c’est qu’il n’est pas là une question de vitesse mais bien de rythme ?

Emil : "Merci pour le compliment. C'est une bonne question à laquelle je vais répondre par une autre question : Vitesse et rythme sont liés, n'est-ce pas ? Tout est question de battements, de subdivisions et de contexte général. Vous pouvez jouer à un tempo plus lent avec beaucoup de doubles croches et de subdivisions et le faire paraître plus rapide que de jouer à un tempo plus élevé avec moins de notes pour remplir l'espace. En fait, nous en avons eu un exemple amusant dans une chronique où l'auteur a déclaré que "Dromocracy" est la chanson la plus rapide de l'album. Ce qui n'est pas le cas si vous mesurez par bpm ; cela peut sembler être la piste la plus rapide parce que nous augmentons l'intensité tout au long et clôturons la chanson avec 3-4 minutes de blastbeats.”

Vous n’êtes pas trop prog pour être comparé à Vektor ou Mekong Delta, pas trop technique pour la comparaison avec Coroner ou Watchtower. Finalement le terme “hyperthrash” vous colle bien, c’était important pour vous de donner un nom en particulier à votre musique pour se situer dans l’univers du metal ?

Emil : “Appelez cela une description de genre, un gadget, un stratagème marketing, tout ce que vous voulez. Nous pensons que le terme correspond à notre son car il indique que nous sommes enracinés dans le thrash, ce que nous sommes, mais que nous avons aussi quelque chose d'autre - dans ce cas, des éléments de black metal, de death metal et un concept de science-fiction traitant de la vitesse. Il existe de nombreux groupes de métal sur le thème de la science-fiction, il faut donc quelque chose pour se démarquer. Et le terme semble avoir trouvé un écho auprès des gens donc c'est tout bon !”

Vous avez repris les concerts depuis Septembre il me semble avec notamment une date au Copenhell metal cruise fin Octobre, comment se passent les concerts chez vous au Danemark en cette période de crise sanitaire ? Avez-vous des dates de prévues à travers l’Europe pour défendre votre album ?

Emil : "Les concerts sont presque revenus à la normale - ou l'ont été au cours des deux derniers mois, ce qui a été rafraîchissant. Notre premier spectacle post-confinement était notre release party en mai et depuis, nous en avons joué 5 autres. Mais c'est au jour le jour; en ce moment, le nombre d'infections est en augmentation, nous verrons donc bientôt les restrictions imposées à nouveau. Il en va de même pour les autres pays, les voyages internationaux sont trop risqués pour le moment. Nous n'avons pas de dates prévues en dehors du Danemark. Nous jouerons notre dernier concert du moment en novembre avec le groupe de deathmelo progressif Mother of All (dont le premier album est sorti plus tôt cette année avec Steve DiGiorgio à la basse) et Throwe, un groupe de blackened hardcore de Copenhague. Les deux sont géniaux, jetez-vous dessus! “

Pour en finir, parlez nous de vos futurs projets pour Terminalist, où est-ce qu’on peut vous retrouver, jusqu’où vous voulez aller avec le groupe etc

Emil : “Eh bien, après avoir terminé la série de concerts de cette année, nous nous concentrerons sur le deuxième album qui doit être enregistré l'année prochaine. Le temps nous dira jusqu'où nous irons. Le ciel n'est pas la limite mais nous pourrions être limités par une pandémie. En attendant, vous pouvez nous trouver sur les réseaux sociaux et tous les services de streaming que vous connaissez déjà si vous êtes intéressés par la pensée dromologique et hyperthrash.”


Bandcamp : https://terminalist.bandcamp.com/
Facebook :
https://www.facebook.com/terminalist
Instagram : @terminalistcph

ENGLISH

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Endlessly progress, double gear wheel, makes something go by crushing someone." Victor Hugo was already talking about the destructive side of progress in the 19th century. Then it was Paul Virilio, a French urban planner and philosopher who looked at the subject and more particularly at speed, an area he called "dromology".

This is the subject we are discussing with Terminalist, a Danish group from Copenhagen active since 2018, which plays a “hyperthrash” with multiple influences, which takes us through different universes at breakneck speed and who released their first album “ The Great Acceleration ”in 2021. We meet up with Emil Hansen, the guitarist and singer of the group, who warmly answered our questions.

