VOORHEES - Chapter III-


26 août 2022

VOORHEES COVER 2.jpg (483 KB)

Groupe : VOORHEES

Titre : Chapter III

Label : Cabale Prod

Année : 2022

Jouer du death metal est devenu aujourd’hui aussi facile que de mettre un selfie en faisant un signe de cornes de la main, histoire de dire qu’on est metalleux. Mais jouer du bon death metal, est une autre paire de manche. Ecrire de la bonne musique, n’est pas inné. Et parfois, cela ne s’acquiert que par la force du poignet, avec de l’huile de coude, de la volonté, de l’expérience, de l’âge parfois, et surtout un soupçon de talent. Pas de génie, car le génie est réservé à certains « influenceurs » qui s’éclairent au pouce sur les réseaux pratiquant l’onanisme virtuel , de plus tout le monde sait que le génie chie dans sa lampe.

Enfin bref. VOORHEES n’existe que depuis 2017, mais ses membres ont vu les débuts de X-Files, et depuis cinq ans le groupe n’a pas chômé. Deux Ep’s, et ce deuxième album sorti cette année , et à chaque étape une progression fulgurante, tant dans la puissance de l’écriture de leur death metal, que dans la production et la férocité des vocaux.

En effet , ce nouvel album est leur meilleure production à ce jour ; toujours masterisée par Dan Swanö, qui donne cette couleur old school extrêmement graisseuse, la saveur de la production est la hauteur de la qualité des chansons.
VOORHEES
sème la mort et l’horreur à la manière des slashers américains des 80’s sur neuf morceaux visqueux en presque quarante cinq minutes. On retrouve bien sûr en version suprême trois titres qui étaient sur le Ep précédent, avec pour surprendre les oreilles, la venue de Max Otero (Mercyless) sur « A tale from the dark side », celle de Adrie Kloosterwaard et Jason McIntyre (Voracious Scourge, Sinister) sur « I am the man who became god », et enfin celle d’un vétéran d’un autre monde David Martin (Asshole) pour « Z killer ».

Mais ne nous arrêtons pas là ,car ce sont bel et bien les gars de VOORHEES qui ont fait de cet album, un album indispensable et incontournable. Au delà de la production, les titres de VOORHEES ont pris une profondeur morbide ultime et percutante, le death metal des croqueurs de pains au chocolat a pris tout ce qu’il y avait de meilleur dans la scène historique, de Obituary à Death jusqu’à Bolt Thrower, les riffs sont maléfiques, les rythmiques sont diaboliques et puisque le groupe a su améliorer ses passages plus mélodiques et ses solos de psychopathes, on arrive aujourd’hui à quelque chose d’horrifique qui prend aux tripes du début jusqu’à la fin. La thématique du tueur de Crystal Lake prend toute sa dimension sur ce troisième chapitre. VOORHEES maîtrise ses intros, ses solos et ses leads où la guitare hennit jusqu’à rendre l’âme , en construisant des harmonies sur « Here comes the bride » qui rendent ce morceau encore meilleur.

Chaque minute est une tuerie sans nom, VOORHEES dirige une espèce de boutique des horreurs, un théâtre de la mort sur ce nouvel album, rien n’est trop long, rien n’est trop court, la batterie résonne constamment comme le glas qui mène au trépas, et la voix de Chris vomit toute sa magnificence, plus acide que jamais.

Comment ne pas succomber aux guitares de « I am the man who became god » ?

Comment ne pas se soumettre à l’introduction de « Freshly deceased » qui lève la hache de guerre au plus haut pour que viennent s’écraser les fronts sur ce mur de rythmiques pilonnées ?

Jamais VOORHEES n’avait écrit des leads aussi puissants.

Non seulement le old school est à l’honneur, mais on serait presque à mettre les boots à coque dure pour rejoindre l’armée des morts qui se lève à chaque titre de cet album où la musique de VOORHEES s’érige en diktat.

« A tale from the dark side » est si noire et épaisse , qu’en l’écoutant, même un aveugle aurait beau brailler, il n’y retrouverait pas sa baguette dans le trou du cul de son chien. Tandis que le groove de « They move. They breathe. The suck » amène les hordes de zombies à danser le zouk killer.

En fait cet album donne à VOORHEES son entrée au Pantheon du death metal français sans nul doute, et pour s’apercevoir que cet album est terrible, il faut l’écouter.

Arch Gros Barbare

26/08/2022