VOMI NOIR -Les myasmes de la déliquescence-


04 mai 2022

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Groupe : VOMI NOIR

Titre : Les myasmes de la deliquescence

Label : Terrible Mutilation Records

Année : 2020

Attention on ne se trompe pas, cet album est sorti en 2019 chez Bringer of gore records et réédité l’année d’après par Terrible Mutilation records.

Et on parle de cette dernière version.

Alors d’abord, souvenir, retour en arrière...2018, Toulouse, concert prix libre, dans la plus belle salle du monde avec un mix de boissons et des pizzas garnies (pour ceux qui « sachent »), et surtout Demilich, les finlandais de Demilich. Une salle immense, bien aérée, la clim…Bref, en fait les conditions étaient plus qu’old school, roots, primaires underground, mais Demilich, c’était la classe.

Avec eux , il y avait VOMI NOIR. Intense, compact et...noir, comme... du vomi noir. Quand on prononce le nom du groupe, on peut s’imaginer la qualité sonore de l’album et son contenu. Aucune place à l’imagination ni à la métaphore. Du VOMI NOIR, bien racé.

« Les myasmes de la déliquescence », c’est le premier album physique du trio toulousain. Un premier album digital en 2016, des démos, splits, ep, ensuite « Les myasmes... », puis des splits et démos.

Ambiance grind/deathgrind, de la fin des années 80’s.

Références personnelles sur le son des guitares pour replacer dans le contexte musical : Bolt Thrower « In battle there is no law- Defecation « Purity dilution » - Blood « Impulse to destroy », Pathologist « Putrefactive and cadaverous odes about necroticism », Dead Infection « Surgical disembowelment » et bien évidemment Carcass « Reek of putrefaction », scène anglaise, tchèque, polonaise et allemande de cette époque en plus violent, plus compact, plus sourd aussi et plus ténébreux.

Des vocaux qui dégueulent, une production avec un voile étouffé qui rend la mixture hyper malsaine, alors que pourtant c’est plutôt propre et distinct, effet pervers sans doute, mais efficace.

En tous les cas, on y est, dans ces années 88/89/90, où tout était possible, et que tout était permis dans la violence condensée gorifique la plus extrême.

Pour les quarantenaires, pas la peine de chercher à lire les vingt-trois titres à l’arrière du cd, ni le nom du label, ni sur le booklet, ni les paroles, c’est peine perdue. Et les lunettes progressives, n’y changeront rien.

Choix judicieux de couleurs et de taille de police pour provoquer déjà visuellement ces putains de miasmes de cette putain de déliquescence. Et pourtant les textes sont réellement d’une poésie baudelairienne façon chirurgien boucher.

Vingt-trois titres, vingt trois minutes, on est plus lent que Sore Throat, mais il y a quand même de l’idée.

Ça swing et ça zouk sévère, c’est ultra brutal, mais hyper carré. Aucun temps mort, du pilonnage, du début jusqu’ la fin, avec quelques lenteurs….ah non, pas du tout, aucune lenteur.

C’est tellement intense que ça en fait peur (ou presque), mais au final, les vingt-trois minutes de rouleau compresseur se laissent écouter, et la froideur de cet album inspire assez rapidement le respect, parce que c’est grind, c’est à peine gore, et ça fait plus que le boulot. Un album terriblement percutant, dans tous les sens du terme, mais après à ne pas écouter un lendemain de fête...

Arch Gros Barbare

04/05/2022