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It’s rare to see a group tackle a theme as particular and unique as dromology, knowing that very few people have written about it (especially Paul Virilio, French philosopher and town planner), the group was born from these ideologies? Shared by all members?

Emil: “The group wasn’t born from this idea, no. We had already started playing when I came across Virilio’s writings and once I delved in, it seemed so obvious for a metal band to tackle these themes. While we might be the first band in the metal realm to cite Virilio as a source, thrash metal has always been dealing with themes of speed, acceleration, and power. So you might say the whole genre is dromological by default; we are just the first ones to use that term.”

First release for you in 2019 with the EP “Abandon All Liberties” in self-production in digital version then in physical format in 2021 at Take this torch records, releasing it on CD was a real desire or an opportunity presented itself to you?

Emil: “We had no plan for a physical release. The EP was merely our first effort to present ourselves and our sound. When San from Take This Torch and Narcoleptica Productions reached out to us, expressing his interest to make a CD release, we gladly accepted.”

TERMINALIST 2.jpg (93 KB)Is it Emil who always takes care of the bass when writing and composing the songs? Since he left this part for the single “Voyagers” released in 2020 and for your first album “The Great Acceleration” released in 2021, I imagine that the question of recruiting a bassist quickly arose in order to be able to play on stage. ?

Emil: “Me playing the bass on the initial EP was only due to necessity. Apparently, it’s hard to find a bass player in the metal scene since everyone’s a guitarist. So eventually we got our friend Kalle Tiihonen, also a guitarist, to join the band on bass. The outlines for the basslines on the record were already there but Kalle made them his own and also wrote some parts from scratch; for example the magnificent bass solo at the end of ‘Invention of the Shipwreck’ which came about after we figured the outro needed something extra. It sure got that.”

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Besides, to talk about the track “Voyagers” it's funny to see that on the artwork the design of the spacesuit that we can see looks like the suit of Isaac Clarke, the protagonist of the video game Dead Space released in 2008. How much has pop culture influenced your sci-fi universe?

Emil: “Honestly, not a lot. The outline for the ‘Voyagers’ artwork was from an old 1950s sci-fi illustration I found online and can’t seem to dig up again, unfortunately. Films play a role in our general understanding of the sci-fi genre but mostly it’s about the connection between the music and the philosophy.”

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Speaking of the design and the artistic part of the band, your debut album “The Great Acceleration” released in 2021 on Indisciplinarian first appeared in vinyl format with a great painting when you unfold the gatefold, performed by Ryan T. Hancock who worked for several groups of different styles (Heavy and Stoner for example) but in the same graphic style, how did you meet him? Will we see him again in the future for a future production?

Emil: “I just coincidentally came across Ryan T. Hancock’s work while searching for sci-fi-related artwork on Instagram. It was quite important for us to have an elaborate painting reflecting the themes of the album and his style immediately connected with us. He’s also pretty new to the game, like we are, so it was a great choice. It’s definitely not the last collaboration between us and Ryan.”

We find all the codes of SF in this table, in correlation with the criticisms emitted by dromology, the vessels exploring the universe through portals which allow them to travel at a superluminal speed. One quote says that whoever invented the ship also invented the shipwreck (which is one of your titles). Is technological progress a real problem since the industrialization of the 19th century?

Emil: “It’s a matter of perspective or framing, if you will. According to Virilio himself, he is not an apocalyptist, though it’s easy to read him as such. He points out how progress and the acceleration of progress (especially since the 19th century industrialization) has always been framed as an inherently positive or good force but if you don’t take negative consequences into account, you reduce progress to propaganda. That’s essentially what his shipwreck quote is about; that all progress has a dark underbelly, a destructive downside. We don’t just invent new ways to travel, communicate, and produce, we also invent new ways to kill, destroy, and pollute. To us, as a metal band, that rather pessimist point of view makes perfect sense to highlight, especially in the sci-fi setting.”

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Earlier we were talking about pop culture, we can see for example in Dune, with the Butlerian Jihad, that humans have overthrown the power exercised by the thinking machines that had enslaved humanity and then banished them to restore knowledge to mentat or in Battlestar Galactica the Cylons, invention of man, to turn against his masters in order to exterminate them but also in Mass Effect, the Geth, a synthetic race created to perform the toughest tasks that ended up creating a collective intelligence to also turn against their creators. Do you think we can get to this point someday when we already see some creepy Boston Dynamics videos?

Emil: “Honestly, I’m not too familiar with your references here, so I’m not sure I can answer too directly, haha. But another one of Virilio’s major points is that the technological progress fueling the acceleration of our current society is intimately connected with the technology of warfare. ‘History progresses at the speed of it’s weapons systems’ is one of his other very citable quotes (which is why we also use it in the track ‘Dromocracy’) so if we are to follow his line of thought, it’s not unlikely that machines, a synthetic race, or artificial intelligence technology will perform the toughest tasks in the future. You can say that’s already the case when discussing the fourth industrial revolution. But this development doesn’t necessarily mean less work. As Hartmut Rosa, a German sociologist, points out, the acceleration of production through industrialization didn’t result in people performing fewer tasks, it only enabled (and forced) them to perform more, better, and with higher efficiency throughout the 19th and 20th century up until today. So, my main concern is not whether an artificial intelligence will rebel against us; it’s whether the acceleration of warfare technology will result in conditions that eradicate notions of basic human decency and dignity, creating new forms of oppression and enslavement.”

TERMINALIST 3.jpg (91 KB)Paul Virilio believes that modern means of transport have erased the entire discovery phase of a journey that previously consisted of three phases: departure, discovery and arrival; and that today the discovery phase is just a boring moment that one seeks to fill since the trips are so fast. What is funny, since we are talking about dromology, is that you play a “hyperthrash” as you call it, super fast with bits of black metal, some almost punk passages with a certain melody and a powerful death growl, super well composed that leaves no room for boredom and we let ourselves be carried away in this space journey that you offer with songs like “Invention of the shipwreck” or “Dromocracy”. The subtlety is that it is not a question of speed but of rhythm?

Emil: “Thanks for the compliment. It’s a good question which I will answer with another question: Speed and rhythm are connected, aren’t they? It’s all about the pulse, subdivisions, and overall context. You can play at a slower tempo with lots of 16th notes and subdivisions and make it seem faster than playing at a higher tempo with less notes to fill out the space. We actually had a funny example of it in a review where the writer stated that ‘Dromocracy’ is the fastest song on the record. Which it is not if you measure by bpm; it just might seem like the fastest track because we ramp up the intensity throughout and close the record with 3-4 minutes of blastbeats.”

You are not too prog to compare to Vektor or Mekong Delta, not too technical to compare to Coroner or Watchtower. Finally the term "hyperthrash" fits you well, it was important for you to give a name in particular to your music to be located in the universe of metal?

Emil: “Call it a genre description, a gimmick, a marketing ploy, whatever you want. We think the term fits our sound because it states we’re rooted in thrash, which we are, but also have something else - in this case elements of black metal, death metal, and a sci-fi concept dealing with speed. There are many sci-fi-themed metal bands out there so it takes something to stand out. And the term seems to have resonated with people so that’s all good!”

You have resumed concerts since September with in particular a date at the Copenhell metal cruise at the end of October, how are the concerts going at home in Denmark during this period of health crisis? Do you have dates planned across Europe to defend your album?

Emil: “Concerts are almost back to normal - or have been for the last couple of months which has been refreshing. Our first post-lockdown show was our release party back in May and since then we have played 5 more. But it’s an ongoing development; right now, infection numbers are on the rise so we will see restrictions reimposed again soon. The same goes for other countries, so international travel is too risky at the moment. We have no dates planned outside of Denmark. We will play our last show for the time being this November with progressive melodeath outfit Mother of All (whose debut album released earlier this year features Steve DiGiorgio on bass) and Throwe, a blackened hardcore band from Copenhagen. Both are awesome, so check ‘em out!”

Finally, tell us about your future projects for Terminalist, where can we find you, how far you want to go with the band etc.


Emil: “Well, after we finish this year’s concert run, we’ll focus on the second album which is to be recorded sometime next year. Time will tell how far we will go. The sky is not the limit but we might be limited by a pandemic. In the meantime, you can find us on social media and all the streaming services you know already if you’re interested in keeping track with this dromological, hyperthrashing outfit.”

Bandcamp : https://terminalist.bandcamp.com/
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Le mexicain
21/11/2021